Testament (+ Exodus et Death Angel) à  l’Elysée Montmartre (01.03.2020)

Qu’importe le réveil à 6h le lendemain, la pluie battante, les virus en tous genres, les galères de transports… Ce dimanche 1er mars, L’Elysée Montmartre réunissait Testament, Exodus et Death Angel dans le cadre de cette tournée européenne unique qu’est The Bay Strikes Back Tour. Trois mastodontes du thrash de la Bay Area, pour une affiche qui vaut bien tous les sacrifices. C’est logiquement une salle comble que nous découvrons ce soir, et une file d’attente, qui s’allonge, s’allonge…
 

Death Angel


Un léger contretemps nous a fait louper l’entrée des Américains. Lorsque nous arrivons, « Voracious Souls », l’un des deux extraits du référentiel The Ultra Violence (1987) joué ce soir, retentit entre les murs de l’Elysée Montmartre, et nous sommes tout de suite saisis par la qualité et la profondeur du son. Mark Osegueda est déchaîné, saute partout comme si sa vie en dépendait.

Death Angel, Elysée Montmartre, Paris, Concert

La bande fait honneur à son matériel récent, et elle a bien raison, au vu de la qualité de celui-ci. « Claws Is So Deep », « The Moth » ou encore « Dreams Call For Blood » se font naturellement une place au milieu des titres plus anciens. Le public se fait notamment fortement entendre sur le refrain de ce dernier, taillé il est vrai pour l’exercice de la scène.

La paire de guitaristes nous régale, le plaisir d’être là des Américains saute aux yeux, et surtout aux oreilles. Death Angel ne semble pas connaître le poids des années, en assurant une prestation d’un professionnalisme qui ne trahit pas son expérience. Tout est fluide, naturel, les soli s’enchaînent sans accrocs, et on devine sous l’apparente décontraction des musiciens l’énorme travail fourni.

Death Angel, Concert, Paris, Elysee Montmartre

Dire que Death Angel était une première partie ce soir serait minimiser l’incroyable puissance de leur prestation. Nous aurions clairement aimé entendre quelques titres supplémentaires, le groupe nous quittant après environ cinquante minutes d’un show impressionnant, et on se demande déjà comment il sera possible de passer après ça. Mais notre goût de trop peu se dissipe bien vite à l’idée de ce qui nous attend dans les prochaines minutes…

Death Angel, Elysee Montmartre, Paris, Concert
 


Exodus


« Non, rien de rien… Non, je ne regrette rien… » L’assemblée est pour le moins étonnée d’entendre le célèbre morceau d’Edith Piaf en guise d’introduction d’un concert d’Exodus ! Un hommage poétique que nous offre le groupe, contrastant avec la violence générale assenée par les protagonistes du jour. Le calme avant la tempête, en somme…

Car le groupe attaque d’emblée avec les puissants « Bloody Harvest » et « Blood In Blood Out », issus de son dernier album en date (qui remonte maintenant à 2014), pour faire bouger le public comme il se doit. Le son est légèrement plus brouillon que celui de leurs compatriotes, mais ne vient pas pour autant gâcher la fête.

Exodus, Concert, Paris, Elysee Montmartre

Gary Holt arbore un t-shirt au « Kill All Kardashians » plutôt explicite et amusant, et s’impose  avec  classe, son charisme naturel mettant presque dans l’ombre un Steve Souza appliqué, même si moins énergique qu’Osegueda (Ah, ce beau petit ventre bien rond, les années filent…). La section rythmique écrase tout, Tom Hunting est littéralement possédé derrière ses fûts, et tout comme Death Angel, Exodus nous délivre une prestation sans faille et incroyablement rodée.

Exodus, Paris, Concert, Elysee Montmartre

Du côté de la setlist, Exodus prend peu de risques, en piochant pas mal dans ses classiques des années 80 Faboulous Disaster et Bonded By Blood (« And There Were None » était d’ailleurs joué pour la première fois sur cette tournée). A voir l’accueil fait par le public au groupe, il ne s’est pas trompé. Sans surprise, la bande n’a pas pioché dans le répertoire sorti à l’époque de Rob Dukes, bien que celui-ci mériterait de vivre encore sur scène.

Exodus termine sa prestation sur un enchaînement « Bonded By Blood » / « The Toxic Waltz » / « Strike Of The Beast » (pas de « A Lesson In Violence » ce soir!) imparable, mettant à terre un public qui en a déjà pris plein les oreilles, pour son plus grand bonheur. Allez, pour chipoter, on peut dire que le set était un peu moins marquant que celui de Death Angel, mais tout de même d’une intensité rare, balancé par un groupe dont le talent n’est plus à démontrer.

Exodus, Paris, Concert, Elysee Montmartre

 

Testament


Et dire qu’après tout ça, le plat de résistance n’est pas encore arrivé ! C’est à 21h pétantes que Testament investit les planches avec « Eerie Inhabitants », et d’emblée, nous comprenons pourquoi le groupe joue le rôle de tête d’affiche ce soir. Le décor de scène, somptueux, n’a d’égal que des jeux de lumières à déconseiller aux épileptiques mais nous plongeant parfaitement dans cette ambiance de violence jouissive.

Testament, Concert, Paris, Elysee Montmartre

The New Order (1988) se taille la part du lion avec cinq extraits, dont un « Into The Pit » dantesque, clairement un des temps forts du set, qui a galvanisé une foule qui en prend plein les dents depuis presque trois heures. Le quintette nous délivre également un extrait de son futur album Titans Of Creation, et le moins que l’on puisse dire est que ce « Night Of The Witch » semble déjà avoir les contours d’un futur classique ! Un morceau galvanisant, bien mis en valeur encore une fois par des lumières et autres explosions de fumées sur le refrain.

Le groupe déroule pas mal de son répertoire récent, et si The Formation Of Damnation n’est tristement pas représenté, il est réjouissant de voir que les groupes présents ce soir ne se contentent pas de réciter leurs classiques des années 80, mais continuent de sortir des disques de qualité. 

Testament, Elysee Montmartre, Paris, Concert

Impossible évidemment de parler d’un concert de Testament sans évoquer son emblématique chanteur : Chuck Billy est un frontman qui en impose, dont les célèbres parties de air guitar avec son micro, tout comme ce sourire jusqu’aux oreilles, laissent transparaître la passion sincère qui anime l’homme. Le duo Skolnick-Peterson fait toujours des merveilles, et pour la troisième fois ce soir, nous vivons un show sans temps mort, qui trouve le parfait compromis entre professionnalisme et spontanéité.

Testament, Concert, Paris, Elysee Montmartre

Une tuerie. Voilà, en deux mots, comment nous pourrions résumer cette soirée qui a tenu toutes ses promesses. Testament, Death Angel et Exodus sont en train d’asseoir sur cette tournée leur statut de pilliers du thrash, toutes périodes confondues. Jamais nous n’avons eu la sensation d’assister à des concerts de groupes vieillissants, sur la pente descendante. Autant d’énergie, de sincérité, de talent, forcent le respect. Et quand on apprend quelques heures après le concert qu’un certain Kirk Hammett était présent backstage, on se dit qu’à l’Elysée Montmartre, ce 1er mars 2020, il y avait vraiment du beau monde…

The Bay Strikes Back, Paris, 2020, Elysee Montmartre

Photos : Regis Peylet. Toute reproduction interdite sans l’autorisation du photographe.



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