Abyssal Ascendant – Chronicles of the Doomed Worlds Pt II : Deacons of Abhorrence

Tel le grand Cthulhu qui dort dans sa cité engloutie de R'lyeh, Abyssal Ascendant s'est fait attendre pendant quelques années avant de revenir. Cinq ans précisément séparent Chronicles of the Doomed World Pt II : Deacons of Abhorrence de son prédécesseur. Et en cinq ans, la progression a été fulgurante pour ce jeune groupe de l'Est de la France qui signe là un excellent album de death metal poisseux et occulte.

L'introduction orchestrale qui ouvre "Offering Flesh to the Stars" annonce d'entrée la couleur : Abyssal Ascendant voit les choses en grand. Grandiloquent sans être pompeux, le death metal du combo se pare de ces atouts symphoniques pour évoquer la majesté des Grands Anciens de la mythologie Lovecraftienne qui sert de toile de fond à l'univers du trio ("Nilgh'ri Vulgt'mah Eh'yedg Uh'eog"). On songe par ailleurs à Nile dont le dernier album avait su nous convaincre dans un genre similaire. Et dès l'apparition de la voix caverneuse de Florent, ce sentiment se renforce. Le leader du groupe sait proposer un timbre rappelant celui de Karl Sanders ou celui de Steve Tucker (Morbid Angel).

Et du côté des compositions, Abyssal Ascendant a trouvé sa personnalité, à mi-chemin entre la brutalité d'un Kronos, la lourdeur d'un Morbid Angel ou d'un Immolation, la vitesse d'un Nephren-Ka (les très rapides "Martyrs of Mordiggian" ou "Coven of Agony" rehaussé de choeurs discrets) ou encore quelques parties presque doom dont est capable Nile ("The Dweller Awakens", la partie médiane de "March of the Wind Walker"). Abyssal Ascendant synthétise toutes ces influences dans un death metal où l'ambiance des écrits d'HP Lovecraft n'est clairement pas là pour le décorum : outre le très bel artwork de Daniele Lupidi, chaque titre transpire cette atmosphère malsaine et visqueuse que l'on ressent à la lecture des nouvelles du Maître de Providence ("Wombs of Torment", "Nilgh'ri Vulgt'mah Eh'yedg Uh'eog"). Pourtant, c'est vers l'univers étendu des Mythes de Cthulu que lorgne le combo, s'inspirant également des auteurs ayant poursuivi et enrichie l'oeuvre de Lovecraft.

Le trio abat un travail formidable sur ces neufs titres et il est appréciable de voir que la basse de Fanny est bien plus mise en avant que sur le précédent opus du groupe. Côté production, on regrette toutefois le trigg de batterie trop marqué de Krzysztop Klingbein, batteur de session ayant dépanné le groupe sur cet album. En effet, en dépit d'une excellente performance physique, les parties de double-pédale (très nombreuses au demeurant) sonnent parfois comme une mitraillette en zone de guerre. Alors que les riffs sont bien plus tournés vers l'ambiance, on aurait pu apprécier un peu plus de subtilité dans le jeu de batterie.

Mais qu'importe, en neuf compositions pour 37 minutes de musique, Abyssal Ascendant réalise une très belle performance qui surpasse aisément son premier effort. Sachant varier ses titres à travers des cassures rythmiques nombreuses et bien amenées, le groupe s'impose au sein de la scène extrême underground et peut savourer dignement ce succès, huit ans après ses débuts.

Tracklist :

Offering Flesh to the Stars
Dissolved Into the Great Hive of Shaggai's Progeny
The Dweller Awakens
March of the Wind Walker
Nilgh'ri Vulgt'mah Eh'yedg Uh'eog
Martyrs of Mordiggian
Wombs of Torment
The Church of Free-will
Coven of Agony

Déjà disponible chez Dolorem Records
Photographie : © Thomas (Le Bastion)

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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