The Unguided – Father Shadow

En 2009 et 2010, quatre membres de Sonic Syndicate quittaient un à un le groupe. Les Suédois allaient alors créer The Unguided. Dix ans plus tard, leur groupe n’a pas la notoriété de leur ancienne formation mais a réussi à tracer son chemin, sortant au total cinq albums. Le dernier vient de paraître.
 

Father Shadow est donc le cinquième album du groupe (dixième en comptant les EP) et le deuxième avec le chanteur / guitariste Jonathan Thorpenberg, remplaçant l’historique ex-Sonic Syndicate Roland Johansson. Le groupe a développé ces dernières années un death metal mélodique fortement teinté de metalcore, pas outrageusement original mais certainement efficace.

Cet album est peut-être moins porté sur le metalcore – même s’il en reste une empreinte indéniable – et plus sur le metal mélodique. Le groupe arrive à un mélange fluide entre les éléments plus extrêmes, les passages extrêmement mélodieux, les influences metalcore, et des éléments très electro et même pop.

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Les guitares de Thorpenberg et Roger Sjunnesson alternent avec réussite des jeux plutôt typés death, des passages plus metal alternatifs voire carrément rock en quelques occasions, et des soli très récurrents, globalement intéressant, mais qui parfois donnent l’impression de n’être là que parce que le groupe tenait à dire qu’il y avait un solo sur presque chaque chanson – est-ce qu’à dix secondes, on peut vraiment qualifier ça de solo ? La batterie de Richard Schill est plutôt notable dans son agressivité, son jeu apporte souvent une tension et une urgence bienvenues dans les parties les plus violentes. Cela s’entend entre autres sur l’intro de «  A Childhood’s End », sur « Fate’s Hand » ou sur « Seth ».

A côté de ces éléments, les claviers omniprésents de Roger Sjunnesson participent au côté catchy de l’ensemble et font pencher l’ensemble du côté du metal mélodique moderne. Tout comme le chant clair de Thorpenberg, maîtrisé, agréable, accrocheur, qui s’accorde très bien avec le chant saturé assez proche du metalcore de Richard Sjunnesson, mais s’avère parfois un peu trop maniéré et trop chargé en effets inutiles.

Et si la partie plus extrême, bien que réussie, reste assez classique, The Unguided s’aventure assez loin du côté mélodique. Certains riffs de guitare font presque pop-rock sous anabolisants (« Never Yield »), tout comme le chant de Jonathan Thorpenberg (« War of Oceans », « Lance of LOnginus »), et plusieurs titres, de par leur mélodie et leur construction, sonneraient vraiment comme des titres pop-rock s’ils n’étaient pas relevés par l’instrumentation plus death derrière (« Never Yield », « Breach »).

On a parfois l’impression que The Unguided fait du metal à danser – Amaranthe n’est parfois pas loin, certains passages rappellent le emo des années 2000. Ce n’est pas un défaut en soi, c’est bien exécuté et quand on aime ce genre de mélange c’est assez plaisant, mais les metalleux complètement allergiques à la moindre once de pop FM risquent de partir en courant.

Il en résulte un album extrêmement efficace, avec des titres très accrocheurs, auquel on n’a rien à reprocher techniquement – même si le groupe ne cherche pas à produire du metal particulièrement technique – mais qui offre peu de véritables surprises et de moments à proprement parler mémorables.

Les constructions de morceaux ont tendance à se ressembler : les schémas d’alternance chant clair / chant crié sont souvent proches, presque tous les morceaux commencent par une introduction aux claviers, rejoints ensuite par les guitares et la batterie plus agressifs, il y a presque toujours un solo de guitare sur le pont. Surtout, sur ces derniers, il y a constamment un effet (pas extraordinaire) sur la voix de Jonathan Thorpenberg, et c’est systématiquement le même.

Quelques morceaux sont donc pas loin d’être pénibles, à commencer par les mollassons « Where Love Comes to Die » et « Lance of Langinus ». Heureusement, quelques chansons sortent aussi du lot en bien et arrivent à merveille à marier une énergie violente à des mélodies ultra accrocheuses : l’introduction « Childhood’s End », « Never Yield » - un modèle de pop death – le single « Crown Prince Syndrome » - absolument imparable et qui d’ailleurs varie un peu la structure en offrant un premier tiers entièrement crié, un deuxième tiers en voix claire, et une conclusion mêlant les deux – et le dernier titre « Gaia ». The Unguided offre aussi trois reprises de l’ancien groupe de ses membres, Sonic Syndicate, qui n’ont pas à rougir des comparaisons avec les originales – il faut dire que la production moderne les met mieux en valeur.

Father Shadow est donc un album agréable à écouter, divertissant et sans défaut absolument rédhibitoire, mais qui souffre de répétitions et manque d’originalité pour être franchement mémorable. Il montre des musiciens carrés au savoir-faire indéniable, mais qui gagneraient peut-être à une plus grande prise de risques.

Tracklisting:
1. Childhood's End
2. Never Yield
3. War of Oceans
4. Breach
5. Where Love Comes to Die
6. Crown Prince Syndrome
7. Fate's Hand
8. Stand Alone Complex
9. Lance of Longinus
10. Seth
11. Gaia (feat. Erik Engstrand)
12. Jailbreak (Bonus Track)
13. Denied (Bonus Track)
14. Jack of Diamonds (Bonus Track)

Sorti le 9 octobre chez Napalm Records

Crédit photo : Patric Ullaeus

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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