Dream Theater au Hellfest 2019

Vendredi 21 Juin – Mainstage 1 – 18h35

Dream Theater

"un concert de plus pour Dream Theater, ni catastrophique, ni bon"

En ce vendredi après-midi, c'est le troisième passage pour Dream Theater au Hellfest, dix ans après être venu pour la dernière fois à Clisson. En dix ans, les choses ont bien changé : le Hellfest a changé de site, s'est agrandi et a pris une autre envergure ; Mike Portnoy a quitté Dream Theater, remplacé par Mike Mangini et les derniers opus du combo américain s'enchaînent et sont de plus en plus décriés par la fan base.

On le sait également, Dream Theater n'est pas spécialement un groupe de festival, lui qui privilégie des concerts longs en salle, adaptés à son metal progressif. Le combo a donc décidé d'adapter sa setlist à l'événement en n'interprétant que les titres les plus directs de son répertoire. Cela tombe bien pour les Américains, Distance Over Time, le dernier opus contient son lot de riffs à même de séduire les fans de metal.

Pourtant, en axant sa setlist essentiellement sur ce dernier album (quatre titres sur huit) que beaucoup ne connaissent pas encore, DT manque de mordant. Il est d'ailleurs dommage de ne pas interpréter un seul titre d'Images and Words et de jouer l'unique titre instrumental de Scenes from a Memory, deux opus pourtant largement plébiscités.

Si les conditions sonores sont pourtant très bonnes, on n'entend que trop bien les trop nombreuses fausses notes de James Labrie (chant) qui peine très souvent pour atteindre les notes aigües et semble en petite forme. Pourtant, dès le début du set, le vocaliste va chercher le public mais retombe rapidement dans ses travers en s'éclipsant régulièrement sur les passages instrumentaux.

John Petrucci (guitare) demeure ainsi le seul à tenir la barque (Jordan Rudess est relégué au fond de la scène) et John Muyng (basse) n'est pas connu pour être des plus expressifs. Le guitariste barbu séduit sur ses très nombreux soli, notamment les plus mélodiques ("Fall Into the Light" "Barstool Warrior" ou encore "Peruvian Skies") mais dès que James Labrie s'époumone dans le micro notamment lors de refrains téléphonés, la magie retombe.


On apprécie toutefois d'entendre les classiques "As I Am" et "Peruvian Skies", ce dernier n'ayant pas été joué depuis fort longtemps, tandis que "Lie" fait figure de passage obligé sur un festival metal. Mais en terminant par le trop long "Pale Blue Dot" et son passage instrumental technique (notamment sur l'unisson guitare/claviers), Dream Theater rate une fois de plus la marche qui aurait pu faire de ce concert un moment agréable. Au lieu de cela, ce set restera un concert de plus pour Dream Theater, ni catastrophique, ni bon, où le mode pilote automatique semble avoir été enclenché.

Setlist :
Unthetered Angel
As I Am
Fall Into the Light
Barstool Warrior
Peruvian Skies
The Dance of Eternity
Lie
Pale Blue Dot

Photographies : © Julie Warnier / Draksmoon 2019
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe

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