Lordi (+ Flesh Roxon + Aeternitas) – Toulouse, Le Bikini (02.03.2020)

Juste après la sortie de leur dernier album, Killection, qui a rencontré un certain succès parmi les critiques, les Finlandais aux costumes kitsch et horrifiques viennent fouler les terres toulousaines pour leur Killection Tour. Il faut dire qu'ils étaient attendus car cela faisait onze ans qu'ils n'étaient pas venus jouer dans la capitale de l'Occitanie. La dernière fois remonte effectivement à la période qui a suivi leur victoire à l'Eurovision, sur les planches du feu Havana Café, et depuis ce temps, le groupe a sorti pas moins de six albums et a opéré a quelques changements de line up (notamment les départs de Ox et Kita, les arrivées de Hella, Mana ou Hiisi). Ils viennent accompagnés de leurs concitoyens Flesh Roxon et des Allemands d'Aeternitas.


Aeternitas

Devant un Bikini encore un peu timide en nombre, les Allemands s'installent sur une petite moitié de la scène, l'autre moitié étant réservée aux décors de Lordi. Pour leur premier concert à Toulouse, les membres d'Aeternitas ont la lourde charge de lancer le bal. Et là, c’est le drame... En effet, malgré un univers de metal symphonique gothique plutôt bien ficelé, le groupe emmené par la chanteuse Julia Marou et le guitariste vocaliste Alexander Hunzinger va délivrer une prestation très moyenne et bien décevante, dans la mesure où le chant alterné entre Julia et Alexander s’avère très faux en plus d’être peu inspiré. La voix de la chanteuse manque de puissance et est rapidement cachée par les basses. C’est assez dommage, car le groupe joue bien et développe des morceaux avec des structures en tiroirs bien pensés ("The Experiment", "A Case of Revenge", ...), mais tout s’écroule dès que les chants entrent en jeu. C’est une véritable catastrophe auditive !

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De plus, Julia a du mal à occuper l’espace de la scène et manque de charisme ; elle semble ne pas trop savoir quoi faire lors des parties musicales, si bien que ça en devient assez gênant lorsque des plans instrumentaux plutôt longs s’enchaînent. Malgré tout, le public toulousain prend poliment son mal en patience et joue le jeu en participant aux sollicitations d’Aeternitas durant tout le set. Le dernier morceau,  "Child of the Darkness", s'avère un peu mieux réussi que les précédents, avec un côté plus théâtral, un passage au clavier sympathique et les blast entraînants du batteur.

Après quelques minutes d’un concert très en deçà de ce qu’on aurait pu attendre d’une première partie d’un groupe comme Lordi, les Allemands sortent des planches sous des applaudissements d’encouragements chaleureux... Beau joueur le parterre du Bikini ? Oui, plutôt.

Setlist :

Tell-Tale Heart
The Experiment
The Raven
The Birthmark
A Case of Revenge
Child of the Darkness

Flesh Roxon

Changement de registre : après un rapide changement de plateau, c’est au tour des Finlandais de Flesh Roxon de fouler les planches du Bikini pour envoyer un punk n’ roll / psychobilly furibard aux accents heavy plutôt bien sentis. C'est vêtus de chemises avec des bretelles ou des cravates que les musiciens investissent la scène. Les coupes se marient bien avec le style psychobilly metal qu'ils jouent. Pas de backdrop, mais deux kakemonos sur les côtés ornent la scène.

Malgré quelques ratés au début du spectacle, le son est largement meilleur et mieux balancé que précédemment. Auréolé d’une contrebasse au son cinglant qui rappelle les costauds de Mad Sin, le quatuor taille vite dans le lard avec des morceaux rentre-dedans qui interpellent le public toulousain. En effet, Flesh Roxon a pris le parti de distiller des brûlots qui tapent là où ça fait mal grâce à des gros riffs incisifs et des compositions relativement simples ("Suck my Chainsaw", "God Sent Me to Hell", ...). Très vite, l’audience se presse en masse sur le devant de la scène et dans pit pour faire honneur à la bande du chanteur guitariste Nicky Rothen.

