Entretien avec From Dusk To Dawn à  La Voûte (Bordeaux)

Nous sommes installés au cœur de la brasserie des Halles, qui cache dans ses sous-sols La Voûte, cave concert accueillant des groupes de tous horizons musicaux. Deuxième étape de sa mini-tournée avec Solitaris, c'est dans la bonne humeur que le quintette toulousain nous a accueilli pour parler de son projet.

 


Laura si : Qu'est-ce qui a motivé la formation de votre groupe ?

Axel : Bonne question... Tous les trois on est amis depuis le collège, J.B, Loïc et moi, on a découvert la musique ensemble, on a fait de la musique ensemble aussi. On a dû se séparer pour mes études mais quand je suis revenu on a décidé de reprendre ça.

Loïc : Entre temps on a rencontré Julien qui est arrivé pour la basse. Et il nous manquait le leader du groupe.

Florian : "Le leader" (rires)

Loïc : Donc Flo, que l'on a trouvé.

Laurasi : Et quand avez-vous finalisé ce line-up ?

Julien : Fin 2016, début 2017.

Axel : On avait vraiment repris le groupe en 2016 et Flo est arrivé début 2017.

Laurasi : Concernant votre nom, From Dusk To Dawn, la traduction est très belle mais qu'est-ce que cela signifie pour vous ?

Julien : Alors, littéralement en français ça veut dire du crépuscule à l'aube. Ce qui est intéressant dans notre musique, c'est qu'on puise nos bases dans le metalcore bien sûr mais on y ajoute tous nos influences musicales. Notre musique va passer de riffs très agressifs et très brutaux, à des passages très ambiants, très atmosphériques. Le côté "de l'aube au crépuscule" c'est vraiment le jour et la nuit. Nous changeons vraiment du tout au tout en permanence.

Laurasi : C'est vrai que lorsqu'on vous écoute on entend pas forcément du metalcore comme il en passe beaucoup, il y a des teintes death mélo, hardcore, parfois même black au niveau de la voix. Pourquoi avoir fait le choix de vous étiqueter ainsi ?

Loïc : Comme le disait Julien on vient tous d'univers totalement différents. On a une base plutôt metalcore dans nos riffs et dans nos compositions. Après chacun pose ses influences, par exemple niveau voix Flo va être plus deathcore, tout ce qui est death ça va être plus Julien.

Axel : On va dire qu'on s'inspire plus du metalcore oldschool. Celui sur lequel on a commencé à faire des riffs de guitare et qui nous a motivé dès le départ. Derrière, chacun dévie aussi vers ce qui le motive dans les compositions. 

Laurasi : Metalcore oldschool ? C'est-à-dire ?

Julien : En groupe de référence, c'est vrai qu'on a du mal à en donner mais je pense qu'on pourrait par exemple citer les premiers In Flames. Je me rappelle qu'avant que Flo arrive on faisait des reprises pour se caler ensemble musicalement et on avait repris du In Flames, Lamb Of God et du Catatonia. Catatonia c'est plus le côté ambiant, Lamb Of God le gros riff tranchant très groovy, In Flames metalcore plutôt mélodique.

Loïc : On s'est donné l'étiquette metalcore mélodique parce qu'on a cette base là. Mais t'es pas la première à nous le dire, chacun a son interprétation de ce qu'on fait...

Axel : Et le metalcore ça change tous les cinq ans en même temps. (rires)

Julien : Le metalcore ça se modifie en fonction des techniques et de l'électronique et ça évolue énormément. Nous on est pas dans le metalcore moderne, nous on joue à l'ancienne. Mais après c'est qui est  bien c'est que même si on est pas tous fan de metalcore et encore moins de metalcore moderne, on arrive tous à tirer notre épingle et à prendre du plaisir dans ce qu'on fait.

Loïc : On arrive à se caler avec un peu tous les styles de groupe, par exemple on a fait nos premiers plateaux avec Pray Manticore ou Tempt fate, maintenant on peut aller vers du public hardcore, death. On arrive à chaque fois à capter un public un peu large.

Julien : C'est intéressant que tu nous parles aussi du black metal parce que ça revient très peu mais dans certaines de nos compositions comme par exemple "Icarus" nous avons des riffs de guitare très rapides et y'a aussi la voix très aigue, criarde voir dépressive de Florian sur ce titre qui donne des touches black.

Laurasi : Un peu comme dans "Dead Sun" aussi, où la voix est plus criarde et aigue. C'est ce titre là qui a fait écho au côté black, pour moi.

Julien : Oui, ça dépend de l'oreille de chacun mais "Dead Sun" a aussi son côté black.

Laurasi : Et si vous deviez du coup citer, le groupe qui vous inspire pour chacun de vos instruments. Ce serait quoi?

Florian : Un groupe que j'écoute tout le temps ce serait Architects.

Axel : Moi ce serait plus While she sleeps.

JB : While she sleeps

Loïc : Ouais, moi aussi, While she sleeps.

Julien : Je dirais que c'est aussi Architects qui m'a fait aimer le style metalcore,  je pourrais aussi citer As I Lay Dying.

Laurasi : Ok, maintenant on va parler de l'EP, vous le décrivez comme un opus qui parle de vos expériences de vie, de vos réflexions sur le monde et  de la société. Est-ce qu'on peut en savoir un peu plus ?

