Mass Hysteria (+ Hangman’s Chair + Pogo Car Crash Control) au Zenith de Paris – 06/12/19

Hystérie de masse à la Villette …


Un vendredi soir pas comme les autres à Paris et ailleurs, avec le début des mouvements sociaux… pas si loin que cela de l’esprit animant les groupes ce soir, de la colère à la mélancolie lugubre en passant par le metal enflammé et engagé des maîtres de cérémonie. Les chanceux ayant réussi à atteindre la capitale vont avoir droit à un show énorme dont Mass Hysteria, figure de proue du metal français, a le secret, tout en offrant aux deux groupes qui l’accompagnent, P3C et Hangman’s Chair,  leur premier Zénith

Pogo Car Crash Control

 

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La fosse est loin d’être remplie quand le quatuor énervé Pogo Car Crash Control prend la scène. Sans complexe, le groupe se lance dans « Déprime Hostile », titre éponyme de son premier album. Headbang et sauts de cabri sont de mise sur scène, et même si dans la fosse l’énergie n’est pas à son comble, les titres efficaces et rageurs s’enchaînent. Le vocaliste Olivier s’époumonne sans vergogne,   Louis à la guitare s’efforce de ne pas renverser les enceintes instables sur le devant de la scène, quant à Lola, à la basse, elle enchaîne les vrilles en bondissant tout en assénant des lignes rythmiques imparables.
 

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Le son est brouillon, mais qu’importe :  les riffs sales et les cris rageurs font partie intégrante du set fiévreux et survolté des P3C, du punk au garage rock, et les guitares volent, les musiciens se donnent à fond, en incitant le public à s’avancer voire même à former un wall of death, Olive méritant la palme du lancement teenage le plus convaincant (« Maintenant, le Zénith, vous allez faire comme nos parents, vous séparer en deuuuuuux ! »). Le public de la fosse, quoique peu nombreux, s’engage volontiers dans des pogos ou autres cris pour encourager l’énergique quatuor.
 

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Le grungy « Paroles / M’assomment », aux riffs entraînants, ou l’enchaînement groovy « C’est pas les autres » – « Chômedu » sortent du lot, jusqu’à l’énergique « Conseil » où le parterre du Zénith semble enfin s’agiter. Pogo Car Crash Control présente ensuite le tout nouveau titre « L’Odeur de la Mort » avant d’enchaîner sur l’ultime titre plein de bienveillance, « Crève », dont les paroles sont entonnées au micro par plusieurs fans, Olivier étant descendu dans la fosse pour un dernier moment de partage.

Setlist P3C :

– Déprime Hostile
– Rires et pleurs
– Paroles / M’assomment
– Je suis un crétin
– Hypothèse Mort
– C’est pas les autres
– Chômedu
– Conseil
– L’odeur de la mort
– Crève

 

Hangman’s Chair
 

 

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Changement d’ambiance alors que le Zénith s’emplit peu à peu, avec l’arrivée du groupe suivant : regards brumeux et ambiance dépressive de mise pour Hangman’s Chair, en pleine ascension depuis la sortie en 2018 de l’opus Banlieue Triste, chef d’oeuvre glauque de coldwave à la noirceur lugubre. Les quatre hommes concluent ce soir une année 2019 très riche, qui les a menés sur de nombreuses scènes, de l’Europe (avec Samael) à Las Vegas, en tête d’affiche ou pour de belles collaborations (citons Perturbator et Regarde Les Hommes Tomber).

Un premier Zénith, donc, en guise d’étape supplémentaire vers une reconnaissance et une renommée méritée pour le talentueux quatuor francilien, qui prend place sur scène sur l’instrumental sombre et sourd « Banlieue Triste ». Les visages graves, les instruments bien en place, l’explosion de lourdeur glauque peut commencer. 
 

