Ihsahn en live stream depuis Notodden (04/04/2021)

Qu’il est loin déjà le temps des derniers concerts en salle. Si de rares dates en jauges bien restreintes avaient pu survivre à la pandémie et rester programmées, pour l’essentiel depuis la mi mars 2020 c’est annulation ou report. Voire même re-report maintenant, à mesure que les tournées reportées en 2021 sont déjà nombreuses à avoir été reportés de nouveau l’année prochaine. Finalement, dans ce climat assez triste, pouvoir retrouver les artistes pour des sets en livestream, ça a du bon aussi. Surtout là, en salle s’il vous plaît, donc avec un minimum de conditions live. Pour tous ceux qui ont suivi les productions d’Ihsahn l’année dernière, c’est aussi le tout premier set consacré aux deux EPs.

 


Set 1 : Pharos

 

Ihsahn


On attaque le concert tout en douceur par « Losing Altitude » tiré de Pharos. On aurait pu imaginer que l’iconique maître à penser de la scène black aurait préféré attaquer d’emblée avec les riffs acérés de Telemark, mais non. Est-ce pour plutôt offrir une montée en puissance ? On verra, en tout cas, ce titre est très mélodique est un bon candidat pour constater qu’Ihsahn est bien en voix ce soir. La section instrumentale qui l’accompagne n’est pas en reste non plus, Øystein Landsverk restant particulièrement concentré sur ses parties de guitare. C’est doux, c’est agréable, et à la fin des applaudissements : oui, ce soir le show est en présence de spectateurs physiques, de vrais êtres humains en chair et en os, heureux rares élus qui ont pu obtenir une place pour le concert de ce soir dans la salle de Notodden. Certes, une vingtaine seulement, restrictions obligent, mais quand-même.

 

Ihsahn


Comme toujours réservé dans ses prises de paroles, Ihsahn adresse des remerciements à tous ceux qui ont choisi d’assister au concert spécial de ce soir, depuis la salle norvégienne comme en live stream. Il indique que le set de ce soir est très dynamique, “probablement le plus dynamique qu’il ait jamais fait”, avant d’annoncer la suite de Pharos avec le single “Spectre At The Feast” et ses belles orchestrations. Puis vient le magistral “Pharos” et ses refrains poignants et enfin “Roads”, la reprise de Portishead : si ce premier set est clairement placé sous le signe des mélodies et des émotions, petit à petit la tension et l’intensité montent tout de même.
 

Ihsahn


On sait que l’EP est bientôt fini, et alors que se termine cette première reprise, après un court solo de claviers une voix aiguë résonne : c’est Einar Solberg qui arrive pour “Manhattan Skyline”, la reprise de A-ha (oui oui). Après avoir passé les quatre premiers titres en position assise, Ihsahn et son compatriote à la guitare se lèvent enfin, pour ce titre de clôture de Pharos, un peu entâché par les premiers soucis de micro du set (on soupçonne également quelques errements de caméras, alors que des extraits du clip se retrouvent diffusés à divers moments). Sur ce titre, le plus iconique et le plus énergique de cet EP s’achève le set Pharos, alors qu’Ihsahn annonce enchaîner avec de l’expérimental.
 

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Set 2 : Das Seelenbrechen


Les connaisseurs seront d’accord : difficile de faire plus expérimental que Das Seelenbrechendans dans la carrière d’Ihsahn. Et en attaquant le set par le très âpre “Hiber”, Ihsahn met directement cet album à l’honneur et fait monter la température d’un net cran. Le titre très technique est bien exécuté, ses vocaux pour la première fois démoniaques et sa rythmique très énervée contrastent énormément avec le premier set. Histoire d’enfoncer le clou, c’est par « Tacit » que la formation continue le voyage dans l’univers dissonant de cet album, avec ses répétitions de nappes assénées sur cette rythmique endiablée : une expérience qu’on adorerait vivre en salle (debout et sans masque, comme avant) plutôt que devant un écran chez soi, mais bon, ne boudons pas notre plaisir.
 

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On redescend enfin d’un cran avec “Pulse”, son refrain mélodique (bien que triste et mélancolique) et ce solo assez épique. Et relativement vite après avoir démarré cette partie de set consacrée à Das Seelenbrechen, il est déjà temps de la conclure et de se lancer dans la troisième et dernière partie, autour de Telemark, le premier des deux EP sortis l’année dernière.