Florian : Au niveau de l'EP, il y a "Dead Sun" qui a été écrite par Axel, c'est lui qui sera plus à même d'en parler. "Icarus" c'est un titre qui parle d'un monde où il y a les puissants et les plus faibles et à un moment, comme pour Icare qui est mort en volant trop près du soleil, les plus puissants finissent par chuter. Il y a une chanson qui parle de mes expériences personnelles, ça va être le côté très mélancolique par rapport à ma vie en ce moment, "Silence" qui est aussi très personnelle. je m'inspire de tout, des choses qui m'arrivent, des choses que je vois, qui me font écho. Si à un moment donné j'ai envie d'écrire quelque chose, que j'ai une phrase qui me vient en tête je l'écris et je vois ce que j'en fais.

Axel : "Dead Sun" c'est ma vision de la religion dans la société et dans le monde. C'est l'histoire de peuples qui s'affrontent au cours de guerres religieuses pour défendre leurs croyances et leurs dieux. Sauf que les dieux de chacun existent réellement et sont désolés de voir où leur existence mène l'humanité. Ils décident d'en finir avec les humains et de les punir en tuant le soleil ce qui les conduira à leur perte. Les humains dans un dernier élan s'unissent et chevauchent la Lune pour aller affronter les dieux. Les dieux impressionnés par cet élan d'unité décident de rendre le Soleil à la Terre et s'en vont. Nous avons un animé qui retrace l'histoire.
 


Laurasi : Les autres membres, vous n'écrivez rien ?

Julien : Nous on n'écri rien, on ne li même pas les textes. (rires) Moi quand je chante je le fais vraiment phonétiquement.

Laurasi : Votre premier clip vidéo est sorti en mars dernier sur Youtube, vous avez choisi le titre "Silence", pourquoi avoir mis en avant celui-ci et pas un autre ?

Florian : Sur l'EP c'est le titre qui nous réunis tous, où il y a toutes les influences dont on t'a parlé.

Loïc : Il y a pas mal de variations, entre des passages mélodiques et agressifs, un moment clean, puis un retour à quelque chose de plus intense.

JB : C'est la chanson qu'on a composée le plus ensemble, qui fait l'unanimité. Elle nous correspond à tous.

Laurasi : Et quel est le lien entre le clip et les paroles de la chanson, s'il y en a un ?

Loïc : L'objectif était plus de pouvoir mettre une image sur nous et sur ce que l'on fait. Illustrer aussi les variations dans le jeu, quand on est sur le pont on est à fond et l'autre plan où on est aux Halles de la Cartoucherie c'est vraiment plus posé et c'est centré sur le chanteur avec le moment clean. On a fait avec les moyens qu'on avait, c'était les deux styles d'ambiance qu'on voulait mettre en avant.
 

Laurasi : Toulouse est un des gros berceaux de la scène émergente metal avec pas mal de formations qui se lancent dans le death, metalcore, metal moderne ou encore le hardcore et j'en passe. Qu'est-ce que vous mettez en place pour sortir de la masse ?

Loïc : Nous ce qu'on essaye de mettre en place c'est d'organiser des plateaux à Toulouse avec des groupes locaux comme extérieurs, par exemple Exodust, Solitaris avec qui nous jouons ce soir. Nous essayons de nous ouvrir pour pas rester enfermés qu'avec des groupes 100% toulousains, se mettre en première partie pour promouvoir aussi d'autres groupes et avoir d'autres opportunités. Et c'est ce qui nous mène à jouer avec Solitaris sur ces trois dates ou encore à aller jouer sur le Metal on the beach en septembre entre autre. Toulouse peut parfois être un milieu fermé et nous avons envie de rester ouvert à tous.

Julien : C'est surtout qu'il y a énormément de gros plateaux qui se mettent en place mais pour la petite scène, la scène émergente comme tu dis, ça peut être plus compliqué. De ce fait on se rend acteur pour palier ce problème et arriver à apporter de la fraîcheur, des groupes inconnus et souvent surprenant. Et bien sûr se promouvoir aussi au travers de tout ça !

Axel : C'est une chance d'avoir tous ces gros concerts mais c'est aussi important de connaître sa scène locale et de lui permettre de se promouvoir. Il y a des dates misent en place pour les groupes émergents mais souvent c'est noyé entre plusieurs grosses dates et ça se perd... Enfin, nous ce que l'on souhaite c'est amener de la nouveauté mais aussi sortir de Toulouse en rencontrant d'autres formations comme disait Loïc. Le plus chaud c'est toujours sortir de sa zone.

Laurasi : Un petit mot pour la fin ?

Loïc : On tenait à remercier dans cette interview Pilou de Tempt Fate qui nous a bien soutenu, permis de jouer sur des plateaux et qui a cru en nous dès le départ Je place ça là mais c'est important qu'on le fasse. Il nous soutient depuis le début et il nous permet de jouer, notamment au Metal on the beach et c'est une très belle occasion.

Julien : Aussi, on oublie pas de remercier Kiko de l'association Distorsion et l'asso Distorsion en général, qui sont dans le Gers.

 

Track-list :

1. Ashes
2. Hate breaker
3. Icarus
4. Silence
5. Dead Sun
 

Photo de groupe : Mr.Stoub Photographie ©

 



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