Xtreme Fest 2019 – Jour 3

Enfin ! Ça faisait un petit moment qu’on l’attendait cette septième édition de l’Xtreme Fest et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on n’a (toujours) pas été déçu ! Faisant suite à sa décision payante de l’année dernière de changer son fusil d’épaule et d’opter pour une programmation sous l’égide du punk rock / hardcore au détriment du metal, Pollux Asso a mis les petits plats dans les grands pour nous offrir une affiche de qualité avec pêle-mêle Madball, Sick Of It All, The Toy Dolls, Propagandhi, Ignite, Ludwig von 1988, Guerilla Poubelle et bien d’autres ! Résultat : cette nouvelle édition de l’Xtreme Fest a remporté un vif succès et s’est même avérée sold-out pendant tout le festival. Chapeau…

Dimanche 4 août. Le réveil est dur et la nuit a été courte. Les journées de vendredi et samedi ont été plutôt longues avec de nombreux concerts et une température caniculaire. On a eu beau s’être bien hydratés avec de la bière, il n’en reste pas moins que ce dimanche on est torchon-chiffon-carpette, comme dirait l’autre. En plus, la journée d’aujourd’hui s’annonce forte en émotion puisqu’on aura droit à de nombreux concerts et que c’est ce soir que doit se clore cette septième édition de l’Xtreme Fest. On a comme un petit pincement au cœur…

Mais pour l’heure, il faut se diriger vers le camping du festival vers la X-Cage qui doit accueillir les Lillois de Jodie Faster et les Toulousains de Krav Boca !

 

DIMANCHE 4 AOÛT 2019

JODIE FASTER – 11h30 / 12h15 (X-Cage)


Après avoir joué dans la fournaise de la Zguen Stage, la veille voilà que les gars de Jodie Faster se retrouvent aujourd’hui enfermés dans l’arène de la X-Cage… sous un soleil de plomb ! Autant dire qu’ils vont se souvenir longtemps de leur passage dans le sud ! Pour l’occasion, les musiciens ont eu la bonne idée de mettre des serviettes sous leurs casquettes avant d’attaquer leur set tambours battants.

En effet, tout comme hier, les Lillois vont partir d’entrée de jeu sur des tempi ultra rapides et rameuter en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire le public du camping qui commence d’ores et déjà à en découdre devant et sur la cage. Il faut dire que Jodie Faster à la niaque en ce bon  dimanche et que ça va défourailler sévère (« Troubled Justice », « I Like Rain », « Blame Yourself », …). Ça s’agite pas mal autour (et dans) de la cage malgré la chaleur ! Ah que la journée commence bien…

Jodie Faster Xtreme Fest 2019

Tout comme pour son set de la veille, Jodie Faster ne va pas baisser de régime une minute et enchaîner ses brûlots hardcore speedé à vitesse grand V toujours avec cette alternance de chant bien pensée. De son côté, le hurleur en chef Mika (qu’on retrouve aussi derrière le micro de Fake Off) délivre un chant puissant et ra(va)geur qui prend tout son sens dans l’intimité de cette X-Cage au plus près du public (« Bad Mood And Black Coffee », « Punk Police »). Ah oui, la journée commence vraiment très bien !

50 Seconds Of Disgust
Fist Up ! Heart With Fingers !
Troubled Justice
Red Bricks, Grey Sky
Ghost Town
Trapped
I Like Rain
Where Are The Girls
Push The Button
Blame Yourself
Don’t Take It Bad
Grab & Go
Bad Mood And Black Coffee
Pressure
20 Seconds For Charles
40 Seconds Of Social Justice
Punk Police
Living The Dream
666 Songs On The Tape

 

KRAV BOCA – 12h45 / 13h30 (X-Cage)


Annoncé sur l’affiche pour un seul concert dans la X-Cage en ce dimanche, on ne savait pas trop quoi attendre de Krav Boca, groupe Toulousain inconnu au bataillon de la plupart des festivaliers. Dès son arrivée dans l’arène brûlante et rouillée de la cage, le groupe intrigue avec ses deux chanteurs masqués, ses gilets fluorescents et son backdrop « Colomiers terre d’accueil »… Vlaaaaan ! Dès le premier morceau « Sanatorium », Krav Boca met tout le monde d’accord avec sa musique punk aux accents hip-hop ultra bien ficelée.

