Prophets of Rage (+ Nova Twins) à  L’Olympia, Paris (08.08.2019)

Trois ans après sa création, le « super groupe » Prophets of Rage continue à faire parler de lui. Sans nouvelle production depuis le convenable  Prophets of Rage, des setlist se reposant (très) majoritairement sur le répertoire de RATM, une date fixée en pleine période estivale et pour un prix plutôt onéreux, les Américains avaient-ils véritablement une chance de rameuter à L’Olympia ? C’est à la fin de la prestation, dégoulinant de sueur et le poing encore levé au ciel, que l’on était fier de répondre par un grand OUI !

Nova Twins

L’Olympia est plutôt bien garnie en cette chaude soirée d’été. Certes incomplète, l’une des plus célèbres salle parisienne voit tout de même sa fosse copieusement remplie par un public de tout âge et de tout style, du metalleux au punk en passant par les amateurs de hip-hop.

nova twins

C’est cette solide assemblée qui accueille chaleureusement Amy Love, Georgia South et leur batteur. Nova Twins débarque sur la scène à 20h pétante. Une entrée synonyme d’acclamations, et l’on repère assez rapidement les fans présents ce soir. Ni une ni deux, les deux demoiselles, hautes en couleurs, envoient un groove puissant qui ne tarde pas à faire bouger têtes et corps.

nova twins

Le trio a de l’énergie à revendre et se fait tout simplement plaisir. « C’est carrément mieux qu’au Zénith » souffle ce spectateur applaudissant de bon cœur la prestation. De plus, Nova Twins dispose d’un son on ne peut plus optimal et son énergie est exemplaire. Amy Love lâche volontiers sa guitare pour se concentrer sur un chant hip-hop -non sans rappeler celui d’un certain Zach de la Rocha– et les deux autres musiciens assurent un groove tonitruant.

nova twins

Le spectacle est au rendez-vous et le public de plus en plus réactif. Nul doute que le duo « gratte » de nombreux nouveaux fans ce soir, et très honnêtement, il le mérite.

Prophets of Rage
 

POR

21h pile, les lumières de L’Olympia s’éteignent et le groupe se présente avec en tête DJ Lord et… C’est tout. On pouvait s’en douter, c’est avec un DJ set que le concert de la tête d’affiche commence. L’initiative est louable, surtout que le musicien offre une jolie sélection : De Metallica à Aerosmith, en passant par NTM, les tubes s’enchaînent et font monter la pression. Mais cette pression a tendance à redescendre, en effet cette mise en bouche est longue, très longue. Vingt-cinq minutes, et les cinq autres membres de POR ne sont toujours pas là.

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ENFIN, Brad Wilk s’installe derrière ses fûts, suivit de ses autres comparses et c’est parti pour « Prophets of Rage ». La fosse ne se fait pas prier pour bondir dans tous les sens. Le feu s’allume encore plus dès le deuxième titre joué : « Testify ». Les trois membres des Rage ont une énergie débordante. Tom Morello ne semble pas vieillir, toujours le même sourire, le même bagout et sa maîtrise de la six cordes fait plaisir à voir. Tout comme le jeu de batterie de Brad Wilk, qui, avec les années, s’entretient de plus en plus, présentant une impressionnante musculature. Quant à Tim Commerford, le bassiste est à l’image de ses tatouages : toujours aussi impressionnant mais diminué avec le temps. Non pas que le groove du bûcheron soit discutable, bien au contraire, mais l’homme a indiscutablement pris un coup de vieux ces dernières années. Tout le monde vieillit après tout.

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De leur côté, Chuck D et B-Real n’ont besoin que de quelques phrases pour se mettre la foule en poche. Charismatique à souhait, Chuck D montre un réel plaisir à se retrouver sur scène. Camouflé sous ses lunettes noires et arborant sa désormais indispensable coiffe de Cheickh, B-Real est comme un poisson dans l’eau et on sent que le membre de Cypress prend également un plaisir certain.

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Comme supposé, la setlist tourne énormément autour de la discographie de RATM. Mais est-ce un véritable problème ? Clairement, NON. La cinquième chanson, « Guerilla Radio », enfonce définitivement le clou et tout le monde se déchaîne. La température, de base assez chaude, monte de plus en plus. Les slams sont de moins en moins timides et il faut surveiller ses arrières.

Bavards, les deux chanteurs s’adressent régulièrement à la fosse et ne se privent pas d’aller serrer quelques mains. Notamment lors d’un sympathique medley hip-hop assuré par B Real et introduit par son désormais immanquable « Est-ce qu’il y a des fans de hip-hop ce soir ? ». Immanquable car le fontman l’avait déjà sorti au Hellfest en 2017 et au Zénith dans la foulée.

POR

M’enfin, étant donné la qualité du show, on ne va pas reprocher un quelconque pilotage automatique. Si la setlist repose donc essentiellement sur le répertoire des Rage, le groupe s’appuie tout de même sur quelques un de ses titres, notamment l’excellent « Legalize me ». Plutôt discret, Tom Morello finit par prendre la parole pour le traditionnel hommage à Chris Cornell. Et c’est « Cochise » d’Audioslave qui est jouée en instrumentale dans la foulée et sous des lights rouges avec un rayon de lumière blanc qui éclaire le pied de micro pour un moment des plus poignants.

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« How Could I Just Kill a Man » et « Fight The Power », reprises de Cypress et Public Enemy, viennent compléter la setlist bien garnie et l’intro de « Killing in the Name » vient mettre en transe la foule une ultime fois… Ou pas. Alors que tout le monde est retourné en loges, B-Real revient sur scène demander si l’on veut un dernier morceau. Et c’est un « Bombtrack » bien énervé qui achève le concert. C’est pour de bon que les six musiciens, bras dessus, bras dessous, saluent un Olympia comblé et en sueur au terme d’une heure quarante de prestation.

POR

Les lumières rallumées permettent de lire une certaine joie sur les visages et éclairent de grands sourires. Après tout, que reprocher à POR ce soir ? Peut-être un son qui, parfois, manquait d’un peu d’équilibre et laissait la rythmique prendre un peu trop l’ascendant sur la guitare. On est aussi tenté de pointer du doigt un show qui n’a pas changé d’un iota depuis la première prestation du combo lors du Hellfest 2017. Mais en cette période de vache maigre niveau concerts et face à l’investissement des musiciens, on ne fera pas la fine bouche et on se contentera de se dire que c’est un concert de très grande qualité auquel on a pu assister ce soir.

Crédits photos: Yann Charles. Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe.



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