Le groupe Sabaton à  Rennes (9 octobre 2012)

*Entrevue réalisée par Alexandre Wandel de Sabaton French Division, en collaboration et partenariat avec La Grosse Radio Metal*

En ce mardi 9 octobre, alors que Wisdom s’apprête à entamer son set, c’est un Joakim Bordén (chanteur) très volontaire qui se présente en face de moi pour l’interview. Avant de commencer, je lui demande si soit Chris (guitare), soit Thobbe (guitare), soit Robban (batterie) peut nous rejoindre et me dit qu’il va voir ce qu’il peut faire pour moi.

Trente secondes plus tard, il revient suivi de Chris, très content de pouvoir participer. Après mes multiples remerciements, nous sommes donc passés aux choses sérieuses. Le split, l’intégration des nouveaux, le public de Sabaton, le prochain album, autant d’éléments au programme de cette interview.

Bonne lecture !

Pour commencer, comment allez-vous ? Comment se passe cette tournée ?

Chris : Bien. Vraiment très bien. Nous avons été un peu malades, mais cela va mieux maintenant. Nous ressortons de deux jours de repos. San Sebastian (ville où ils se sont reposés) était vraiment super. La tournée se passe merveilleusement bien.

Joakim, tu nous as dit la semaine dernière à Paris que Thobbe, Chris et Robban avaient toujours reçu un accueil chaleureux. Est-ce que vous vous attendiez à ça ?

Chris : Pas du tout à vrai dire. Mais c’est incroyable de voir comment les fans peuvent nous accueillir aussi chaleureusement, pour chacun d’entre nous. Je ne peux pas dire que je ne m’y attendais pas, mais c’est vraiment super. C’est très surprenant quand on est nouveau d’avoir un accueil aussi chaleureux. C’était vraiment super.

Sabaton 2012

Et pour vous (les anciens membres). Vous attendiez-vous à cet accueil ?

Joakim : Évidemment nous nous inquiétions des réactions des fans et de ce qu’ils allaient en penser. Je veux dire : nous avons joué ensemble pendant un long moment. Mais Pär et moi étions vraiment surs que les nouveaux membres étaient « compatibles », qu’ils allaient parfaitement gérer les chansons et cela s’est vérifié après les premiers concerts. Mais parfois, tu sais, les gens sont attachés aux membres, il y a comme une interconnexion. Nous avons été chanceux, tout s’est bien passé pour nous, personne ne nous a accueillis avec des doigts (il montre son majeur). Naturellement les gens sont venus aux concerts , méfiants, se demandant - (il est coupé par l’entrée de Thobbe qui ose demander s’il peut se joindre à nous). Mais la bonne nouvelle, c’est que personne n’a été mécontent après. Les gens étaient en colère avant d’avoir vu jouer les nouveaux en live, on a reçu pas mal de courriers de gens mécontents, tout ça, mais une fois que les gens ont vus des vidéos de la tournée américaine ou des festivals européens, ils ont réalisé, « putain, ces mecs-là sont même encore mieux ! » (Nous sommes coupés par l’entrée de Robban qui se joint très gentiment à nous).

Gardez-vous contact avec les anciens membres ?

Joakim : On peut dire ça, de temps en temps, mais pas tant que ça.

Mais vous gardez toujours de bonnes relations ?

Joakim : Oh oui on se déteste pas, ce n’est pas comme si on était tout le temps en train de se faire des coups bas (RIRES).

Lors de votre dernier concert à Anvers l’année dernière, saviez-vous que ce serait votre dernier avec les « anciens » ?

Joakim : Non.

Car c’était un show très spécial tout de même…

Joakim (assez marqué) : Non, nous ne savions pas du tout.

Aviez-vous peur de perdre des fans après avoir annoncé la séparation ?

Joakim : Bien sûr. C’était notre plus grande peur. Enfin je veux dire, on savait qu’en faisant ça, on allait perdre des gens en route, de toute façon. C’est dommage, mais inévitable. On a voulu faire en sorte d’éviter à tout prix de décevoir ceux qui étaient ouverts d’esprit, qui avaient accepté notre choix. Je veux dire, il y a des gens qui avaient de toute façon décidé que l’ancien line-up était le meilleur possible, et peu importe si on avait mis les meilleurs musiciens du monde à leur place et qu’ils avaient fait les meilleures performances possibles en live, ils auraient toujours pensé « les anciens sont les meilleurs ». Il n’y avait rien à tirer de ces gens là, je veux dire, ce n’était même pas la peine de se battre pour essayer de les convaincre. Ce dont on avait vraiment peur, c’était d’arriver sur scène, et que les gens qui avaient décidé de nous donner une chance trouvent qu’on n’était pas bon. Mais je pense que ça prend toujours quelques jours de répétition pour se dire : « ok ça va bien se passer ».