Petit à petit, l’ambiance dans la X-Cage commence à monter en pression si bien que c’est la guerre tout autour de la cage : les spectateurs escaladent le grillage, bondissent sur les structures et grimpent  tout en haut des structures pour slammer ! Il n’en fallait pas moins pour qu’un performer de Krav Boca peinturluré en noir rentre dans l’arène pour jouer avec du feu pendant que le groupe joue à fond (« Pyromanis », « Ketamine »). L’instant devient véritablement magique car les deux chanteurs escaladent eux-mêmes la cage pour allumer des fumigènes ! Quelle claque visuelle et auditive, mes aïeux…

Krav Boca 2019

Avec sa musique mélangeant allègrement le punk, le hip-hop et le rock protéiforme auréolé d’une ambiance de lutte Grecque (si, si !), Krav Boca s’avère très intéressant dans sa démarche artistique DIY et dans son discours revendicatif et contestataire (« Canette » ou « Chourave » issus du dernier album en date Marée Noire). Voilà, un groupe à suivre de près !

Au final, Krav Boca va se payer le luxe de détruite la X-Cage (au sens propre comme au figuré) sur un « Salut À Toi » intense au possible. Quelle belle découverte ! Krav Boca aura marqué tous les esprits des spectateurs présents et nous aura gratifié de l’un des meilleurs concerts de cette septième édition de l’Xtreme Fest ! Aux dernières nouvelles, le groupe assurera la première partie de Walls Of Jericho à Toulouse dans le courant du mois d’août. Autant dire que cette soirée sera im-man-qua-ble !

Sanatorium
Pyromanis
Ketamine
Erevos
Chourave
Camtar
Canette
Salut À Toi

 

LOST LOVE – 16h30 / 17h15 (Zguen Stage)


Crée à Montreal en 2013, les p’tits gars Lost Love creusent leur sillon depuis quelques temps en France suite à la sortie de Comfortable Scars en 2016 puis de Good Luck Rassco en 2018 disponibles chez Guerilla Asso. Actuellement en tournée Européenne en première partie de Guerilla Poubelle, l’occasion de poser ses amplis à l’Xtreme Fest était donc une occasion idéale pour Lost Love de se présenter au public. Qui plus, le groupe est accompagné aujourd’hui de Till de GxP à la gratte et au chant, ce qui permet d’entrée de jeu d’attirer un public de curieux.

C’est donc à 16h30 que Lost Love lance les hostilités devant une audience encore maigre à cause de la chaleur (une bonne partie des festivalier a préféré rester à la plage pour se rafraîchir) et distille un punk rock aux accents pop et mélodiques plutôt sympathique, même s’il est clair que les Québécois ne remporteront pas la palme de l’originalité. Ceci étant, l’ensemble s’avère plutôt accrocheur et les mélodies bien senties au travers de morceaux assez simples dans leur construction mais ô combien efficaces à l’image d’un « Clay Turris » qui passe super bien. On sent qu’il y a des influences bien digérées à la Weezer dans les titres de Lost Love et à y regarder de plus près, force est de constater que les mélodies des titres rentrent bien dans le cervelet (« Are You Still Alive, You Dumb Phoque ? « ). 

Malgré toute la bonne volonté du groupe, le set des Quebéquois aura du mal à décoller à cause d’un public trop fatigué (trop timide ?) et malheureusement peu nombreux. C’est bien dommage car Lost Love a été pour nous une très belle découverte. Espérons qu’on puisse (re)voir ces p’tits gars-là d’ici peu dans un autre contexte que celui de l’ouverture d’un grand festival…

Lost Love

Eddy Bulls
Are You Still Alive, You Dumb Phoque
Gospel Tabernacle
Need More Empathy
Sheriff Of St-Sandwich
Glenn Spaghetti Legs
Ontarien Demandé
Clay Turris
Turisto Cracko
John Wayne Gretzky
Take Care, Get Better, See You Never

 

PEARS – 17h15 / 18h (Family Stage)


Lors de son dernier passage à l’Xtreme Fest en 2017, les Américains de Pears avaient fait sensation avec leur punk rock survitaminé, mais surtout via le charisme de son chanteur Zach Quinn qui avait subjugué le public. En effet, l’homme avait fait montre d’une remarquable prestation habitée à la manière d’un Iggy Pop de la grande époque tout en restant mutique et dos au public entre les morceaux. Or, dès son entrée en scène sur la Family Stage, c’est un Zach tout sourire qui se présente à nous avant d’envoyer la sauce… C’est le jour et la nuit !

