Lorna Shore – Immortal

Parmi les sorties d’album de ce début d’année, il en est une qui se démarque des autres, autant par l’attente qu’elle suscite, que par son actualité récente. Oui, vous l’aurez deviné, aujourd’hui, nous chroniquons le tout dernier album de Lorna Shore.

Avant d’aller plus loin il est nécessaire de rappeler que nous ne cautionnons pas certains actes. Vous ne l’aurez certainement pas manqué, mais la sortie de cet album a été entâchée par la communication éclair du groupe annonçant que leur chanteur, CJ McCreery est écarté de la formation suite à de nombreuses allégations à son encontre. Cj McCreery a abusé, commis des actions détestables et émis des propos racistes et humiliants envers divers individus. LGR ne cautionne en aucun cas ce genre de comportement et le choix d’éloigner CJ du groupe fût nécessaire. Cet album sera tout de même chroniqué mais de manière totalement objective par respect envers les autres membres du groupe ayant tout donné pour la sortie de ce dernier.

“La poésie est une religion sans espoir.” Friedrich Schleiermacher

Lorna Shore a toujours été difficile à catégoriser, certains diront du groupe qu’il se situe dans le registre du deathcore, d’autres argueront plutôt pour le black metal. Une chose est cependant certaine, la musique délivrée par le groupe est brutale, organique et épique. Et après deux premiers albums, le groupe fait décidément un bond en avant avec ce nouvel opus : Immortal. Malgré les très nombreux morceaux sortis au préalable (« The Darkest Spawn », « This is Hell »« Death Portrait », « Immortal » et plus récemment « King Ov Deception »), l’album a encore beaucoup à nous faire découvrir. Ces quatre singles s’apparentent en réalité à la partie émergée de l’iceberg, et lorsque l’on plonge pour en apercevoir la partie immergée, on est estomaqué par tant d’immensité.

L’une des grandes nouveautés de cet album est l’omniprésence de cœurs d’églises et d’instruments ecclésiastiques tels que des orgues. Immortal a ce côté symphonique que l’on retrouve dans les compositions des Scandinaves de Dimmu Borgir associé à un bruit assourdissant délivré par la batterie, battant furieusement le tempo et les guitares à la distorsion presque horrifique. On a comme l’impression d’être piégé au milieu des enfers. Et tel Dante et ses sept cercles de l’enfer, plus l’on s’enfonce, plus l’atmosphère est écrasante et plus la chute est terrible. Lorna Shore était déjà habitué à nous offrir des breaks ô combien intenses, et l’on ne les pensait pas capables d’en faire plus. Nous avions tort. Et cet opus nous le montre bien tant le travail effectué sur ces derniers est important. L’impression d’avoir tout le poids du monde qui s’abat sur nos épaules n’a jamais été aussi vraie. A l’image de morceaux notables comme « Hollow Sentence » ou « Warpath of Disease » où l’intensité des breakdowns se révèle dans leurs terrifiants attraits.

“Il n'y a pas d'œuvre d'art sans collaboration du démon.” André Gide

Dans tout enfers, il existe de multiples démons, et ici, le démon a un nom : Cj McCreery. L’apport de sa voix à cette pièce musicale est des plus impressionnant. A chaque écoute on le sent comme possédé, la qualité de ses screams et leurs apports subliment les compositions apportées par Adam DeMicco et Austin Archey. Une chose est sûre, la collaboration entre Cj McCreery et Lorna Shore fût une très bonne chose. Le mix de l’album est également très bien équilibré et alterne subtilement un mix se rapprochant du black metal avec un mix plutôt présent dans le deathcore. Les deux combinés donnent un album hybride et efficace à la rencontre des genres.

On sent qu’un cap a été franchi avec cet album aussi bien musicalement qu’artistiquement parlant. La cover d’album réalisée par Caelan Stokkermans présentant les restes d’un rituel mystérieux au sein d’une forêt, dans les montagnes au clair d’une lune noire permet de mettre une image sur l’ambiance que l’album souhaite transmettre et ainsi clore le message transmis.

S’il y a bien une chose à retenir sur cet album, c’est la maturité atteinte par le groupe. Immortal est très certainement l’album du groupe, à ce jour, le mieux conçu, à la puissance orchestrale impressionnante et à l’agressivité malfaisante.

Tracklist :
1. "Immortal" (6:53)
2. "Death Portrait" (5:09)
3. "This Is Hell" (5:22)
4. "Hollow Sentence" (3:51)
5. "Warpath Of Disease" (4:02)
6. "Misery System" (3:54)
7. "Obsession" (3:42)
8. "King Ov Deception" (3:54)
9. "Darkest Spawn" (4:34)
10. "Relentless Torment" (4:24)

Line-Up:
CJ McCreery – Vocals
Adam De Micco – Guitar
Austin Archey – Drums
Andrew O’Connor – Guitars

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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