Festival Metal Culture(s) à  Guéret- Jour 1 (9.5.2019)

 

Bienvenue à Guéret dans la Creuse, pour fêter les cultures Metal !

Le concept et l’affiche du Metal Culture(s) nous ont attiré dans les profondeurs de la Creuse, à Guéret. Ce micro-festival, comme le qualifient eux-mêmes les organisateurs, a pour vocation de mélanger tous les styles de metal et de s’intéresser de près aux autres aspects culturels de ce mouvement : cinéma, livres et bandes dessinées, arts graphiques, contes, sociologie…

Cette (déjà) neuvième édition montre bien l’implantation dans la communauté locale de cet événement. Se déroulant pour la première fois dans l’espace André Lejeune, une très belle salle de concert d’ailleurs, on sent clairement que l’ambiance va être conviviale ! Et ceux qui n'apprécie pas la foule des "gros fests" ne peuvent que se régaler ici !
D’ailleurs, certains ont déjà commencé la veille qui avait l’avantage d’être un mercredi 8 mai, donc férié, avec entre autres Bukowski.
Pour ce jeudi en tout cas, il n’était malheureusement peu évident en sortant du travail avec un peu de route en prime, d'arriver au ciné-concert d’Hypno5e à l’espace Fayolle dans les temps. Le show commençait assez tôt, vers 18h. Mais d'après un agent infiltré, il semblerait que le concert demandait une ambiance sombre et que le terme happening/projection/expérience conviendrait bien...
 

(Merci à Fef de Metalmaniacs pour les clichés)
 

Comme il aurait dommage de ne pas parler de cet excellent groupe français, qui plus est pour un concert sortant de l'ordinaire, remercions chaleureusement Fef pour ces clichés... Qui en passant faisait également parti des auteurs de bande dessinée, avec Will Argunas et ses Gods of Metal, présents sur le festival avec un "S" bien placé à Culture !

Nous finissons donc nous aussi par arriver ce jeudi en début de soirée, à Guéret dans la Creuse, où le soleil n'est pas au rendez-vous. Cela ne gâche en rien la bonne humeur des festivaliers qui sont déjà devant la scène extérieure, au bar ou au merch du festival.
 

Un bar sympa qui sert (entre autre) des bières bretonnes avec des licornes, c'est aussi ça la pluralité culturelle !
 

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Witchfinder


L’ambiance est bon enfant. Les festivaliers arrivent rapidement devant la petite scène en extérieur malgré la pluie fine et la fraîcheur ambiante. Il y a des habitués du Fest, toutes générations confondues.


C’est un groupe originaire de Clermont Ferrand, Witchfinder, qui ouvre les hostilités. Les musiciens enchaînent des morceaux de leur second album sous une pluie battante, ce qui ne refroidi pas la vingtaine de personne déjà amassés au premier rang, pendant que d’autres arrivent petit à petit en se réfugiant à l’entrée de la salle, devant le bar. Le stoner/doom bien sludge trouve facilement ses adeptes. La lourdeur du style s’abat comme une massue.

 


Pénitence onirique


Un des rares groupes de black metal à l’affiche, nous voilà devant Pénitence Onirique. Habillés et capuchonnés de noir avec de magnifiques masques dorés à 6 cornes chacun, ils jouent les morceaux de leur album V.I.T.R.I.O.L sorti en 2016 chez LADLO. Des riffs puissants qui poussent le public dans une ambiance laissant une part belle au mysticisme, à l'ésotérisme et à la mort.


Les violents contre-jour, l’éclairage et la musique collent à merveille avec l’ambiance onirique. Lovecraft ne renierait pas cette sombre vision du monde des rêves… Le show est parfaitement exécuté, ce qui prouve encore une fois de plus que la scène française regorge de pépites...
 


Entre les deux scènes, il y a de quoi se restaurer, de très bons burgers et des bières de qualité tout près du merchandising. On trouve dans la salle de concert intérieure, trois beaux stands de bijoux, des tee shirts officiels des groupes et autres accessoires pour les fans.
 

Zatokrev

Le groupe Suisse au nom tchèque Zatokrev monte sur la scène extérieure à la nuit tombée. Toujours sous la pluie, ils jouent leur album Bigod. Pendant que certains sont partis se restaurer, ils mélangent riffs planants et lourds. Le public est hypnotisé et contemple cette transe musicale.