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Tommy The Mummy slappe sa contrebasse avec aisance pendant que Thomas Killjoy tape avec énergie sur ses fûts, le tout créant des rythmiques implacables qui font furieusement taper du pied. ("Angel"). Le guitariste Andy Reagan accompagne parfaitement le leader, bien qu'un peu effacé sur le côté de la scène. Nicky effectue de son côté des soli qui lui semblent tellement faciles qu'il place sa guitare derrière la tête. Le côté disco du groupe est très plaisant, notamment la reprise de "What is Love" de Haddaway.

Côté public, c'est une très bonne réception. Ca tape dans les mains, ça danse, ça chante. Ca rit aussi lorsque les membres du groupe répètent sans arrêt qu'il y a des t-shirts à vendre au merch... et de la bière au bar ! Le groupe termine d'ailleurs son concert sur "Let's Alcohol" composé d'un riff faisant presque penser à "Antisocial" de nos amis Trust.

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Après une grosse quarantaine de minutes d’un set bien mené et hautement accrocheur, Flesh Roxon quitte la scène du Bikini sous les acclamations d’un public ravi. Bien joué, les p’tits gars !

Setlist :

Suck My Chainsaw
Running Away
Lonely Rider
Out of Control
Born to Lose
Poisonous Wine
What is Love (Haddaway cover)
Angel
God Sent me to Hell
Back From Your Grave
Let's Alcohol

Lordi

C'est dans un décor très bien installé que les monstres Finlandais se positionnent sur scène, coiffés de leurs masques et leurs costumes designés par Mr Lordi lui-même. Des piliers avec des squelettes, une porte au milieu ornée de têtes horribles, un backdrop représentant des marches vers le diable, tout est fait pour effrayer. Que le spectacle commence !

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On pouvait s'attendre à un public un peu plus nombreux ce soir au Bikini, mais l'étage est fermé et la salle n'est remplie qu'à moitié. Mais cela ne va en aucun cas arrêter les artistes qui vont enchaîner les morceaux tels des tubes ("Shake The Baby Silent", "Blood Red Sandman", "Who's Your Daddy", ...). Le son est bien équilibré, chaque instrument se fait bien entendre et Mr Lordi est vraiment en voix. L'audience présente ce soir fait honneur à l'énergie que le groupe diffuse en enchaînant les mouvements de foule dans le pit : pogos, walls of death et même des slams.

Chaque membre du groupe a le droit à son petit moment instrumental, ainsi Mana exécute un solo de batterie intense avec des lumières qui tournent sur les grosses caisses, Hiisi nous délecte d'un solo de basse et Hella et Amen proposent un duo formidable très mélodique au clavier et à la guitare, pendant que le public éclaire la salle avec des briquets et des flashs de téléphone.

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Mais ce qui fait la force avant tout du groupe finlandais, c'est la puissance théâtrale qui est apportée au spectacle. Le rendu visuel est excellent, les scènes d'horreur ne manquent pas d'orginalité. Entre une vieille sorcière assez flippante ("Granny's Gone Crazy"), une poupée bébé bien sanglante ("Shake the Baby Silent"), un homme sur un lit de morgue découpé en deux par une scie circulaire ("Naked In My Cellar"), un prisonnier au coeur arraché par derrière, une femme effrayante en robe blanche, un personnage rappelant Skeletor avec des yeux rouges, tout est vraiment au rendez-vous pour profiter de ce spectacle hors normes. Mr Lordi n'hésite pas à interagir avec la foule entre les morceaux, qu'il soit armé de lunette rouge d'aviateur et d'un pistolet ("Scare Force One"), d'un lance-confettis ou mousse, d'une hâche ou bien d'un livre au-dessus d'un autel alors qu'il est vêtu d'ailes de diable.

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C'est donc un pari réussi pour Mr Lordi et ses accolytes, le Bikini est conquis et en a pris plein la vue. Ce show ne sera pas oublié de sitôt..!

Setlist : 

Horror For Hire
The Riff
Midnite Lover/Granny's Gone Crazy/Devil's Lullaby
Shake The Baby Silent
Blood Red Sandman
Drum Solo
Scare Force One
Like A Bee To The Honey
Naked In My Cellar
Bass Solo
Ghosts Of The Heceta Head
I Dug a Hole in the Yard For You
Who's Your Daddy
Clavier/Guitare Duo
Let's Go Slaughter He-Man
Hard Rock Hallelujah
*************************
Devil Is A Loser
Would You Love A Monsterman

Photos : Vincent
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