Bonfire – Don’t Touch The Light

Retour en 1986 avec l’explosion du glam metal et la sortie du premier album de Bonfire. L’opus Don’t Touch The Light symbolise, parmi d’autres, une ère créative dans le style sans précèdent. Cette année-là, Europe sortait The Final Countdown, Alice Cooper son Constrictor et W.A.S.P. l’excellent Inside The Electric Circus pour ne citer qu’eux ! Retour sur un chef-d’oeuvre calibré pour le succès.

Il semble utile de faire un rapide tour d’horizon des membres de l’époque, et uniquement pour cet album, car la formation change rapidement de line-up par le suite. Pendant l’enregistrement de Don’t Touch The Light, sont donc présents, Hans Ziller et Horst Maier aux guitares électriques, Claus Lessmann au chant, Joerg Deisinger à la guitare basse et Dominik Hülshorst à la batterie remplacé en cours de route par Ken Mary.

Ce coffre au trésors qu’est Don’t Touch The Light résonne aujourd’hui comme une pépite à travers les âges. Le rythme hard rock basique ponctué de riffs de guitare électrique largement mis en avant sur un fond de reverb presque excessif, c’est la recette de ce bon glam des années 80. La fraicheur du morceau « Starin’Eyes » donne le ton et ouvre un album riche en émotions. Les sonorités proches de Scorpions donnent à Bonfire une empreinte particulière et la couleur du chant donné par Claus Lessmann est surprenante de ressemblance, notamment avec le titre « You Make Me Feel » qui semble sortir tout droit de « Love At First Sting » sorti deux ans plus tôt et composé presque intégralement par Klaus Meine, chanteur de Scorpions.

Lorsque certains titres sonnent langoureux et calmes, d’autres affichent un côté hard rock puissant à la limite du heavy agressif. Et plus précisément avec la composition « Hot To Rock » où l’on jurerait entendre un cri d’Udo Dirkschneider (chanteur d’Accept de 1979 à 1984) en introduction, ce qui est bluffant. Cette attaque heavy reviendra plusieurs fois dans l’album mais aussi cette vélocité énergisante. Les refrains accompagnés de chœurs amplifient cet effet dévastateur d’un titre pourtant très accessible. Et les similitudes avec Accept ressortent aussi avec le titre éponyme qu’est « Don’t Touch The Light ». En effet, le riff principal rappelle curieusement les compositions de Balls To The Wall paru quant à lui trois ans plus tôt. Les solos sont aussi très pêchus et incisifs, qui plus est avec l’excellent « SDI ». Cette piste puissante et lente qui retentit comme un hymne à la Manowar transcende totalement l’auditeur.

C’est un album très court (37 min 56 sec) et pourtant très intense. Il condense neuf morceaux sur un rythme soutenu et survole largement les classiques du hard rock jusqu’au heavy metal naissant des années 80. Il est littéralement bourré de mélodies accrocheuses, tel « Longing For You » qui reste inlassablement en tête. Ce titre mélodique au refrain mémorable arbore un chant surexposé et soutenu par ces chœurs très appréciables. Cela sonne au fond parfois très pop, tout comme « No More » et ses notes de guitare en son clair qui spatialise la composition et lui donne une légèreté tellement agréable. Beaucoup d’émotions surgissent à l’écoute de ces titres et les solos de guitare les subliment invariablement. La renaissance du genre avec la mouvance NWOTHM* donne à ces compositions une valeur intemporelle, et l’album se conclue dans le plus pur style glam tel qu’il a commencé. La chanson « L.A. » clot magnifiquement le début d’une histoire qui perdure encore aujourd’hui pour Bonfire.

Don’t Touch The Light est un best of à lui seul du meilleur glam metal de l’année 1986 et au-delà. Il est une œuvre importante dans l’histoire du groupe, non seulement parce qu’il en est la première mais aussi et surtout parce qu’il est incroyablement bien construit. Bien qu’il rencontra un succès tardif, cet opus est aujourd’hui incontournable pour tout fan de hard rock mélodique et glam metal qui se respecte. 

*New Wave Of Traditionnal Heavy Metal

Tracklist : 

1 – Intro
2 – Starin’Eyes
3 – Hot to rock
4 – You make me feel
5 – Longing for you
6 – Don’t touch the light
7 – SDI
8 – No more
9 – L.A.

Sorti en 1986 chez RCA Records

NOTE DE L'AUTEUR : 10 / 10



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