Comme on pouvait s’y attendre, le chanteur est en grande forme et va sortir le grand jeu au fil d’une prestation de haute volée. Ainsi, au-delà de son chant hurlé parfaitement maîtrisé, le bougre va se rouler sur le sol, sauter partout et aller souvent dans le public. Quelle énergie ! Mais à l’inverse de 2017, le Zach Quinn d’aujourd’hui communiquera beaucoup avec l’audience entre les compositions avec beaucoup d’humour et de second degré avec ses compères Brian Pretus (guitare) et Eric Goodyear (basse). Voilà, une facette sympathique du chanteur qu’on ne connaissait pas et qui rend le bonhomme encore plus intéressant.

Pears

Tout comme il y deux ans, Pears va envoyer du bois  et délivrer un punk rock nerveux, porté notamment par un jeu de batterie hallucinant de la part de Jarret Nathan. On sent que les Américains maîtrisent parfaitement leur sujet et que malgré le côté destroy de son leader, la machine est sacrément bien huilée et tourne à plein régime. Petite cerise sur le cake, on aura droit à un tout nouveau morceau délicatement intitulé « The Real Sisters In Christ » très bien accueilli par le public. Il faut dire que l’ami Zach n’a pas son pareil pour se mettre les spectateurs dans sa poche !

Ainsi, après quelques minutes, on le retrouvera au milieu du pit avec les festivaliers pour chanter avec eux et haranguer l’audience. Quelle showman ! Bien entendu, le concert de Pears fait mouche et le public se presse en masse sur le devant de la scène pour en découdre avec le groupe. Mais à ce petit jeu-là, c’est Quinn qui est le plus fort ! L’homme va s’avérer intenable sur les planches et mettre le public à genoux et en transe devant sa prestation hors-norme… Ouch !

 

THE DOPAMINES – 18h / 18h45 (Zguen Stage)


Lorsque The Dopamines monte sur scène, le public encore peu nombreux commencent vite à se rassembler sur le devant des barrière pour faire connaissance avec ce groupe encore trop peu connu dans l’hexagone, malgré un joli petit succès aux États-Unis suite à la sortie de son album Tales Of Interest en 2017 et de sacrées tournées en compagnie notamment des costauds de Off With Their Heads. Alors même qu’on s’attendait à une entrée fracassante de la part de ces joyeux drilles, il n’en sera rien. En effet, dès son arrivée sur les planches de la Zguen Stage, Jon Lewis le gratteux de The Dopamines dira quelques mots sur les deux immondes tueries de masse qui viennent d’endeuiller les États-Unis quelques jours auparavant. Difficile à partir de là, d’embrayer sur un punk rock mélodique teinté de pop dans la joie et la bonne humeur !

De ce fait, il faudra quelques minutes à The Dopamines et au public pour se (re)mettre dans le bain et rentrer totalement dans ce concert au travers de morceaux accrocheurs et mélodiques relativement courts. Tout comme Lost Love précédemment, les Américains distillent une musique plutôt bien pensée mais qui ne surprendra pas l’auditoire par son originalité malgré des chœurs qui donnent envie d’hurler avec les copains.

Bref, après avoir été piétiné par le rouleau compresseur Pears quelques minutes plus tôt, il faut bien avouer que The Dopamines se situe bien un cran en dessous. Et puis il fait soif…

The Dopamines

 

BIRDS IN ROW – 18h45 / 19h30 (Family Stage)


La dernière fois que les p’tits gars de Birds In Row étaient passés par la case Xtreme Fest c’était en 2015 et le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe avait fait un concert intense et remarqué qui avait partagé le public de par sa musique singulière et introspective. Mais il semble que de l’eau a coulé sous les ponts depuis quatre ans puisqu’il y a énormément de monde devant la Family Stage pour accueillir Birds In Row. Les instruments sont très près du public et les guirlandes de lumières qui entourent la batterie et les amplis apportent déjà une ambiance intimiste, alors même que les musiciens ne sont pas arrivés sur scène !

