MGŠA (+ Revenge + Doombringer) à  Petit Bain (15.05.2019)


En ce 15 mai 2019, une foule remplie de haine et prête à en découdre s’approche des quais de Seine. En effet, Revenge et MGŠA, accompagnés de Doombringer viennent écraser d’un pas lourd et noir les planches du Petit Bain. La salle affiche complet, le temps est au beau fixe, la soirée s’annonce donc sous les meilleurs auspices.

 

Doombringer


Doombringer est le premier groupe à monter sur scène. Les Polonais vont mettre en avant leur dernier album, Walpurgis Fire, sorti en février 2019. Leur musique est un mélange de black et de death. Si on doit vous donner envie d’écouter le groupe, ce mélange de black et de death metal, avec des passages très lourds et ambiants pourrait se rapprocher tant de Rotting Christ que de Morbid Angel. Et même si, sur CD, la musique du groupe est riche, sur scène c’est un brin plus compliqué.

Malgré le charisme de son chanteur Old Coffin Spirit, dans sa chemise blanche surplombée de ceinture et de chapelet d’os, qui se donne entier à la musique, agrippant furieusement son pied de micro, la musique divise la fosse. Est-ce dû au son, bien trop propre ? A un jeu de scène très statique ? Aucune idée, mais beaucoup de spectateurs paraissent de marbre, au mépris d’une qualité de composition plus qu’intéressante.

Et c’est dommage, tant le côté mystique et l’atmosphère qui se dessinent sur CD ne se révèlent pas ce soir sur scène. On espère simplement revoir le groupe dans de meilleures dispositions dans les mois à venir. En attendant, on ne peut que vous recommander d’écouter leurs deux excellents albums.
 

Revenge
 

Place maintenant à la violence pure, à ce nihilisme qui vous marque profondément au premier riff entendu. Le public ne s’y trompe pas. Revenge arrive et les spectateurs deviennent acteurs. Dès les premières notes, l’avant du pit prend feu et ne fait plus qu’un avec la musique. Et être en osmose avec Revenge, ne se fait pas dans le calme. La furie de ce black metal crust se transmet à tous les gens présents, dans un déluge de violence. Le son est parfait, avec un grain lourd et sale, mais où tous les instruments s’entendent distinctement.

Les morceaux s’enchaînent sans aucun répit, portés par un duo Vermin et Haasiophis tout en regard révulsé et hurlements cadavériques vers la foule. Tant et si bien qu’un Jean-Michel Octogone, visiblement dans un état second, confondra pit et ring de MMA, mais se fera sortir par une sécurité bien vigilante.

Rarement une musique aura été aussi martiale, aussi négative. Revenge sent le souffre, le sang, la sueur et la brutalité, et on en redemande. « Traitor Crucifixion », « Mass Death Mass », « Oath Violator », les noms des chansons ne sont pourtant rien par rapport à la violence qu’ils transportent. Le concert finit dans un état second, les Canadiens nous ayant encore une fois foutu un lourd uppercut de fureur destructrice comme peu de groupes savent le faire aujourd’hui.

 

MGŠA

Une petite bière pour se détendre d’un tel déluge, et on est reparti dans d’autres cimes avec MGŠA. Si ce nom ne vous dit rien, c’est que décidément, vous êtes passés à côté de la scène black metal ces cinq dernières années. Et ce n’est pas pour rien que le groupe est attendu de pied ferme, tant les prestations scéniques des Polonais sont toujours impressionnantes.

Le son est pour le coup véritablement parfait. Les instruments sont parfaitement équilibrés, avec des guitares bien tranchantes et une basse qui se fait entendre, amplifiant avec la batterie la beauté des riffs. L’interprétation est sans faille, le groupe connaît son set depuis longtemps maintenant et aucune surprise de setlist ne sera présente ce soir. La quasi-intégralité d’Exercises in Futility est jouée, un peu de With Hearts Towards None avec « Groza III » et « MdŠ‚oŠ›ci II » pour compléter le set.

Peu de surprise donc, voire même aucune en fait, mais quelle puissance. Malgré les masques et les capuches, le groupe jouit d’une prestance impressionnante sur scène. Et ces parties de guitares aux ambiances froides, alliées à la lumière bleue et au confinement de la salle de Petit Bain rendent la prestation belle. Froide, lugubre, macabre certes, mais belle et délicieuse tout de même.

Le seul défaut à ce concert est donc véritablement que les Polonais n’ont rien sorti récemment et que la multiplication des shows de MGŠA ne procure plus autant de plaisir qu’avant. La setlist n’évoluant que trop peu d’un live à l’autre. Mais la musique du quatuor fait toujours son effet et le groupe est toujours aussi plaisant – et c’est un euphémisme – à voir sur scène.

C’est donc avec un joli mal de tête que nous sortons de ce concert. Les oreilles qui bourdonnent, les riffs et la fureur qui résonnent encore, plusieurs heures après le live. La satisfaction procurée par ce concert à Petit Bain est énorme et les superlatifs manquent pour cette date qui est encore une fois un grand moment organisé par Garmonbozia.

Crédit Photos : Elie Lahoud-Pinot : https://www.facebook.com/elpphoto/. Toute reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur (un grand merci encore)



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