Pour les nouveaux, les fans aimeraient en savoir un peu plus sur vous. Comment vous sentez vous après maintenant six mois dans le groupe ?

Chris : Très heureux, vraiment.

Thobbe : Personnellement, j’ai toujours voulu faire ça, c’est comme un rêve qui se réalise. Être en tournée, rencontrer les fans, donner des concerts, jouer de la guitare sur scène, c’est quelque chose que je n’avais jamais pu faire auparavant et dont j’ai rêvé toute ma vie.

Robban : Oui, je ressens la même chose, complètement. Je prends beaucoup de plaisir. Jouer de la batterie, c’est toute ma vie.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris quand vous avez rejoint le groupe ?

Joakim : That’s a cool question !

Thobbe : Lorsque j’apprenais les chansons, je me disais : Oh, je sais à quoi il (Joakim) a pensé en écrivant ceci et c’est exactement comme ça que j’aurais fait également, donc c’était relativement facile d’apprendre les compositions. C’était ça pour moi, la plus grosse surprise.

Chris : Je pense que c’était l’enthousiasme qu’il y avait pour tout, dans ce groupe. Je veux dire, Pär et Joakim ont travaillé pour ça pendant si longtemps, c’est comme s’ils ne vivaient que pour ça ; alors ma réaction principale ça a été : « wow, ils sont dedans à fond, vraiment impliqués à 110 %, pas un de moins ». Et c’est vraiment incroyable de voir ça, travailler avec des gens comme ça c’est génial. Chaque moment passé ensemble sur la tournée est un moment où on s’amuse.

Thobbe : Je me suis rendu compte aussi à quel point ce groupe était quelque chose de sérieux, d’important. Je veux dire, 12 ans de travail acharné là-dessus tout de même, un gros travail.

Chris : Mais ça ne nous empêche pas de bien nous marrer sur la tournée.
Joakim [le coupant] : Oui, à tel point qu’on ne peut pas tout vous montrer sur le blog vidéo (RIRES), on a une vidéo à mettre en ligne ce soir.

Chris : Oui, c’est vraiment marrant et puis, c’est génial d’avoir l’opportunité de jouer avec ces mecs. On va vraiment bien ensemble, on s’entend super bien.

Thobbe : Nous allons très bien ensemble.

Le concert de Paris sera-t-il inclus dans la prochaine vidéo du blog ? (À l’heure où je pose cette question, la prochaine vidéo à paraître est la partie 9 - la vidéo comportant un extrait du concert parisien, postée depuis, se trouve ci-dessous)

Joakim : Non ça sortira plus tard. Les vidéos sont en retrait par rapport à la tournée, car nous avons besoin de temps pour enregistrer et réunir tout le contenu pour une vidéo, mais assurément Paris sera dedans ! Dans la prochaine vidéo ou bien celle d’après, ça c’est sur.

Qu’est ce que vous préférez le plus quand vous venez en France ? Est-ce le public, la nourriture, les femmes ? Quelque chose d’autre ?

Joakim : Pour moi, assurément, l’audience, le public en numéro 1. Je me rappelle d’une fois en 2010, je ne suis pas sur du nom, mais je crois que c’était au Nouveau Casino (il l’a dit en français NDLR), petite salle, 400 à 500 personnes, foule déjantée, c’était toujours intense. Des fans pas toujours très bons en anglais, mais apprenant toujours les paroles, étant sans cesse en train de surfer au dessus de la foule et remuant la tête constamment.

À propos des « crowd surfers », les appréciez-vous vraiment ? Ne vous empêchent-ils pas de mener le concert comme vous l’entendez ? (Ce soir-là au Nouveau Casino, le concert avait été marqué par un nombre impressionnant de crowd surfer – plusieurs par chansons – et le groupe déclara après le concert sur sa page Facebook qu’ils n’en avaient jamais vu autant)

Joakim : En fait, ça dépend de la situation dans laquelle tu te trouves. En règle générale. Je ne m’en soucie guère plus que ça, tant qu’ils font ça prudemment. Le problème, c’est quand tu n’as pas de crash barrière. S’il y a ne serait-ce qu’une petite barrière entre la scène et la foule, les crowd surfers arrivent, « plongent » et les vigiles peuvent les attraper. Le vrai problème c’est quand il n’y a pas de barrière (Cf : le nouveau casino) et que les gars arrivent sur scène. Et dans ce cas-là je n’aime pas ça. Ils peuvent aussi bien nous faire mal que se faire mal eux-mêmes.

S’emportant un peu : Sérieusement, je ne m’inquiète pas pour moi, je n’ai qu’un micro. Si quelqu’un de stupide arrive je n’aurai qu’à l’assommer avec, comme ça (il mime le choc d’un micro contre la tête de quelqu’un avec un bruit comique qui va avec), mais le problème est pour les mecs qui ont des instruments et qui ne peuvent se défendre.