Dès que le trio arrive sur scène pour balancer son hardcore expérimental sur lequel planent des intonations punk, metal et noise, le public se trouve happé dans l’atmosphère sombre de Birds in Row et se laisse aller au fil des mesures qui alternent arpèges dépressifs et envolées électriques qui prennent aux tripes. On sent que les B (chant, guitare), Q (basse, chant) et T (batterie) vivent à fond leur musique au travers de compositions explosives entre fureur primaire et souffrance insidieuse comme en témoigne les prenants « 15-38 », « Triste Sire » ou « Love Political » issus du dernier album We Already Lost The World, sorti l’année dernière chez Deathwish Inc.

Birds In Row

À la différence de 2015, le public de l’Xtreme Fest est vite rentré dans la musique de Birds In Row et se trouve comme hypnotisé par la violence dépressive qui sort des titres du trio de Laval (« You, Me And The Violence »). En effet, il n’est pas rare de se prendre dans les dents des morceaux ultra bien ficelés avec des structures à tiroirs qui invitent le public à explorer différentes émotions au fil de passages mid tempo ou d’accélérations salvatrices (« Fossils », « Morning »). Et malgré un cassage de corde de basse, B arrivera sans peine à meubler en chantant seul avec sa guitare pendant que Q change de matos, le tout sans perdre une once d’intensité. Un véritable tour de force…

En fin de compte, Birds In Row aura réussi un joli coup pour son retour à l’Xtreme Fest. Après la fin du concert en forme d’apothéose, le public restera quelques instants scotchés par ce set intense et puissant et mettra quelques minutes à redescendre de cet ascenseur émotionnel. Ça fait du bien par où ça passe !

We Count So We Don’t Have To Listen
Love Is Political
Last Last Chance
Triste Sire
You, Me And The Violence
Remember Us Better Than We Are
O’Dear
Morning
15-38
Fossils
We vs Us
I Don’t Dance

 

GUERILLA POUBELLE – 19h30 / 20h15 (Zguen Stage)


Guerilla Poubelle. Les tauliers du punk rock made in France. Ça faisait un petit moment qu’on n’avait pas eu l’occasion de les voir (malgré pas mal de dates dans le sud-ouest ici et là, notamment par le biais des costauds de l’asso To Lose Punkers), si bien qu’on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre depuis toutes ces années avec tous les changements de line up qu’a subi le groupe. De plus, si Till et sa bande sont toujours en constante tournée et enchaînent les disques à vitesse grand V, force est de constater que les nombreux groupes influencés par les Parisiens qui fleurissent un petit peu partout en France ne donnent envie de voir leur illustre aîné ! Un comble…

Cependant dès son entrée en scène sur la Zguen Stage, Guerilla Poubelle rappelle à tout le monde qui est le véritable patron. En effet, en l’espace de quelques notes, Till et ses copains vont mettre tout le monde d’accord avec son punk rock corrosif qui fait du bien par où ça passe. On se prend donc en pleine face pas mal de compositions toujours aussi bien ficelées et accrocheuses comme « Demain Il Pleut » ou « Tapis Roulant » qui font taper du pied et se jeter dans le pit pour en découdre avec les festivaliers ! Bien que le dernier album intitulé La Nausée (sorti chez Guerilla Asso, bien sûr) date de 2017, on prend plaisir à (re)découvrir ces nouveaux morceaux en live comme « Peine de Vie » ou « Morts Trop Jeune » avec des textes toujours aussi incisifs et bien tournés…

Guerilla Poubelle

En l’espace de 40 minutes, Guerilla Poubelle va nous dégoter une flopée de titres repris en chœur par un public – jeune – déjà tout acquis à la cause du groupe. Mine de rien, cette osmose entre GxP et son public est bien réelle et témoigne de la véritable influence des parisiens sur la scène punk rock Française. Bref, après plus de 15 ans au compteur, force est de constater que Guerilla Poubelle tient toujours le haut du pavé et que l’ami Till est toujours bien installé sur son trône de roi. Au regard du concert de ce soir, Guerilla Poubelle peut dormir sur ses deux oreilles, la concurrence est loin derrière… très loin ! Chapeau bas…

