Chronique Orden Ogan : Final Days

Quatre ans après Gunmen, les Allemands reviennent avec un album attendu au tournant. Prévue initialement pour novembre 2020, la sortie d’Inferno a été repoussée à mars 2021 en raison du contexte sanitaire actuel. Suite au succès de son prédécesseur, on espère que ce nouvel opus sera dans cette même veine.

Après Ravenhead et son monde d’heroïc fantasy, puis Gunmen qui nous emmène du côté du Far-West américain, c’est vers la science-fiction, dans un registre plutôt sombre, qu’Orden Ogan nous transporte. De prime abord, les caractéristiques propres à la musique du groupe se font clairement entendre : c’est speed, mélodique avec des chœurs frisant le chant grégorien, tout ce qu’on aime dans un morceau d’Orden Ogan. Les riffs lourds et énergiques du premier titre « Heart Of The Android » donnent le ton. C’est catchy, entraînant, tout comme « Black Hole », ou  « In The Dawn Of The A.I. ».


Cette composition crée d’ailleurs la surprise : dans « In The Dawn Of The A.I. »,  les gros choeurs masculins laissent place à des effets sonores électroniques qui rappellent à merveille le thème de l’album. Ce morceau apporte un vent de nouveauté sans dénaturer le power mélodique du groupe. Avec les leads de guitare, les bons gros riffs et la voix de Sebastian Levermann prenant son envol sur une batterie effrénée, on reste dans un registre éminemment power metal. Mais Orden Ogan arrive à apporter la petite touche qui place la musique du groupe en-dehors des standards habituels. En effet, on adore les petits « pew pew » sortis tout droit de l’univers de Star Trek. Ces sonorités électroniques, qui peuvent vaguement faire penser à notre ancien PC Windows 95 tentant de récupérer la connexion, se répètent régulièrement pour donner un ensemble original tout en restant cohérent, sans entrer dans une cacophonie indigeste.

D’autres chansons sont plus classiques par rapport à ces prises de risques, telles que  » Let ‘s the Fire Rain » ou « Absolution For Our Final Days » . Ces pistes restent sur de beaux choeurs, des refrains power metal à souhait avec de jolies démonstrations techniques que l’on perçoit sur des soli rapides et parfaitement maîtrisés. 

Pour l’indispensable ballade, intitulée « Alone In The Dark « , le groupe tente une approche davantage lyrique avec la collaboration d’Ylva Eriksson (Brothers Of Metal) : lignes de chant soignées, voix féminine qui contrebalance avec la puissance et la vigueur du chant du frontman, rythme lent mais qui gagne en lourdeur et profondeur au fur et à mesure du morceau, ça fonctionne et ça s’écoute sans sourciller. En somme, une jolie performance qui fait plaisir aux oreilles.

On sort de cette accalmie pour revenir à un metal franc et direct avec « Inferno » et « Interstellar ». Incontestablement les morceaux-phares de cette nouvelle galette ! Les riffs sont plus brutaux, plus directs et ça pullule de passage speed et agressifs qui donnent de l’énergie à revendre ! Que ce soit le refrain d’ « Inferno » (« We gotta burn it down! we are the inferno ») qui sort de nos poumons à pleine puissance, comme si nous faisions partie d’un corps d’armée chantant à l’unisson, ou la rythmique de « Interstellar » véloce, sur un fond musical d’une ampleur sans pareille, les amateurs de musique incisive, accrocheuse, et qui tranche dans le vif y trouveront leur compte.

Avec Final Days, on alterne entre une ambiance plutôt sérieuse et solennelle, et un état d’esprit plus énervé, agressif. Malgré certaine lourdeurs des instruments par instant, le chant de Sebastian Levermann reste mélodique, ce qui apporte cette légèreté épique qui équilibre l’album, et ce malgré la longueur des pistes (quatre minutes et trente-et-une secondes pour la plus courte !). Les Allemands ont parfaitement exécuté la recette d’un opus franc et réussi avec leurs avalanches de riffs, les pointes d’électronique qui apportent de la fraicheur, et les guitares hargneuses combinées à un chant mélodique. Orden Ogan ne perd rien de sa verve tout en essayant d’évoluer, pour sortir de son registre habituel et du cliché du power metal : pour vivre des jours meilleurs, embarquez sans hésiter volontiers dans le vaisseau de Final Days

Orden Ogan, chronique, Final Days, nouvel album, 2021, AFM Records

Tracklist:
1.Heart Of The Android
2.In The Dawn Of The A.I.
3.Inferno
4.Let The Fire Rain
5.Interstellar
6.Alone In The Dark
7.Black Hole
8.Absolution For Our Final Days
9.Hollow
10.It Is Over

Orden Ogan  « Final Days » – sorti le 12 mars 2021 via AFM Records

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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