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Dès les premières notes de « Naïve », le public est comme happé par ce son énorme, les guitares profondes et le timbre si expressif de Cédric. Basse vrombissante, réverbération sur les guitares mais aussi sur la batterie de Mehdi, le son vraiment reconnaissable de Hangman’s Chair évoque les terrains vagues désolés de cette banlieue triste qu’ils invoquent et revendiquent, cadre malsain d’une tendance aux idées noires et à l’autodestruction.
 

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Le jeu de lumières et la qualité du mix mettent en valeur toute l’intensité du set qui se vit, pour beaucoup dans la fosse, les yeux fermés. Les musiciens ont l’air inspiré, la voix de Cédric, déchirante, est maîtrisée à la perfection, quant à Clément, le bassiste, il semble tiraillé selon les titres entre colère et chagrin.
 

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Avec le retour sur la setlist d’un morceau ancien, « Ain’t Living Long Like That » (issu de Hope/Dope/Rope – 2012), marqué par la lourdeur des riffs et des passages lents et prenants, Hangman’s Chair démontre tout la cohérence de sa discographie, tellement l’enchaînement semble naturel avec le tout récent « Lost Brothel » (issu de l’EP Bus de Nuit sorti en octobre 2019), au rythme lancinant et à l’outro bluesy.
 

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Noirceur et mélancolie teintent encore les titres suivants, du sombre « Negative Male Child », aux sonorités très eighties, à l’énorme « 04/09/16 », lente complainte desespérée portée par une ligne de basse irrésistible. C’est un set maîtrisé et largement à la hauteur du Zénith de Paris qu’a offert Hangman’s Chair au public ce soir, si l’on en juge par les applaudissements chaleureux retentissant dans la salle. Nous espérons retrouver vite le quatuor en tête d’affiche, qui sait, pour l’après-Banlieue Triste

Setlist Hangman’s Chair :

– Banlieue Triste
– Naïve
– Sleep Juice
– Ain’t Living Long Like That
– Lost Brothel
– Negative Male Child
– 04/09/16

 

Mass Hysteria

 

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La folie furieuse s’empare de tout le Zénith dès les premières notes de « Reprendre Mes Esprits ». Le son est excellent, chaque instrument est audible. À la batterie, Raphaël assène une rythmique implacable, Mouss le vocaliste arpente la scène pour inciter le public à scander les paroles avec lui, les guitaristes Fred et Yann sont postés sur des enceintes sur les côtés et assènent les riffs de façon impeccable, quant au bassiste Jamie il prend le devant de la scène avec conviction, et l’effet est immédiat : le public se met à sauter comme un seul homme.

Le titre suivant, « Vae Soli », est chanté par une foule impressionnante, les paroles connues sur le bout des lèvres. Plus de différence, les milliers de gens présents sont désormais les furieux et les furieuses, en communion fiévreuse avec le groupe qu’ils attendaient, par le dialogue incessant avec un Mouss charismatique au possible. La qualité visuelle autant que musicale ne fait aucun doute : les patrons sont là. 
 

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De l’engagement, de la proximité, un esprit de solidarité et de communauté flotte au Zénith. « Vae Soli » est dédiée à tous ceux qui résistent, des hommages sont rendus de multiples fois aux grévistes, aux Gilets Jaunes, pour introduire les très bons « Babylone » et « Aimable à Souhait », de retour sur la setlist. 

Mettre en avant ceux qui sont partis ou ceux qui n’ont rien, ceux qui se battent comme ce jeune en rémission à qui Mouss dédie « Même si j’explose », ou pointer du doigt ceux qui pensent avoir tout – le gouvernement, les puissants, ceux qui croient au tout-puissant – c’est chose ordinaire pour un concert des Mass. Pour le public, l’armée des ombres, le peuple ou les sans-dents, ces quelques heures passées à communier et à crier sa rage avec force et conviction, c’est bien plus que du metal… Tout le Zénith chante et s’époumonne sur des paroles universelles et bien d’actualité, de « Failles » au fatal « Chien de la Casse ».  
 