 

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Set 3 : Telemark

Contrairement à Pharos qui était interprété dans l’ordre, c’est en miroir que se présente Telemark, avec le “Rock ‘N’ Roll Is Dead” repris de Kravitz en attaque du segment. C’est très probablement le bout le plus funky de tout l’EP, et quelle efficacité en live ! Rien à redire, tout y est : ça groove, c’est dynamique et c’est agréable à voir sur scène. Seul bémol au final, lié à la configuration sur scène : pas de saxophoniste pour interpréter les parties de sax, ce sera donc joué sur bande. Øystein Aadland a abandonné ses claviers, bien peu présents sur cet EP brutal, pour gérer la basse sur cette dernière partie de set. Il est à l’aise sur le set, lui qui a à priori appris les morceaux sur le tard. Partis sur la lancée, les quatre enchaînent avec la reprise de Maiden, l’intemporel “Wrathchild”, tout en puissance, dont la version d’Ihsahn rend honneur au légendes de la Perfide Albion. Un classique !
 

Ihsahn


Enfin, pour la toute dernière partie, c’est le comté d’origine d’Ihsahn (mais aussi de Øystein Landsverk et de Tobias Ørnes) qui est à l’honneur. Place donc à “Stridig”, ses guitares acérées en introduction, son fill façon “Ace Of Spades”, son ambiance froide et ses vocaux en norvégien d’une violence crue. Le filtre noir et blanc appliqué sur l’image des caméras accentue encore plus le côté “racines norvégiennes” de cet EP.  Ça transpire l’énergie, et clairement, Ihsahn pourrait continuer à jouer ce titre par la suite tant il semble taillé pour le live.
 

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Naturellement, c’est “Nord” qui enchaîne pour nous conter la rigueur climatique des pays scandinaves, composante importante dans l’imagerie black metal. Avec là aussi une efficacité et une énergie dignes de ces titres destinés au live, et toujours avec ce grain old-school. Enfin, après un dernier changement de guitare pour s’emparer d’une belle sept cordes, “Telemark” débute avec sa noirceur et ses accords dissonants qui emmènent, petit à petit, les auditeurs (perdus) dans un voyage au sein des forêts majestueuses et des montagnes glaciales d’une des contrées parmi les moins hospitalières du pays nordique. Épique, puissant et intrépide avec ce long crescendo jusqu’à cette explosion en climax d’une intensité rare, « Telemark » est vraiment le clou du spectacle. Sans surprise, c’est une réussite totale en live, et le choix de la setlist avec cette montée en puissance jusqu’à ce titre est tout à fait pertinent.

 

Ihsahn

 

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Au final, on a passé presque 1h30 au pays des fjords pour le set de ce soir, sans châleur humaine mais garanti sans mal au cou ni bière sur le pantalon (quoique, ça dépend). Le choix de la setlist était très judicieux, permettant de bien laisser monter la pression au fur et à mesure que les titres joués étaient de plus en plus énervés pour finir en apothéose sur « Telemark », un des titres les plus intenses sinon le plus intense de toute la carrière d’Ihsahn. Avec peu de problèmes techniques, un son bien rendu et une captation live également réussie (bien que limitée en résolution, on aurait apprécié une captation 4K pour avoir une image encore plus propre en full HD), la solution de la diffusion en live streaming proposée par munin.live est satisfaisante. Une semaine plus tard, c’était Leprous qui se produisait sur cette même scène, l’occasion de retrouver le larron Solberg pour plus d’un titre cette fois. Avec Ihsahn sur « Contaminate Me » ? Oui

Set Pharos:

Losing Altitude
Spectre At The Feast
Pharos
Roads (Portishead cover)
Manhattan Skyline (A-ha cover)

Set Das Seelenbrechen:

Hiber
Tacit
Pulse

Set Telemark:

Rock ‘N’ Roll Is Dead (Lenny Kravitz cover)
Wrathchild (Iron Maiden cover)
Stridig
Nord
Telemark
 

Merci à Replica et Munin.live pour l’accréditation



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