Thobbe (ironiquement) : Ils peuvent aussi se blesser avec ton micro !

Joakim : Oui, si ils essaient de chanter et ils n’y arrivent pas et ils se cassent les dents dessus. Donc oui, la sécurité, c’est pour le groupe, mais aussi pour eux-mêmes, croyez-moi, on a eu des sacrés cons sur scène parfois. Et que se passerait-il s’il y avait une bagarre ? En plus Pär a une basse de … (il réfléchit) environ 15 kilos, si en évitant un slammeur, il heurte quelqu’un a la tête, ce dernier s’effondre.

Donc oui, je suis content que les gens s’amusent en passant au-dessus de la foule tant qu’ils ne se blessent pas entre eux, oui car il faut aussi penser aux gens devant sur qui ils retombent parfois lourdement, mais je ne veux pas qu’ils montent sur scène, parce qu’en fin de compte, ça pourrait les blesser aussi. Les gens peuvent tomber de la scène. Même si j’essaye d’en attraper parfois, comme au nouveau casino ! Des fois, il y a les gens de la sécurité et moi qui essayons aussi de rattraper les gens ! Mais ce n’est pas mon rôle. S’ils tombent sur les retours (moniteurs qui renvoient aux musiciens sur scène le son de leurs instruments), ils peuvent se faire très mal !

Est-ce que tu as déjà des idées pour les thèmes du nouvel album ?

Joakim : Oui ! (j’écarquille alors de grands yeux) Mais c’est secret (RIRES – sacré Joakim…)

Est-ce qu’il ressemblera à Carolus Rex ou vous voulez faire quelque chose de différent ?

Joakim : Ce sera différent, mais il y aura un thème, un fil conducteur. Ce ne sera pas un concept aussi resserré que pour Carolus Rex, mais il y aura bien un thème commun à toutes les chansons de l’album.

Qu’en est-il de la chanson de 10 minutes mélangeant les influences de Within Temptation et Amon Amarth dont tu avais parlé ? Est-ce toujours d’actualité ?

Joakim : Je ne sais pas trop, je continue à travailler là-dessus. Il y a des idées qui ont atterri dans d’autres chansons. J’ai quelque chose, oui. Ce qui ne convenait pas pour ce morceau m’a servi pour d’autres morceaux. Mais c’est quelque chose qui pour l’instant a pis trop d’ampleur par rapport à ce qui était prévu, donc, on verra bien ce qui arrive, elle sortira, mais je ne sais pas quand. C’est le problème avec moi quand j’écris des chansons, la chanson est finie quand elle est finie et non quand il faut écrire un album. Je ne peux pas me presser pour écrire une chanson. Il y en a qui m’ont pris 3 ans à écrire ! Saboteurs a pris 10 ans.

Parmi toutes vos chansons, quelle est celle qui vous fait le plus vibrer ? (Puis devant l’hésitation de Joakim… ). C’est une question de fan !

Joakim : (avec le sourire) Oui oui je sais bien. Tu vois, écrire toutes ces chansons, c’est un peu comme avoir des enfants. Et même si tu as des enfants qui sont attardés par rapport aux autres tu ne les aimeras pas moins pour autant (RIRES).

Donc oui, je sais que certaines chansons ne sont pas aussi bonnes que d’autres, mais tu vois, c’est comme comparer le plus noble de tes enfants à celui qui est le plus attardé (et là il fait des bruits bizarres avec son doigt et ses lèvres tout en louchant, ce qui provoque le rire général). Ca pourrait être The Carolean’s Prayer, en Suédois Karolinens bön, sur Carolus Rex, et peut-être, je ne suis pas sûr, mais je pourrais dire The Final Solution.

Tu aimes donc les chansons sentimentales ?

Joakim : Absolument !

Sabaton 2012

Pourriez-vous m’en dire plus sur vos influences musicales, vos groupes préférés, ce que vous écoutez maintenant ?

Chris : La plus grande influence pour moi a toujours été Iron Maiden. Adrian Smith bien sûr, je suis un guitariste, donc bon… J’ai commencé à jouer quand j’avais 7 ans, et j’ai toujours joué depuis. C’est vraiment la meilleure chose qui me soit arrivée. Je ne sais pas ce que je ferais d’autre sans la musique ou la guitare. C’est un peu comme un clone de moi sans guitare, je ne serais rien.