 

MOSCOW DEATH BRIGADE – 20h15 / 21h (Family Stage)


S’il est bien un groupe qui (d)étonne sur cette affiche de la septième édition de l’Xtreme Fest au même titre que les Svinkels, c’est bien Moskow Death Brigade. En effet, le collectif russe masqué composé de Vlad Boltcutter, Ski Mask G et Unknown DJ est un véritable trublion dans la rigide société russe mais reste encore plutôt confidentiel dans l’hexagone. Pourtant, il faut bien avouer que ce trio qui distille un hip-hop auréolé de punk rock et de sonorités hardcore gagne à être connu partout en Europe dans la mesure où ses positions radicales contre le sexisme, le racisme et l’homophobie dérangent le pays de Vladimir Poutine, un peu comme les Pussy Riot il y a quelques temps.

Ceci étant, le public s’avère nombreux devant la scène de la Family Stage pour pouvoir se prendre dans les dents la musique « circle pit hip-hop » de Moskow Death Brigade. Quelques minutes plus tard, alors que résonnent les premiers beats de « Renegade Stomp » lancés par Unknown DJ du fond de la scène, les costauds Vlad Boltcutter et Ski Mask G déboulent en trombe sur les planches pour envoyer du lourd et faire sauter le public comme un seul homme ! Malgré un son assez moyen, le groupe va mettre en place un set plutôt nerveux qui repousse les codes du genre. En effet, l’originalité de la musique est de mise au travers des morceaux qui oscillent entre l’agressivité primaire d’un hardcore punk costaud et des rythmes électro bien posés (« It’s Us », « Throw Ya Canz », « Crocodile Style »). Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette ambivalence fait mouche !

Moscow Death Brigade

En plus de maîtriser parfaitement leur set, Moskow Death Brigade communique aussi beaucoup avec le public et délivre un message positif au travers de titres comme « Brother And Sisterhood » ou « Papers Please » afin de respectivement défendre les droits des homosexuels mais aussi des réfugiés. On sent que le trio est solide sur scène et qu’il a l’habitude de se retrouver en face d’un public qui n’est pas toujours au fait des codes du hip-hop. Et pour cause, certains membres de MDB font aussi partie des bouchers de Siberian Meet Grinder qu’on a pu voir en 2016 ici même, à l’Xtreme Fest !

Bref, sous ses oripeaux de groupe de hip-hop, Moskow Death Brigade s’avère être une véritable machine de guerre sur scène (« Anna Frank Army Pt. II », « One For The Ski Mask », « What We Do », …) qui détruira tout sur son passage ! Ces Russes-là, sont des militants dans l’âme mais aussi de redoutables musiciens avec un savoir-faire et un talent indéniables. En voilà une belle découverte !

Renegade Stomp
It’s Us
Brother And Sisterhood
Ghettoblaster
Anna Frank Army Pt. II
Throw Ya Canz
What We Do
One For The Ski Mask
Boltcutter
Crocodile Style
Papers Please

 

NOT ON TOUR – 21h / 22h (Zguen Stage)


Tout comme Pears, les Israéliens de Not On Tour avaient déjà eu la primeur de fouler la scène de l’Xtreme Fest en 2017 et de marquer au fer rouge la mémoire des spectateurs présents au travers d’un concert énergique au possible. Nombreux étaient donc les fans devant la Zguen Stage pour prêt à reprendre une seconde salve du punk rock de Not on Tour ! Et ils ne seront pas déçus ! En effet, dès son entrée en scène sur le très bon « Fine », les Israéliens vont mettre le feu aux poudres en mettant en place un set ultra nerveux et accrocheur. Bien évidemment, c’est la chanteuse Sima qui focalisera tous les regards et qui remportera tous les suffrages au fil d’une prestation de haute volée qui dépasse allègrement de la tête et des épaule celle d’il y a deux ans (« Flip », « 90% Out », « Sick Of This Mess »).

