Auri – Those We Don’t Speak Of

Ils ont mis sept ans pour faire un premier album sobrement intitulé Auri et voilà que le groupe de Tuomas Holopainen, Troy Donockley et Johanna Kurkela sort le 3 septembre 2021 un nouvel opus nommé Auri II : Those We Don’t Speak Of. Après un premier effort auréolé de succès, les trois compères qui se connaissent plus que bien remettent donc le couvert pour dix morceaux toujours dans cet univers atmosphérique, folk, celtique en passant par le prog. Embarquez de suite pour un voyage musical rempli d’images.

Cet album est en effet constitué de compositions faites pour illustrer un film ou une aventure à travers la lande. Les influences celtiques sont extrêmement présentes grâce à un Troy Donockley touche à tout qui va réellement imposer sa patte musicale avec ses instruments fétiches comme les uilleann pipes (sorte de cornemuse irlandaise mais au son beaucoup plus mélodieux), de ses flûtes ou même d’instruments qui sortent un peu de l’ordinaire (ce qu’il fait à la fois au sein d’Auri et de Nightwish). On sent en effet que le groupe a voulu être libre de toute contrainte et n’hésite pas à lorgner du côté du rock progressif scandinave avec « The Duty of Dust » qui comporte un Fender Rhodes qui rappellera les ballades de Pain of Salvation ou Opeth mais également chose encore plus rare, un mellotron qui remplace les cordes si chères aux orchestrations de Tuomas Holopainen.

La patte progressive du multi-instrumentiste traverse l’album avec quelques œuvres plus longues et plus complexes comme notamment l’instrumental de haut niveau « Light and Flood » qui, en six minutes fait passer l’auditeur d’un duo piano violoncelle intense à un voyage pour voguer vers des terres celtiques, en incluant même des chœurs en latin. On est dans le domaine du sacré et de l’épique. Autre morceau de bravoure plus accessible : « Pearl Diving » qui est très rythmé et s’aventure lui aussi en Irlande. Il ne manquera pas de rappeler certaines ambiances à la Mike Oldfield notamment avec le solo à la guitare électrique sur le pont instrumental du milieu.

Autour de ces trois morceaux gravitent d’autres titres plus calmes, très atmosphériques avec chacun leur identité tout en reprenant le côté posé et aérien : on pense de suite aux références au Moyen Age avec « It Takes Me Places » et « The Valley » même si ce dernier lorgne vers la jig irlandaise. Que dire de « The Long Walk » véritable earworm avec ses parties répétitives qui évoquent les incantations des Indiens d’Amérique et bien sûr « The Firebard Song » qui, comme son nom l’indique va amener l’auditeur auprès du feu avec les trois musiciens pour être ensuite rejoint par un groupe irlandais.

Auri, Nightwish, Tuomas Holopainen, Troy Donockley, Johanna Kurkela

La connivence et la cohésion des membres du groupe se ressentent vraiment dans les compositions mais c’est clairement la voix qui prend toute sa dimension et notamment celle de Johanna qui sert de fil rouge sur tout l’album. Extrêmement mise en avant, elle a l’occasion de s’exprimer lors de passages piano / voix d’une douceur très agréable. Troy, quant à lui, a plus un rôle en arrière plan même si son intervention grave et surprenante dans « The Duty of Dust »  apporte plus de corps et d’ampleur à la composition. Inutile de rajouter que la production rend hommage à l’aspect vocal tout en laissant respirer le reste des instruments. Comme pour contrebalancer son travail sur Nightwish, c’est Tuomas qui est en retrait et qui se contente souvent de poser des pads au clavier pour instaurer une ambiance particulière.

On aurait aimé que les interventions de Kai Haito à la batterie soient plus mises en avant et plus présentes mais on pourra se consoler avec le travail remarquable qu’il a fait sur Human :||: Nature. Il faut se dire aussi que la musique d’Auri est propice au recueillement et n’a pas foncièrement besoin de beaucoup de fioritures.

Auri, Nightwish, Tuomas Holopainen, Troy Donockley, Johanna Kurkela

C’est donc un deuxième album réussi qui arrive à susciter l’intérêt et la curiosité de l’auditeur et qui n’est, en aucun cas, un pâle reflet du premier opus. Avec deux membres du groupe évoluant au sein de Nightwish (trois si l’on compte l’invité Kai Haito) et sachant que Tuomas et Johanna sont mariés, on aurait pu craindre d’avoir quelque chose d’attendu tant les trois compères se connaissent bien musicalement. Mais non, la première écoute offre de réelles surprises plaisantes et donne envie de remettre le disque pour aller chercher les autres petits détails. On a hâte maintenant de voir comment le groupe va pouvoir transformer l’atmosphère si particulière des deux albums en live puisque c’est sa volonté depuis la création d’Auri.

Sortie le 3 septembre 2021 sur le label Nuclear Blast

Tracklist
01. Those We Don’t Speak Of
02. The Valley
03. The Duty Of Dust
04. Pearl Diving
05. Kiss The Mountain
06. Light And Flood
07. It Takes Me Places
08. The Long Walk
09. Scattered To The Four Winds
10. Fireside Bard

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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