Les Gros émergents du mois d’août 2020

Chaque mois, notre rédaction met à l’honneur quelques formations émergentes qui lui ont tapé dans l’œil (ou plutôt dans les oreilles). Nous espérons que cette mise en lumière permettra à des groupes passionnés et de qualité d’obtenir l’exposition qu’ils méritent, car ils sont la preuve de la richesse et la diversité de notre scène musciale. Bonnes découvertes, et bon été !

 

Mercury Circle – The Dawn Of Vitriol (doom)

 
 

Tout nouveau groupe, mais déjà des années d’expérience derrière lui, Mercury Circle rassemble des musiciens de la scène suédoise pour un premier album de dark metal. En effet, c’est le projet de Jaani Peulhu, producteur de nombreux artistes scandinaves, et lui-même claviériste et chanteur additionnel de Swallow The Sun, et fondateur d’Iconcrash. Il rassemble également des membres de Hanging Garden, To/Die/For, Rytmihäiriö, des groupes qui vont du doom à l’electro en passant par la synthwave.
 
Aucune surprise donc à ce que ce The Dawn Of Vitriol soit on ne peut plus réussi, sombre, saisissant, aventureux tout en restant extrêmement mélodieux. La voix plaintive de Peulhu, qui assure ici le chant principal, donne sa tonalité obscure et en même temps sa force à l’album. L’ensemble des instruments est parfaitement équilibré et l’on entend le souci de la production maîtrisée et homogène tout au long de l’EP, notamment dans cette façon de donner cette tonalité sombre et nostalgique aussi bien aux claviers qu’à la guitare et la basse, et même à la batterie.
 
Sans surprise, de tous les groupes dont font partie les musiciens, c’est de Swallow The Sun que se rapproche le plus The Dawn Of Vitriol, et dans une moindre mesure, The Hanging Garden. Mais il ne s’agit pas d’une simple copie,  Mercury Circle offre un son beaucoup moins agressif, moins brut, mais torturé et déchirant à sa manière. Orienté dark avec une indéniable composante doom, l’album offre aussi des variations gothiques, dark wave, légèrement eletro, et réussit en une demi-heure à captiver intensément. Le groupe – qui se définit comme du « new doom » - devrait présenter un album complet en fin d’année, qui, s’il a le standing de cet EP, sera sans difficulté l’un des albums marquants de 2020.

        

Facebook : www.facebook.com/mercurycircleofficial
Instagram : www.instagram.com/mercurycircleband

Chronique de AudeD

Buena Madera – Zero (stoner/prog)
 

Est-ce qu’on vous a déjà dit que l’Italie était un pays sous-estimé en matière de metal ? Ce Zero en est une nouvelle démonstration. Il est l’œuvre d’un power trio vénète, qui signe son premier opus en trois ans d’existence. Le groupe explique avoir pris le temps de faire s’accorder les goûts musicaux de ses trois membres avant d’enregistrer un album, afin d’avoir un résultat cohérent et homogène.
 
Et le pari est réussi. Zero, album enregistré en conditions live selon le groupe, s’inscrit dans un courant stoner qui emprunte pas mal au prog, et réussit parfaitement la fusion de passages agressifs relativement rapides et d’autres moments beaucoup plus planants, en apesanteur.
 
Avec seulement trois instruments, chacun arrive clairement à se faire entendre et à être mis en avant. A eux trois, ils imposent une vraie lourdeur caractéristique du genre qui pose des bases solides pour la suite. La voix du chanteur Renato Rancan, tantôt en apesanteur, tantôt criée dans les aigus, porte le tout avec rage et conviction.
 
Si l’album ne révolutionne pas le monde du stoner, il affiche une belle réussite pour un premier effort, et offre quelques influences intéressantes – le groupe a d’ailleurs enregistré une reprise des Pixies au sortir du confinement – qui mériteraient d’être approfondis pour les albums suivants.


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Bandcamp : https://buenamadera.bandcamp.com/

Chronique de AudeD

Archange – Empire (hard rock)
 

Deuxième album pour les Grenoblois d'Archange, trois ans après Flashback, qui leur a permis de tourner régulièrement en compagnie de quelques beaux noms de la scène (Mob Rules, Owens, Vinnie Appice...). Aujourd'hui, les cinq gars nous proposent Empire, un album de hard rock résolument moderne, et espère percer un peu plus.

Et il faut dire que le groupe a de beaux atouts à faire valoir, et notamment un groove de qualité, que l'on remarque dès "Smile", où la basse d'Arnaud Court se fait sentir pour notre plus grand plaisir. L'influence de Firewind semble évident" sur un titre comme "Schizophrénic", ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le quintette a misé sur l'efficacité de ses compositions, aucun titre ne dépassant les quatre minutes vingt.

Les ambiances sont suffisamment variées pour ne pas lasser l'auditeur, et quand bien même certains moments nous semblent un peu moins percutants, Empire se laisse écouter très facilement, et devrait plaire à ceux dont le coeur oscille entre hard rock et metal ! 

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Chronique de AxlD

Dun Ringill – Library Of Death (doom/heavy)


Ils sont forts ces Suédois ! Difficile de ne pas tomber sous le charme du deuxième album de Dun Ringill, Library Of Death. Même si le groupe est tout jeune, ses musiciens sont tout sauf des amateurs (des membres de The Order Of Israfel font notamment partie de l'aventure), et l'on ressent dans le heavy/doom de nos amis scandinaves une véritable maîtrise.

Si le propos est puissant et sans concessions, le groupe se permet régulièrement des incursions vers le folk (le refrain de "Well Of Desire") qui constituent un véritable apport mélodique, et a d'une manière générale apporté beaucoup de soin aux arrangements.  Les morceaux sont souvent longs, "My Funeral Song" cumulant à plus de huit minutes au compteur (vu le titre, pas besoin de vous faire un dessin).

Le chant de Thomas Eriksson fait des merveilles, sa force d'interprétation apporte une épaisseur supplémentaire à ces titres construits autour des riffs de bûcheron des trois (!) guitaristes. "NBK" nous donne quant à lui l'impression d’entendre un Motörhead gonflé aux hormones, en démontrant par la même occasion que la bande excelle aussi sur des tempi plus enlevés. Une piste à creuser pour l'avenir !

En un peu moins de cinquante minutes, Dun Ringill nous emmène vers les profondeurs, "Reverend Of Many Faces" constituant le point d'orgue de ce voyage vers les abymes qui nous aura paradoxalement donné le sourire !

Bandcamp : https://dunringill.bandcamp.com/album/library-of-death

Chronique de AxlD



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