Enchaînant les brûlots incendiaires comme « I Wanna Be Like You », « Just Forget It » ou « Daddy » qui mettront le feu dans le pit, Not On Tour ne va pas baisser d’un iota le tempo et donner un public une véritable raclée enrobée d’une pointe hardcore qui n’est vraiment pas piqué des vers (« Write It Down », »Gut Feeling »). Qui plus est, Sima communiquera beaucoup avec le public (qui le lui rendra bien) et instaurera une ambiance chaleureuse comme on aimerait en voir plus souvent !

Not On Tour

Avec Growing Pains, son nouvel album en poche sorti en avril 2019, Not On Tour va proposer une setlist nerveuse qui met en avant les dernières compositions, courtes et percutantes à l’image de (« Fantasy Word », « Therapy », « Saw It Coming » ou « Run For It »…
Tout comme en 2017, Not On Tour va prendre un malin plaisir à dérouler des morceaux punk rock abrasif en début de set puis petit-à-petit hausser le niveau et distiller un hardcore punk incisif qu’on a plaisir à se prendre dans les dents à l’image de la doublette « Call It Freedom » et « Growing Pains » plutôt redoutable. Sur scène, le groupe est intenable et réussit le tour de force de rester très propre tout en s’agitant beaucoup ! C’est assez rare pour être relevé…

En définitive, Not On Tour s’est encore une nouvelle fois illustré de la plus belle des manières sur la scène de l’Xtreme Fest et a remporté un large succès. Certains diront que le groupe Israélien a été l’une des révélations de ce festival. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’on ne peut pas leur donner tort !

Fine
Flip
Banks
Sick Of This Mess
Write It Down
Did you Get Enough ?
90% Out
I Wanna Be Like You
Just Forget It
Gut Feeling
Fantasy World
Saw it Coming
Daddy
All This Time
Therapy
Maybe One Day
Different Kind Of Weather
Call It Freedom
Growing Pains
Rumors
Run For It
Silly Throughts
Darling
Oded

 

LIONHEART – 22h / 23h (Family Stage)


Dire que les Ricains de Lionheart sont attendus ce soir par toute une horde de fans est un doux euphémisme tant le public se presse en masse devant les barrières alors même que le concert n’a pas commencé ! Il faut dire que le groupe a une excellente réputation dans le p’tit monde du hardcore avec un son qui n’a rien à envier à Terror ou Hatebreed. Excsuez du peu… Qui plus est , le groupe a dans sa besace des albums coup de poing comme, Undisputed (2012), Love Don’t Live Here (2015) ou le très bon Welcome To The West Coast II (2017) qui ont tous reçu un excellent accueil unanime. Les fans sont donc sur les rangs, prêts à en découdre avec les costauds de Lionheart !

Pan ! Dès leur arrivée sur scène sur « Cali Stomp », les Américains taillent dans le lard et balancent un hardcore surpuissant qui fait bouger les premiers rangs et même les spectateurs juchés sur le balcon. Rob Watson, le hurleur en chef est déjà aux avant-postes sur les barrières pour chanter avec le public tandis que ces petits camarades arpentent la scène. On sent que le groupe est bien en forme et ça fait bien plaisir !

Lionheart

Mais très vite, le public se trouve dérangé par un très mauvais son qui fait trop la part belle aux infrabasses et aux aigus très secs pour les guitares de la paire Evan Krejci / Nik Warner, le tout au détriment du chant de Rob qui est beaucoup trop en retrait. En un mot : c’est dégueulasse. Du coup, la musique de Lionheart manque de corps et malgré quelques mini-retouches de son ici et là durant le set, le rendu n’est vraiment pas terrible.

Et même si les fans du groupe se donnent à fond dans le pit et réservent à Lionheart un excellent accueil, force est de constater que la sauce a du mal à prendre à cause de ce son calamiteux. C’est d’ailleurs assez incompréhensible car les autres concerts du festival qui ont eu lieu dans la Family Stage bénéficiaient d’un son plutôt correct…

Au final, le mauvais son de Lionheart aura eu raison d’une bonne partie du public préférant aller siroter une bière plutôt que de se faire saigner les oreilles ! Sans doute conscients de cette boucherie sonore mal fagotée par leur propre sondier, les Américains termineront leur concert au bout de 45 petites minutes au lieu de jouer une heure comme prévu. C’est vraiment dommage, car Lionheart a montré de très belles choses en live… Espérons qu’on retrouve le groupe d’ici peu (et avec un bon son) pour pouvoir apprécier à sa juste valeur son hardcore velu !

