Epica – Omega

Parmi les trois grands représentants du metal symphonique à chant féminin, Epica est indéniablement celui qui s’en sort le mieux sur la durée. Nightwish est impacté par d’incessants changements de line-up et la qualité de ses derniers albums reste somme toute assez inégale (rappelez-vous Endless Forms Most Beautiful) et Within Temptation s’égare dans des sonorités electro-pop qui n’atteignent pas l’inventivité et l’émotion de ses premiers pas discographiques. Pour Epica, si l’on met de côté Requiem for the Indifferent, la discographie des Hollandais est tout de même très solide. Omega, leur huitième album ne déroge pas à la règle et se place sans contestation aux côtés des albums les plus réussis du groupe.

Bien sûr, avec les Bataves, on sait à l’avance ce que l’on va trouver. De grosses orchestrations (« Alpha – Anteludium », « Abyss of Time – Countdown to Singularity »), des titres épiques et progressifs (l’excellent « Kindgom of Heaven Pt3 – The Antediluvian Universe ») des choeurs à foisons (« The Skeleton Key », « Freedom – The Wolves Within ») et la dichotomie entre la très belle voix de Simone Simons et celle growlée du leader Mark Jansen (à peu près tous les titres). Et pourtant, malgré ces repères et cette signature sonore, Omega dégage une ambiance qui donne particulièrement envie d’y revenir.

En dépit de la densité et la complexité des titres, particularité commune à chaque album du sextette, les mélodies vocales se retiennent assez rapidement (« Gaia », la très belle ballade « Rivers », le refrain de « Code of Life », le couplet de « Twilight Reveries – The Hypnagogic State »). L’utilisation des choeurs rappelle également le travail récemment réalisé par Dimmu Borgir sur Eonian (on soupçonne d’ailleurs les Hollandais de s’être inspirés des Norvégiens sur les lignes de « Freedom – The Wolves Within », qui rappellent fortement celles de « Interdimensional Summit »). Les ambiances parfois moyen-orientales qui teintent les compositions sont très bien intégrées à l’ensemble comme sur l’introduction de « Code of Life » ou « Seal of Solomon ».

C’est simple, sur cet album, tout est maîtrisé et aucun membre du groupe ne se démarque particulièrement, l’ensemble semblant clairement résulter d’un travail collégial (chaque musicien a participé à l’écriture) amenant une belle cohérence. Bien sûr, les soli d’Isaac Delahaye et de Mark Jansen sont particulièrement marquants (« Twilight Reveries », « Seal of Solomon »), la voix de Simone est toujours si expressive (le refrain de « Code of Life », « Rivers », l’inquiétant passage à 9:30 sur « Kingdom of Heaven Pt3 ») et le growl de Mark est bien plus maîtrisé qu’aux débuts du groupe.

La pièce maîtresse de l’album réside dans la troisième partie de « Kingdom of Heaven », triptyque débuté sur Design Your Universe. Ce titre condense à lui seul le talent de la formation en treize minutes (ce pont baroque au piano par Cohen Janssen à 6:10 est un vrai régal, tout comme le passage inquiétant à 9:30 sur lequel la voix de Simone se fait lugubre) et peut sans doute rivaliser avec les meilleures pièces de la formation batave.

Tout n’est évidemment pas parfait sur ce huitième opus et l’on peut regretter la présence de certains titres un peu moins marquants, parmi lesquels « Synergize – Magic Manifest » ou « Omega – Sovereign of the Sun Spheres ». De même, « Freedom – The Wolves Within » est clairement écrit dans l’optique d’un single un peu facile, à la manière d’un « Never Enough » (The Divine Conspiracy) ou « Unleashed » (Design Your Universe) en leur temps. Nul doute qu’avec son refrain efficace il convaincra néanmoins les foules en live lors des dates en festival (lorsque les choses seront de retour à la normale).

Avec ces douze titres pour 1h10 de musique, Epica propose un album dense, comme à son habitude, mais d’une grande richesse et dans la lignée de ses meilleurs efforts studios comme The Divine Conspiracy, Design Your Universe ou The Quantum Enigma. De quoi affirmer une fois de plus son excellente réputation en somme.

Tracklist :

Alpha – Anteludium
Abyss of Time – Countdown to Singularity
The Skeleton Key
Seal of Solomon
Gaia
Code of Life
Freedom – The Wolves Within
Kingdom of Heaven pt 3 – The Antediluvian Universe
Rivers
Synergize – Manic Manifest
Twilight Reverie – The Hypnagogic State
Omega – Sovereign of the Sun Spheres

Sortie prévue le 26 février 2021 chez Nuclear Blast
Photographie promotionnelle : DR

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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