Rebel Priest – Lost In Tokyo (EP)

Après un premier EP intitulé Enabler en 2018, suivi de deux albums rugueux (Rebel Priest en 2018 et R’lyeh Heavy en 2019), voilà que le trio de Vancouver revient en force avec Lost In Tokyo, un petit EP de quatre titres qui sent bon l’huile de coude, le whisky frelaté et le gros son.

Véritables stakhanovistes du rock’n’roll et de la bringue, les p’tits gars de Rebel Priest comptent bien transformer l’essai de leurs disques précédents afin de prouver une bonne fois pour toutes que le groupe n’est pas là par hasard, puisqu’il a déjà partagé la scène avec des pointures comme Lordi, Udo, Diamond Head, Flotsam And Jetsam et bien d’autres. Cet EP Lost In Tokyo se pose donc comme un disque de transition dans la carrière de Rebel Priest dans la mesure où il compte s’en servir de carte de visite de luxe afin de viser plus haut et de s’ouvrir les portes des scènes du monde…

Vlan ! Dès les premières mesures de l’opener éponyme « Lost In Tokyo », on est tout de suite mis dans le bain : Rebel Priest n’est pas là pour faire de la dentelle mais bel et bien pour envoyer du lourd. Avec son riff entêtant et sa mélodie bien trouvée, le titre fait d’ores et déjà figure de hit taillé pour le live. Il faut dire que ce morceau qui relate une beuverie et le chaos qui s’en est suivi à Tokyo suite au passage du groupe en 2019 pour défendre R’lyeh Heavy a tout pour plaire : une rythmique incisive, un riff percutant et un refrain fédérateur. Et c’est avec cette recette-là que Rebel Priest a concocté le reste de l’EP ! En effet, loin de se perdre dans des structures à tiroirs et des atermoiements artistiques, le trio a opté pour du straight in your face avec des compositions qui tapent là où ça fait mal (« Black Alley Blues », « Vulgar Romance », …). Ici, on n’invente pas la poudre… on se contente seulement de la faire parler !
 


Piochant allègrement dans des influences comme Mötorhead, Rose Tattoo ou même Turbonegro, Rebel Priest distille un gros rock’n’roll énervé minimaliste mais toujours bien ficelé. Ainsi, même si les morceaux sont cousus de fil blanc (avec d’épaisses cordes d’amarrage) et que les structures sont très basiques, le trio a su y insuffler énormément d’énergie et de mélodies bien trouvées. De ce fait, chaque composition est quasiment imparable et invite l’auditeur à secouer frénétiquement la tête et taper du pied (« Lost In Tokyo », « Vulgar Romance », …). Certes, les influences de Rebel Priest suent par toutes les pores des  compositions des p’tit gars de Vancouver, mais le groupe a su les reprendre à son compte pour parfaitement les digérer (c’est le cas de la reprise « When The Whip Comes Down » des Slash Puppet, par exemple) . Qui plus est, la production de cet EP mise en boîte par Rene D La Muerte prend le par(t)i de mettre en avant un côté live très prégnant, ce qui permet de rajouter à l’ensemble un soupçon de hargne qui fait plaisir à entendre… en mettant les potards à fond !

Au final, même s’il n’a que 4 titres au compteur, force est de constater que Lost In Tokyo est un EP enlevé qui fait mouche à tous les coups. Évidemment, Rebel Priest enfonce des portes déjà bien ouvertes par de nombreux autres groupes avec son rock’n’roll heavy accrocheur mais il faut bien avouer qu’on se laisse vite prendre au jeu de cette musique sans prise de tête et ô combien remarquablement ficelée. Tous les titres restent ancrés bien profond dans le cervelet si bien qu’il est difficile de s’en détacher. Bien joué, les Rebel Priest !

Tracklist :

01. Lost In Tokyo
02. Black Alley Blues
03. Vulgar Romance
04. When The Whip Comes Down

Sortie le 13 août 2021 chez Batcave Records

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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