Cali Stomp
Hail Mary
Vultures
Pain
Still Bitter Still Cold
Keep Talkin’
Trial By Fire
Lock Jaw
Love Don’t Live Here
Rip
Fight For You Right (To Party)
LHHC
Going Back To The Bay

 

PROPAGANDHI – 23h / 00h15 (Zguen Stage)


Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu l’occasion de revoir les Canadiens de Propagandhi sur scène et l’annonce de la venue du groupe dans le cadre de l’Xtreme Fest a motivé pas mal de personne à se déplacer en masse pour cette journée du dimanche ! Il faut dire que le dernier album du groupe, Victory Lap sorti en 2017 chez Epitaph est plutôt de bonne facture et vu que Propagandhi a une excellent réputation en live, ça aurait été un blasphème de ne pas venir pour tout fan de punk rock qui se respecte !
Dès son entrée en scène sur l’opener « Failed Imagineer » issu du dernier disque, les Canadiens démarrent leur set sur les chapeaux de roue avec une grosse pêche sur scène. Ça fait plaisir de voir que ces vieux briscards-là ont toujours la fougue et s’amusent toujours autant. D’ailleurs, le public lui, est parti au quart de tour dans la fosse et commence déjà à donner de la voix sur les titres suivants que sont « A Speculative Fiction » et « Dear Coach’s Corner ».

Comme on pouvait s’y attendre, Propagandhi va mettre l’accent sur son dernier album en envoyant des nouveaux morceaux en plus de « Failed Imagineer » comme « Comply/Resist », « When All Your Fears Collide », « Cop Just Out Frame », « Adventures In Zoochosis » ou « Victory Lap », tous accueillis avec entrain par une audience décidemment en forme, vu que tout le monde saute partout dans le pit. Derrière sa guitare et le micro, ce bon vieux Chris Hannah est impérial et distille des parties de guitare plutôt intéressante tout en maîtrisant son chant et aura la bonne idée d’envoyer pas mal de titres couvrant le spectre skate punk (« Apparently, I’M A P.C. Fascist ») à des palettes musicales plus sombres et mélodique (« Note To Self »). En effet, Propagandhi va beaucoup jouer avec cette alternance et développer un set plutôt bien ficelé qui ravira tout le monde.

Propagandhi

De plus, les Canadiens auront la bonne idée de piocher de vieux titres issus de leur immense discographie afin de faire plaisir aux fans de la première époque (« Anti Manifesto », « And We Thought Nation States Were A Bad Idea », « Note To Self ») tout en donnant aussi aux plus jeunes du grain à moudre avec entre autres « Dear Coach’s Corner » ou « Lotus Gait ». Autant dire que les festivaliers n’ont pas de mal à trouver leur compte dans ce gros concert de Propagandhi ! Malheureusement, après une grosse heure d’un set  à couteau tiré, les Canadiens entameront la dernière ligne droite avant de quitter les planches avec la triplette « Anti Manifesto », « Victory Lap » et « Night Letters » qui finira d’achever tout le monde.

Failed Imagineer
A Speculative Fiction
Dear Coach’s Corner
Fuck The Border
Lotus Gait
Note To Self
Back To The Motor League
Comply/Resist
When All Your Fears Collide
Cop Just Out Frame
Adventures In Zoochosis
Duplicate Keys Icaro
Apparently, I’M A P.C. Fascist
And We Thought Nation States Were A Bad Idea
Anti Manifesto
Victory Lap
Night Letters

 

MADBALL – 00h15 / 01h15 (Family Stage)


Avoir l’occasion de voir sur un même festival les darons que sont Sick of It All et Madball à un jour d’intervalle était un rêve pour bon nombre de festivaliers. Pourtant, l’Xtreme Fest l’a fait ! Autant dire qu’en ce dimanche soir, le public a bel et bien répondu présent. Ainsi, après la grosse fessée mise par Propagandhi sur Zguen Stage, tout le monde se précipite maintenant devant les barrières de la Family Stage pour se prendre une bonne volée de Madball. C’est le dernier concert du festival et le groupe comme le public comptent bien se donner à fond histoire de faire honneur à cette affiche haute en couleur !

