Nephren-Ka – From Agony to Transcendence

Avec From Agony to Transcendence, les Auvergnats de Nephren-Ka reviennent en force asséner leur brutal death sans concession. Depuis la sortie de l’excellent La Grande Guerre de l’Epice en 2017, les choses ont bien changé pour le quatuor dont le line up a été bouleversé par le départ de Laurent Chambe (chant) et Thibault Gosselin (basse). Malgré cela, les deux membres fondateurs, Thibaud Pialoux (batterie) et Sébastien Briat (guitare) ont su rebondir et offrent un très bon quatrième album, à la hauteur de leurs ambitions.

From Agony to Transcendence démarre en force avec le brutal « L’Abomination », histoire de montrer que le combo en a encore sous le pied, à commencer par Thibaud Pialoux dont les coups de double-pédale et le blast n’ont rien à envier à ceux de John Longstrenth (Origin). Toujours inspiré par l’univers de Dune, comme l’attestent la très belle pochette réalisée par Stan W. Decker ainsi que les paroles, NephrenKa poursuit la démarche entamée avec son précédent album. Le groupe ose une fois de plus le chant en français sur plusieurs titres. L’occasion de faire connaissance avec Sylvain Bayle, nouveau vocaliste du combo, qui s’en sort à merveille. Tout comme son prédécesseur, il propose un growl profond et varié et ne dénature en rien l’identité de Nephren-Ka.

En effet, si le quatuor auvergnat a longtemps été comparé à Nile, Hate Eternal ou Origin (à juste titre, tant ses influences transparaissent encore parfois à l’écoute des neuf titres de l’album, notamment sur « Levenbrech Sardaukar »), on retrouve de plus en plus une palette sonore qui lui est propre. Sans concession, œuvrant dans la brutalité la plus primaire, Nephren-Ka trouve le juste équilibre entre la technique (à travers les plans en tapping et sweeping de « Sédition ») et l’énergie brute, à commencer par l’introduction d’ « Abu Dhur Le Père des Routes Indéfinies du Temps », sur laquelle on songe à Gorod. Autre motif de satisfaction, Nephren-Ka tente des choses nouvelles, comme cette très belle orchestration sur l’outro de « L’Agonie de l’Epice ». Là où nombre de formations de death metal auraient positionné ce passage en introduction de l’album, les Auvergnats surprennent par cette orchestration qui s’intègre parfaitement dans la tracklist.


 

Côté production, le combo œuvre dans le massif et puissant, tout en offrant une belle place dans le mix à Dimitri Boudon, nouveau bassiste de la formation. Ce dernier a également la possibilité de s’exprimer pleinement, comme sur le plan en tapping de « Sédition » (à 2:08), et le mixage le place largement en avant sur « Vision of the Secher Nbiw » ou sur « Sea of Sand » (à 1:10). Ce dernier titre est par ailleurs l’un des plus réussis du groupe, avec ses nombreuses cassures rythmiques et son riff orientalisant (à 1:10 et repris à 3:24). Une belle façon de conclure l’album.

From Agony to Transcendence se place finalement dans la droite lignée de La Grande Guerre de l’Epice, en proposant de nouvelles idées bien distillées, qui forgent la personnalité du groupe. En guise de bonus, les Auvergnats rendent hommage à Massacra, à travers la bonne reprise de « Gods of Hate ». Moins surprenante que la cover de Candlemass sur le précédent opus, l’exercice n’en reste pas moins réussi, à l’image de l’album. Si le brutal death n’a pas spécialement le vent en poupe dans notre pays, Nephren-Ka vient bouleverser cet état de fait, à l’image des tempêtes Coriolis qui soufflent à la surface d’Arrakis et ravagent tout sur leur passage.


Tracklist :

L’Abomination
Corioli Storm
L’Agonie de L’Epice
Sédition
Vision of the Secher Nbiw
Levenbrech Sardaukar
Conspiracy for the Fall of The Atreides and the Reclaim of the Golden Lion’s Throne
Abu Dhur le Père des Routes Indéfinies du Temps
Sea of Sand
Gods of Hate (Massacra Cover)

Sortie prévue le 25 juin 2021 chez Dolorem Records 
 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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