Robban ? (très préoccupé ce soir-là)

Robban : Tu peux répéter la question ? Je suis désolé ! [...]  Il y a beaucoup de groupes géniaux que j’aime bien, mais tu vois, je n’aime pas vraiment placer la musique dans des catégories et des genres, si j’entends une bonne chanson, je l’aime bien, peu importe si c’est du Lady Gaga, Helloween, Judas Priest, etc., même si je les aime beaucoup. Souvent, ça dépend de mon humeur du jour. Ces temps-ci j’écoute pas mal le dernier album de Smashing Pumpkins, également le nouvel album de l’équivalent suédois de Bruce Springsteen, un chanteur rock qui chante en suédois, la semaine dernière je n’ai quasiment écouté que Morbid Angel…

Chris : Mais je sais quel est ton groupe préféré...

Robban : Ah oui ?

Chris : Kiss

Robban : Ah oui, Kiss, c’est vrai.

Thobbe : J’aime plutôt le heavy, j’ai grandi avec Judas Priest, Iron Maiden, Kiss, Gun n' Roses… Yngwie Malmsteen est mon guitariste préféré. J’aime aussi Slash, tous ces guitaristes-là.

Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ? Et tant qu’on y est, quel est le pire moment de ta carrière ?

Joakim : J’ai beaucoup de très bons souvenirs, beaucoup de mauvais souvenirs aussi. Le problème est le suivant : desquels suis-je en mesure de te parler vraiment (RIRES).
Les pires souvenirs, c’est toujours le moment où je dois monter sur scène malade…Tu sais j’adore monter sur scène et 95% du temps j’adore ça, je profite de chaque seconde passée sur scène. Je m’éclate à 100%, c’est du pur plaisir. Le problème, c’est quand tu es vraiment malade, je déteste réellement ça, quand derrière la scène tu es obligé d’avoir un sceau à vomi et que durant les solos de guitare, les gens croient que t’es juste parti boire un peu d’eau alors qu’en fait tu pars gerber.

Pour moi, c’est pire que l’enfer ; je ne supporte pas l’idée que la scène soit liée à des souvenirs de moi malade. Mais d’un autre coté, si je ne peux pas aller sur scène, si je ne peux pas le faire du tout, je le ferais peu importe les conséquences. Bien sûr ça peut aggraver mon état (en parlant d’un état maladif), mais il y a des milliers de gens qui s’organisent des voyages, réservent des hôtels prennent du temps sur leur travail etc., donc c’est un peu merdique si le chanteur arrive et dit « Désolé je me sens pas bien je ne chanterais pas » (il montre là encore son majeur, comprendre que les gens se sont fait entubés en venant) Voilà mes pires souvenirs : des intoxications alimentaires, ou d’autres maladies qui m’empêchent de jouer correctement.

Le meilleur souvenir… Je pense que je peux dire que c’était au Graspop Metal Meeting en 2008, une expérience de dingue. C’était notre premier concert sur la scène principale, on avait déjà joué là-bas (en 2007), mais cette fois-ci la grande scène était pour nous, avec une foule immense, dans un festival européen important. Il y avait au moins 35 000 ou 40 000 personnes qui nous regardaient jouer. Donc oui, c’est un souvenir important, le fait que des gens soient vraiment venus pour nous voir.

Mieux que faire la première partie d’Iron Maiden ?

Joakim : Oui, parce que, bien sûr qu’à ce moment-là, jouer avant Maiden c’était vraiment cool, je pense que Chris aurait aimé être là (RIRES).

Chris : Ca ouais !

Joakim : Mais les gens n’avaient pas le choix tu vois, ils étaient venus voir Iron Maiden de toute manière, et du coup ils étaient un peu forcés de nous voir jouer. C’était en Suède, les gens nous connaissaient et ont surement aimé le concert oui, et pour nous aussi c’était vraiment bien, mais au Graspop, on savait que les gens étaient vraiment venus pour nous, parce que s’ils n’avaient pas voulu nous voir, ils seraient allés devant les autres scènes, ils seraient allés faire n’importe quoi d’autre, donc les 35 000 personnes qui étaient là ont vraiment choisi de venir assister à notre show !

Merci beaucoup d’être venus.

Vous avez été nombreux à poser vos questions sur le forum de Sabaton French Division, malheureusement elles n’ont pu toutes être posées par manque de temps, croyez bien que si j’avais pu, j’aurais passer la journée à les questionner.

Bonus (à la sortie du concert) : Recherchez-vous toujours un nouveau claviériste ?

Pär : Non pas actuellement, c’est impossible en pleine tournée. Et puis nous sommes satisfaits du rendu actuel. Qu’en penses-tu ?

Et bien pour être franc je trouve que ça manque quand même sur scène, son absence se fait entendre.

Pär : Ha oui ? Ce n’est pas ce que nous ressentons. Nous pensons que c’est bien comme ça (clavier sous forme digitale durant les concerts). Nous allons finir ainsi et puis voir par la suite ce qu’on fait…
 
 
 
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