Suite à la sortie de For The Cause sorti en juin dernier chez Nuclear Blast, on pensait que les nouveaux morceaux allaient être beaucoup mis en avant ce soir. Or, ce ne sera pas le cas. Ainsi, mis à part les très bons « Rev Up » et « Freight Train », ce sont des titres plus anciens qui sont mis à l’honneur ce soir, à la plus grande joie des fans qui en connaissent les paroles par cœur. Autant dire que la guerre totale s’est déclenchée très vite au sein du pit…

Madball

Véritable rouleau compresseur qui défonce tout sur son passage et qui défouraille les entrailles jusqu’à la descente d’organes, Madball possède le feu sacré ce soir et démontre que le groupe est quasi intouchable sur scène à l’image d’un Freddy Cricien virevoltant et ô combien habité par sa prestation sans faille (« We The People », « Lockdown », « Set It Off »). L’homme n’aura de cesse d’haranguer le public, d’escalader les barrières pour chanter à l’unisson avec les fans et de cracher ses tripes dans le micro. Et même si le poids des années fait sa besogne sur les carcasses des musiciens de Madball, force est de constater que le groupe n’en a cure et qu’il se donne à fond comme à la belle époque. Ces briscards-là sont loin d’être morts, qu’on se le dise ! D’ailleurs, il n’y a qu’à écouter les brûlots que sont « For My Enemies », « Can’t Stop, Won’t Stop » ou le terrible « Hold It Down » pour s’en rendre compte ! Qui plus est, Madball sortira de derrière les fagots quelques vieux titres comme « Smell The Bacon », « Across Your Face » ou « Lockdown » issus respectivement de Droppin’ Many Suckers (1992) et de Look My Way (1998) qui démontreront que le temps n’a pas d’emprise sur ces gros classiques.

À ce titre, le public ne s’y trompera pas puisqu’il bondira comme un seul homme à la moindre des sollicitations de ce bon vieux Freddy et qu’on ne compte plus les slams et les circle pits qui prennent effet partout dans la salle… et ça bouge aussi beaucoup sur le balcon ! Il faut dire que le groupe n’a pas son pareil pour mettre en place un véritable chaos dans la salle au travers de son concert surpuissant (« Pride », « Infiltrate The System »…). Pour terminer son set, Madball choisira de partir en beauté avec « Hardcore Lives » et « Doc Marten Stomp », deux titres phare d’Hardcore Lives de 2014 qui sonnent encore dans nos oreilles comme des acouphènes. QUELLE GROSSE BRANLÉE !

Heaven Hell
Rev Up
We The People
Can’t Stop, Won’t Stop
Hold It Down
For My Enemies
Set It Off
Smell The Bacon
The Fog
Across Your Face
Face To Face
Born Strong
Get Out
Freight Train
Pride
Lockdown
Look My Way
Infiltrate The System
Hardcore Lives
Doc Marten Stomp

Et voilà. Ainsi s’achève la parenthèse enchantée de cette septième édition de l’Xtreme Fest riche en émotion, en concerts et en rencontres. En optant pour une affiche misant sur le punk rock et le hardcore, Pollux Asso a su mettre sur pied un festival avec une véritable personnalité et superbe une ambiance zguen, comme ils disent là-bas. L’Xtreme Fest a tenu toutes ses promesses et le fait que le festival ait affiché complet du vendredi ou dimanche témoigne de la solidité de la programmation et du professionnalisme de tous les acteurs de Pollux Asso. Vivement l’année prochaine qu’on remette ça ! Mais pfff… que ça va être long d’attendre encore un an !

Xtreme Fest 2019
 

Un grand merci à toute l’équipe de Pollux Asso et à tous les bénévoles du festival qui ont fait preuve d’un travail remarquable et ô combien professionnel. Un grand merci à Vincent et toute l’équipe com’ ainsi qu’à David et le costaud Fred ! Merci, merci, merci et #coeursurvousaveclesmains



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