Marilyn Manson accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes

Le chanteur américain de 52 ans est notamment accusé de sévices et de viol par son ex petite-amie, l’actrice Evan Rachel Wood. Il a nié l’ensemble des faits.

Agressions sexuelles, torture, viols, manipulation psychologique, suivis de chantage : l’actrice Evan Rachel Wood avait déjà révélé en 2016 avoir été victime d’abus de la part de l’un de ses ex partenaires. Dans un post publié sur son compte Instagram lundi 1er février, elle affirme désormais qu’il s’agissait du chanteur Marilyn Manson, dont elle a partagé la vie jusqu’en 2010.

Elle avait notamment partagé un témoignage glaçant devant le Congrès américain en 2018, expliquant que ces maltraitances physiques et psychologiques, qui s’étaient étalées sur plusieurs années, avaient conduit à un syndrome de stress post-traumatique. Elle racontait aussi qu’elle s’était enfuie à plusieurs reprises, mais que son agresseur la menaçait de se suicider pour la faire revenir.

Si à l’époque ses accusations n’étaient pas nominatives, elle affirme aujourd’hui que « le nom de mon agresseur est Brian Warner, connu par le monde entier sous le nom de Marilyn Manson. Il a commencé par gagner ma confiance quand j’étais adolescente et m’a maltraitée durant des années ». Dans son post, elle déclare que le chanteur l’a « manipulée psychologiquement » quand elle avait moins de vingt ans, et lui a fait subir « d’horribles abus durant des années. » Si elle donne son nom aujourd’hui, explique-t-elle, c’est pour « dénoncer cet homme dangereux et les nombreuses industries qui l’ont laissé faire, avant qu’il ne ruine d’autres vies. Je suis aux côtés des nombreuses victimes qui ne seront plus silencieuses. »

Suite au message de l’actrice, au moins trois femmes affirmant avoir eu une relation sentimentale avec Brian Warner, dont une ancienne assistante et une mannequin, ont à leur tout publié des dénonciations semblables, faisant toutes état de manipulation psychologique, de torture, d’agressions sexuelles, et, pour l’une d’entre elles, de viols. Les messages ont été relayés par Vanity Fair ici,dans un article qui revient sur toute l’affaire.

Le chanteur et ses représentants n’ont pas immédiatement donné suite à ces accusations. Mais le lendemain, le chanteur s’est brièvement exprimé, lui aussi sur Instagram, pour démentir catégoriquement. Il affirme que si sa vie et son art ont toujours été sujets à controverses, ses relations sentimentales ont toujours été entièrement consenties.

Manson avait déjà été questionné par Metal Hammer  fin 2020 sur ce sujet après que Evan Rachel Wood s’était exprimée devant le Congrès – le nom de Marilyn Manson avait alors été évoqué comme son possible agresseur – et avait brutalement mis fin à l’interview, avant que ses représentants n’envoient un long communiqué où il niait toute forme d’agression. Déjà accusé d’agression sexuelle par le passé, dont une plainte auprès de la police en 2018 pour des faits datant de 2011, le chanteur avait, par l’intermédiaire de ses représentants, là aussi nié en bloc et les charges avaient été abandonnées faute de preuves. Plusieurs médias ont par ailleurs rappelé qu’ironiquement l’ancien bassiste de Manson, Twiggy Ramirez, avait été viré du groupe parce que son ex-femme l’accusait de viol.

 Avant même que Manson s’exprime sur les accusations d’Evan Rachel Wood, sa maison de disque, Loma Vista, avait déjà annoncé le jour même des témoiganges qu’elle cessait de promouvoir son dernier album, We Are Chaos, et qu’elle ne travaillerait plus avec lui. L’artiste devait aussi apparaître dans la série horrifique Creepshow, et la chaine diffusant le programme, AMC Network, a là encore déclaré qu’elle ne diffuserait pas les passages impliquant le Révérend, tout comme Starz, diffuseur de l’émission American Gods dans laquelle devait apparaître l’artiste.

Brian Warner n’est actuellement pas poursuivi pour les accusations intervenues cette semaine, mais la sénatrice californienne Susan Rubio a demandé une enquête à l’encontre de l’artiste suite aux déclarations de plusieurs femmes. Fait étonnant, sa demande a eu lieu le 21 janvier, soit bien avant la publication de Wood et les témoignages qui ont suivis. La sénatrice et son équipe refusent de dire comment elles ont été mises au courant de ces allégations, mais la lettre envoyée au FBI mentionne plusieurs victimes, et part du principe que certains des faits supposés se sont déroulés en Californie pour demander l’ouverture d’une enquête. Pour l’heure, ni le FBI ni le procureur n’ont confirmé si des poursuites allaient être engagées.

Ces accusations interviennent alors que le mouvement MeToo a gagné le monde de la musique ces derniers mois : plusieurs musiciens, dans le monde du rock et ailleurs, ont été visés par des témoignages et des plaintes, et plusieurs artistes et dirigeants de labels ont dû quitter leur poste suite à des agressions avérées. En France, le mouvement MusicToo a été lancé pour recueillir les témoignages de victimes d’agressions dans l’industrie de la musique.



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