Tribulation – Where The Gloom Becomes Sound

Pour les amateurs de Tribulation, Where the Gloom Becomes Sound, cinquième opus du combo suédois aura forcément une saveur particulière. Et pour cause, il s'agit du dernier album sur lequel apparaît Jonathan Hultén, co-compositeur et membre clé de la formation à la fois sur scène et en studio, puisque ce dernier a annoncé son départ du groupe à l'automne dernier pour se consacrer à sa carrière solo. Pourtant, la qualité de ce cinquième disque est là pour permettre de se consoler, bien que le quatuor suédois évolue en terrain connu.

Au fur et à mesure de sa carrière, Tribulation a adouci son propos, depuis le death bestial et primitif qui s'exprimait sur The Horror, vers une musique et une image gothique très travaillée atteignant son paroxysme sur The Children of the Night et Down Below. Where the Gloom Becomes Sound ne diffère pas de ses prédécesseurs directs, la formule musicale trouvée par le quatuor lui permettant à la fois de se démarquer au sein de la scène metal, mais également de récolter un succès amplement mérité. Cela se vérifie dès le titre d'ouverture "In Remembrance", relativement classique pour Tribulation, où s'entremêlent la voix black/death de Johannes Andersson avec des lignes de guitares héritées des années 70.


La grande force de Tribulation depuis son deuxième album, The Formulas of Death, c'est de proposer avec habileté et subtilité des refrains et des thèmes musicaux qui restent en tête, tout en s'apparentant encore au metal extrême à travers la voix du bassiste / chanteur. Sur Where The Gloom Becomes Sound, c'est une fois de plus le cas et il y a fort à parier qu'au bout de quelques écoutes à peine, l'auditeur se surprenne à fredonner les airs de "Hour of the Wolf", "Funeral Pyre" ou encore "Leviathan" (il n'est d'ailleurs guère surprenant que ces compositions aient été choisies comme singles). Pourtant, c'est vers les titres les moins immédiats que Tribulation suscite beaucoup d'intérêt et d'attente, comme "Dirge of a Dying Soul" à l'ambiance doom où le lead de guitare emporte l'auditeur dans une danse mortuaire, ou encore le très bel interlude au piano "Lethe" à l'ambiance fantomatique.
 

Bien sûr, les habitués du groupe ne seront plus surpris par la formule que maîtrise à la perfection Tribulation : on retrouve l'orgue hammond toujours régulièrement présent ou les twin guitar d'Adam Zaars et Jonathan Hultén ("Daughter of the Djinn" à 4:27 ou de "Elementals" à 2:19) qui auraient eu toute leur place sur The Children of the Night ou Down Below, et rappellent que le duo était décidément d'une cohésion impressionnante. Mais la qualité des titres (à commencer par l'oriental "Inanna" qui fait songer à "Randa" sur The Formulas of Death) ne peut que séduire à la fois l'amateur du groupe comme le néophyte qui découvrira alors une formation à l'esthétique et l'univers qui lui est propre ("Daughter of the Djinn", "Inanna", "Dirge of a Dying Soul").

Les choix de production rappellent également les deux albums précédents, à travers un son à mille lieux des albums surproduits, d'une cohésion et d'une chaleur (en dépit de l'ambiance funéraire qui émane de l'oeuvre et qui est illustrée par l'expression figée de la statue présente sur l'artwork) encore trop rare.

Where The Gloom Becomes Sounds est une belle oeuvre, souffrant parfois de la comparaison avec ses prédécesseurs, mais qui confirme le talent de cette formation, aujourd'hui amputée de l'un de ses membres fondateurs et compositeurs principaux. On espère que les Suédois parviendront à se relever de ce coup dur tant leur musique est unique dans la scène metal actuelle.

Tracklist :

In Remembrance
Hour of the Wolf
Leviathans
Dirge of a Dying Soul
Lethe
Daughters of the Djinn
Elementals
Inanna
Funeral Pyre
The Wilderness

Sortie prévue le 29 janvier chez Century Media
Photographie : 
Ester Segarra

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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