Les Gros émergents du mois de mars 2021

Chaque mois, notre rédaction met à l’honneur quelques formations émergentes qui lui ont tapé dans l’œil (ou plutôt dans les oreilles). Nous espérons que cette mise en lumière permettra à des groupes passionnés et de qualité d’obtenir l’exposition qu’ils méritent, car ils sont la preuve de la richesse et la diversité de notre scène musciale. Bonnes découvertes !

 

Iotunn – Access All Worlds (metal progressif)

Sur le papier, la description est très intrigante et assez irréaliste, comme on les aime : Iotunn, jeune formation danoise de metal progressif, fondée il y a cinq ans par deux frères guitaristes et un batteur, n’a complété son line-up que récemment, avec l’arrivée d’un de leurs compatriotes à la basse, et d’un vocaliste originaire des îles Féroé ; pour son premier album studio, Access All Worlds, enregistré en Suède avec Fredrik Nordström qui a déjà travaillé avec In Flames ou At the Gates, le quintette a signé avec le label d’envergure Metal Blade Records. Voilà de quoi éveiller la curiosité sur ce qui semble avoir rapidement propulsé ces débutants dans la cour des grands… départ pour un voyage cosmique à la découverte d’un opus aventureux, complètement dépaysant, et construit de façon admirable. 

Access All Worlds raconte le voyage d’un groupe d’humains vagabondant dans l’espace, allégorie de toute quête existentielle, illustrée musicalement par des passages atmosphériques mais aussi par la férocité des accélérations, montées en puissance et mélodies qu’offre Iotunn à coups de riffs intenses, de belles lignes de basse, et de rythmique galopante. On assiste à une superbe démonstration technique de la part du groupe, mettant en avant des arrangements habiles et un jeu permanent avec les transitions, véritable superpouvoir du collectif danois qui impose une impression de fluidité dans sa navigation entre de multiples styles, genres et univers, au sein même des sept titres longs que compte l’album. Il est difficile de contenir ce voyage à un genre ou une appellation particulière, tellement l’ensemble semble cohérent, évocateur et contemplatif.  Sans jamais se répéter, les musiciens se promènent à travers des touches aériennes, cosmiques, et des paysages plus costauds de death puissant, mélodique, symphonique, blackisant parfois, sans que rien ne dénote.

Le chant de Jón Aldará (également vocaliste du groupe de doom Hamferð), brille dans tout l’album, tantôt dans les growls death, tantôt au chant clair épique, puissant, théâtral sans jamais en faire trop, portant une charge narrative toujours juste. Ses envolées intenses permettent à la fois de tenir le lead mais aussi de faire la synthèse entre les différents univers qui s’entremêlent. À l’aise dans différents registres, le vocaliste se démarque, mais on peut dire de même du groupe tout entier qui réussit à imposer sa force et une maîtrise technique pour un rendu maîtrisé, galopant et doux à la fois, complètement prenant. La force émotionnelle est indéniable dans des titres comme le single « The Tower of Cosmic Nihility », jusqu’à l’épopée finale magistrale, « Safe Across the Endless Night ». C’est une véritable invitation au voyage, spatial ou intérieur, que propose Iotunn qui réalise dès son coup d’essai un album mémorable, à l’identité unique, armé pour accrocher les amateurs de genres très larges prêts à ouvrir leurs horizons pour une expérience cosmique. 

Bandcamp / Facebook 

Chronique de juliel

Mirizøn – Shrinking Violet (metal alternatif)


Formé à Nantes en 2019, Mirizøn nous propose avec Shrinking Violet onze titres de metal alternatif au rythme intense. Fait notable, le quintet possède en plus du starter pack classique (guitare/basse/batterie) un violoniste, une vraie valeur ajoutée qui ajoute de l’intensité aux compositions.

La bande indique Gojira comme influence, et il est vrai que ce dernier se rappelle régulièrement à notre bon souvenir (« Requiem For An End ») mais la musique de Mirizøn se fait globalement plus accessible et frontale, et nous a fait plutôt penser à un groupe peu connu mais qui parlera aux adeptes, Incura, ou pour guider un plus grand nombre aux récentes évolutions d’Architects. Parfois dramatique (« Small War », « Eternal Disillusion ») ou plus frontal (« Nothing Left To see », à l’excellent final), la bande varie intelligemment son propos pour éviter de lasser l’auditeur. On sent un vrai souci du détail et des arrangements sur un morceau comme « Swans And Shadows », à la construction très intéressante et ou le violon se taille la part du lion le temps d’un très beau break.  

Seul défaut un peu rédhibitoire, un chant parfois non maitrisé dans les aigus (le refrain d' »Awareness », ouille). Mais ces écarts sont très rares et ne nous empêchent pas d’apprécier à sa jute valeur ce premier album, encore un peu brouillon mais qui nous laisse espérer de très belles choses pour l’avenir de la formation. Le groupe s’essaye au chant en français sur le final « A la cendre et la neige ». Et pourquoi pas sur un album entier ?

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Chronique de Axl-D

Zero Theorem – The Killing II (metal US)


Attention, petite sensation venue d’Outre-Atlantique. Zero Theorem risque fort dans les prochaines années de rejoindre ces groupes américains pratiquant un metal sous hormones et remplissent des arènes en quelques heures (coucou Five Finger Death Punch). The Killing II est un EP cinq titres, suite de The Killing… I paru quelques mois plus tôt, les deux pouvant être considérés comme un seul et même album de dix titres.

On sent que rien n’est laissé au hasard, ce qui est assez impressionnant pour un premier album. Grosse production, maîtrise vocale et technique, difficile de reprocher quoi que ce soit à Zero Theorem pour ces premières sorties, si ce n’est de ne pas être dans la recherche d’une originalité débordante en se contentant de réciter les codes du genre. Son metal US se teinte toutefois de touches indus’ du plus bel effet, collant parfaitement avec cette prod’ clinique à la Fear Factory.

Difficile de ne pas succomber à l’immédiateté de titres comme « Joke » ou « Swarm », au groove incendiaire, et de ne pas reconnaître le talent du groupe pour composer de manière ultra efficace. Les titres sont courts, que ce soit sur le volume I ou II, et c’est d’ailleurs là notre principale inquiétude : que le groupe se perde comme nombre de ses compatriotes à la « simple » recherche du hit immédiat, alors que nous aimerions par la suite le voir développer des formats plus longs et moins évidents. En tout cas, ces deux EP forment un ensemble plus que solide pour démarrer. Joli coup ! 

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Chronique de Axl-D



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