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À date exceptionnelle, moyens conséquents : la scénographie est magnifique avec des décors au plafond, créés pour l’occasion, illustrant Maniac, le dernier album. Sur scène, des podiums que les guitaristes rejoignent régulièrement pour des scènes à la furie synchronisée, sans oublier les jeux de lumières et le clou de la soirée : de la pyrotechnie, utilisée à profusion et bien à propos sur « Se Brûler Sûrement », l’énorme « Contraddiction », ou encore pour enflammer la scène sur « L’Enfer des Dieux » ou « Plus que du Metal ».

Un tableau d’anthologie restera également dans les mémoires, avec « Aimable à Souhait » où Mouss, Fred et Yann prennent le devant de la scène et se livrent à une chorégraphie hypnotique pour taper sur des grosses caisses, en scandant les paroles évocatrices : « Notre union fera la force« . 
 

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Pour cette ultime date du Maniac Tour, cinq titres ont été choisis par les fans, les Mass ayant lancé un sondage sur les réseaux sociaux quelques semaines avant le concert. Le public acclame ce retour sur la setlist de titres qui font vraiment leur effet : « Babylone », « Vector Equilibrium » et son solo de guitare impressionnant, théâtre du premier circle pit de la soirée, les riffs ravageurs de « Même si j’explose », « Aimable à Souhait » ou l’ambiance techno de « Knowledge is Power », 22 ans d’âge et pas une ride !   
 

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Les slammeurs, les pogos, les circle pits et walls of death, quel rythme pour la sécu qui assure sans broncher ! C’est la fièvre dans la fosse, du fond au premier rang, les cercles s’accélèrent et Mouss profite de « L’Enfer des Dieux » pour lancer « le plus gros des circle pits vus au Zénith« , scène mémorable où les agents de sécurité, ébahis, finissent par sortir leurs téléphones pour filmer la liesse généralisée. 

Aucun titre n’échappe à l’accueil bouillant du public. Mouss et les musiciens n’ont qu’un geste à faire, un mot à dire, et le public de jumper, tourner, courir ou danser. Sur « Arômes Complexes », tout le monde s’agenouille avant de sauter bien haut, et l’immanquable « P4 » emmène le frontman infatigable au centre de la fosse pour une course circulaire mobilisant tout le parterre autour de lui (« qui est prêt  à me casser les mâchoires, ce soir ? Je viens, vous connaissez le principe : je suis l’atome, vous êtes les électrons libres !« ). 
 

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C’est un peu le moment du bilan pour les Mass et à plus d’une reprise Mouss parle avec émotion de cette date, de tout le chemin parcouru depuis 25 ans, de leur précédent (et seul) Zénith, dix ans auparavant, en première partie de Limp Bizkit. Rien n’est vraiment acquis, assène le frontman avec humilité. Il n’aura de cesse de remercier le public en des termes plus que chaleureux. 

C’est ce public fidèle et entier, qui a fait de Mass Hysteria ce groupe à la force impressionnante, capable de mobiliser et de fédérer, de créer de la bagarre en mobilisant aussi les esprits, et de s’imposer sur la scène française. Que ce soit dans les petites salles, des festivals ou des lieux d’exception comme ce soir, les Mass donnent tout. Mais aujourd’hui, la « Furia » finale, avec pogos endiablés, a cette saveur particulière, celle de ces moments qui font date dans l’histoire d’un groupe.

Setlist Mass Hysteria : 

– Reprendre Mes Esprits
– Vae Soli
– Notre Complot
– Une Somme de Détails
– Babylone
– Vector Equilibrium
– Positif à Bloc
– Failles
– Même si j’explose
– Se Brûler Sûrement
– Nerf de Boeuf
– Derrière la Foudre
– P4
– Condraddiction
– Aimable à Souhait
– L’Enfer des Dieux
– Plus que du Metal
– Tout est Poison
– Chien de la Casse

– Arômes Complexes
– Knowledge is Power
– Donnez-vous la Peine
– Furia

Crédits photo : ©Marjorie Coulin 2019. Toute reproduction interdite sans l’autorisation de la photographe. 



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