On reconnait aussi des morceaux plus énergiques de l'album The Bat, The Wheel and a Long Road to Nowhere. Les membres du groupe s'éclatent ! Le chanteur Frederik Rotter, descend de scène avec sa guitare, pour le plaisir du public. Les musiciens passent beaucoup de temps à régler leurs instruments, pour tout casser ensuite, dans un excès de rage. Il faut dire que l’humidité de l’air ne doit pas aider à la précision et la constance des réglages… Le succès auprès du public du morceau "Goddamn lights" prouve, s’il le fallait, le niveau du groupe…

 

Skåld

Dans un décor parfait telle une comédie musicale, qui aurait un excellent conseiller technique en ce qui concerne l’authenticité historique des tenues, le groupe de néofolk viking français débute son set. Le public se fait très vite emporter par l'ambiance scandinave avec le morceau "Ò Valhalla". La jolie chanteuse Justine portant une belle robe longue Bordeau, les deux chanteurs Mattjö et Pierrick de chaque côté, un harpiste, une vielle, un joueur de tambour, un percussionniste et le tour est joué ! Le public participe activement et applaudi de bon cœur. Les morceaux se succèdent, une ambiance chaleureuse, qui contraste un peu avec les groupes précédents, sur le titre "Fenrir", des danses dans les premiers rangs... A ne pas en douter, le jeune groupe Skåld connait déjà son affaire.


Une reprise de Bjork semble s’imposer comme un must en concert, à savoir le très beau joga. Un des chanteur, Pierrick, évoque "le viking le plus connu" Ragnar Lodbrok. L’ambiance est bien là dans la salle, avec le côté hypnotisant des chants norrois. Le public demande le traditionnel rappel. Ils répondent présent avec un chant a capella de toute beauté.


Skåld faisait parti des groupes que nous attendions particulièrement. Certes, nous ne sommes pas au niveau d’un Wardruna ou même d’un Heilung, mais la VF a certainement du potentiel. Le choix sera difficile à l’avenir, pour trouver un juste milieu entre le côté world music qui transparait et qui peut déplaire aux puristes, et le son des ancêtres.


On apprécie la voix claire parfaite de l’ex-Phazm (death metal), Pierrick, en plus de son habilité à la vielle. D’ailleurs, il faut reconnaître que le niveau technique global montre une certaine maîtrise, que le made in France a parfois du bon !
Une mention spéciale pour le cogneur berserker qui a passé le plus clair du concert à frapper sur deux tambours accrochés l’un en face de l’autre, contribuant au côté rustique du decorum.
Le chant des vikings s’achève, ce qui laissera la place à un DJ sous la pluie, ou plus souvent à une bonne bière, pendant que la tête d’affiche s’installe, dans un tout autre style.
 

Immolation

Le groupe de death metal new Yorkais est très attendu, on en parlait entre les concerts, jusqu'aux toilettes. Le public est à nouveau clairsemé mais bien concentré sur la prestation de qualité et comme toujours très carré de ces bêtes de scène ! Ils sont contents d'être là et cela fait plaisir de voir des « vieux groupes » de musique somme toute extrême d’être toujours dans cet état d’esprit et dans la brutalité efficace !


La chevelure immense et le charisme toujours efficace du chanteur Ross Dolan, associés aux riffs rapides et aux mouvement saccadés du guitariste Robert Vigna sont une combinaison diabolique. Le succès est à son comble avec le magnifique titre "Lower".


Les frontmen descendent de la scène à la fin du concert pour serrer les mains, avec de grands sourires. A ne pas en douter, Immolation est décidément  un des très grands noms du death metal, qu’il ne fallait surtout pas rater ce soir !
 


 

Ce jeudi s'achève donc sur une excellente impression et la pluralité de la programmation ne pouvait qu'offrir satisfaction à tout le monde, le tout dans une ambiance sympa et détendue...
Il y avait même une navette gratuite pour rejoindre le camping (avec douches chaudes s'il vous plait!) qui n'était qu'à 3 km de site principal... 
 

Textes: Julie T et Thomas Orlanth
Photos: (c) Thomas Orlanth. Reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
Toutes les galeries complètes : www.thomasorlanth.com / Facebook / Instagram 
(et Fef !)



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