Xtreme Fest Arena 2021 01/08/2021 – Jour 2


Après une première journée placée sous le signe des retrouvailles scéniques et de la bonne musique qui défouraille sévère, c’est le mauvais temps qui s’est invité pour ce second jour. Qu’importe ! Les festivaliers sont bien présents pour en prendre une second couche et profitent même des passages pluvieux pour se rafraîchir avant de (re)plonger dans l’arène suintante de La Maison de la Musique ! Allez, Zguen on ! (Zguen =  cool pour ceux qui n’ont pas pris tarnais en seconde langue …)

 

XTREME FEST JOUR 2

GET REAL
 


Aujourd’hui, le temps n’est pas au beau fixe et pour tout dire la météo est exécrable. C’est bien simple : on se croirait en novembre et on n’est pas loin de mettre nos bottes et nos cirés. Autant dire que l’ouverture de La Maison De La Musique pour accueillir le concert de Get Real tombe à point nommé, histoire de se réchauffer un peu. C’est donc à 18h que les hostilités commencent et que le groupe tarnais va envoyer son hardcore à l’ancienne qui tape là où ça fait mal.

Malgré un parterre encore très clairsemé, le chanteur Polo (ex Billy Hornett) et sa bande décident de partir tambour battant sur un gros « Keep Your Rightside » des familles. Le son est lourd et alterne parties enlevées et passages lourds qui permettent au public de se la donner dans le pit. Car mine de rien et suite aux injonctions du hurleur en chef, Get Real arrive petit-à-petit à rameuter des festivaliers dans son sillage et même à lancer des circle pits !  C’est assez déstabilisant d’entendre Polo se frotter au hardcore (on l’a surtout vu au sein de formations rockab’) mais le bougre s’en tire à merveille avec un chant hurlé et une présence scénique indéniable.
 

Get Real


Et même si l’ambiance n’est pas encore celle des grands soirs, les Tarnais jouent le jeu et se donnent à fond sur les planches en enchaînant des brûlots certes plutôt conventionnels, mais d’une redoutable efficacité (« Till The End », « Blood On The Floor », « Mercenary Of Violence », …). Petite cerise sur le gâteau, Get Real jouera un morceau intitulé « Xtreme Fest » afin de remercier les organisateurs du festival d’avoir su mettre en place un tel évènement dans la situation sanitaire actuelle. Inutile de dire qu’ »Xtreme Fest » est un morceau zguen, qui met la patate !

Au final, saluons l’effort de Get Real d’être arrivé à faire bouger le public au travers d’un set plutôt bien mené. Qui plus est, le groupe a joué des futurs morceaux de son premier album et a pu avoir la preuve concrète que ces derniers étaient bien taillés pour le live…

Setlist Get Real
Keep Your Rightside
Just For The Best
Till The End
Mercenary Of Violence
Blood On The Floor
A Step To Go
Xtreme Fest
Of The North
Reconnect
Reborn

 

BLOWFUSE
 


Après le hardcore de Get Real, c’est au tour du punk rock de Blowfuse d’être mis à l’honneur suite à  deux ans de disette live. Lors de son dernier passage à l’Xtreme Fest en 2016, le quatuor espagnol avait remporté tous les suffrages au travers d’une prestation énergique et pour tout dire hallucinée. Autant dire qu’en 2021, le groupe ne s’est pas assagi ! En effet, dès les premières mesures de « Behind The Wall », les deux guitaristes/chanteurs Oscar Puig et Sergi Bouffard vont s’en donner à cœur-joie sur les planches et délivrer une prestation déjantée qui sied parfaitement au punk rock aux accents pop du groupe.

Avec des morceaux relativement courts mais ô combien bien ficelés, Blowfuse n’a pas de mal à fédérer les festivaliers sur le devant du pit et faire bouger le public (« Bad Thoughts », « Grand Golden Boy », …). Qui plus est, la machine espagnole tourne à plein régime et derrière les morceaux énervés, il faut bien avouer que ça joue bien. Très bien même. Ainsi, au-delà du jeu tonitruant de la paire Oscar / Sergi, la section rythmique tenue par le batteur Ricard Bouffard et le bassiste Victor Mañas est en acier trempé et jamais prise en défaut (« Where Are You Jimmy ? « ).
 

Blowfuse


Enchaînant les titres avec beaucoup d’aplomb et pas mal de communication, le quatuor accélère le tempo vers le milieu du set pour nous servir des titres accrocheurs qui rentrent dans le cervelet (« Sunny Daze », « House Of Laughter », « Angry John », …) et pour terminer de mettre à genoux un parterre déjà en transe. Pour finir, Oscar se permettra un énorme stage diving dans la fosse avec un salto impressionnant histoire de démontrer un peu plus la folie de ce groupe tout bonnement hors norme ! Quelle fougue, mes aïeux !

En fin de comptes, les p’tits gars de Blowfuse ont confirmé tout le bien qu’on pensait d’eux depuis leur visite de 2016 et nul doute qu’on sera bel et bien présents lorsque le groupe sera de passage en France pour promouvoir son nouvel album. Ça fait du bien de voir que le punk rock possède encore un vivier créatif avec des groupes comme ça !

Setlist Blowfuse
Behind The Wall
Where Are You Jimmy ?
Bad Thoughts
Not Enough
Ripping Out
Grand Golden Boy
Sunny Daze
House Of Laughter
Angry John
Outta My Head
Radioland

 

HANGMAN’S CHAIR
 


Après la tornade Blowfuse, changement d’ambiance avec Hangman’s Chair qui monte sur les planches pour rajouter quatre tonnes de noirceur sur le monde. Avec sa musique sludge lourde aux accents doom et aux ambiances malsaines, Hangman’s Chair va prendre le public à revers et mettre en place une énorme chape de plomb parfaitement maîtrisée. Récemment signé chez Nuclear Blast pour la sortie du successeur de Banlieue Triste (2018), le groupe ne va pas faire dans la dentelle et envoyer du lourd à l’image du nouveau titre « Cold And Distant » qui semble être dans la droite lignée de ce qu’on pouvait en attendre : sombre et lourd. Il faut dire que la machine Hangman’s Chair est ultra puissante dans sa section rythmique et que le chant clair de Cédric, à la fois plaintif et aérien amène un côté dépressif plutôt bien mené. Auréolée d’un son rugueux et d’une prestation sans communication inutile, la formation tape là où ça fait mal avec des morceaux bien ficelés (les structures à tiroir sont très intéressantes) et des ambiances très travaillées.
 

Hangman's Chair


On sent qu’Hangman’s Chair est monté en gamme depuis ses débuts et que la formation est maintenant une véritable machine de guerre qui a toutes les cartes en main pour s’imposer sur la scène metal (Nuclear Blast a eu le nez creux…). Et même si le groupe (d)étonne un peu par rapport aux autres sur la scène de l’Xtreme Fest, la prestation est une pure tuerie !

Au final, Hangman’s Chair a réussi son coup et créé une véritable cassure salvatrice entre les virevoltants Blowfuse et les costauds de Burning Heads. Malgré un public un peu en retrait face au son sludge et froid du groupe, Hangman’s Chair a su tirer son épingle du jeu et imposer sa patte de belle manière. Bien joué.

 

BURNING HEAD
 


Ça fait plus de 35 ans que les Burning Heads arpentent les scènes de France et de Navarre et le moins que l’on puisse dire c’est que chaque passage du groupe fait bouger pas mal de monde. Alors même qu’on ne donnait pas cher de la peau des Burning Heads suite à l’annonce du départ de Pierre, le chanteur / guitariste originel en 2018, parti monter Monde De Merde, la formation est revenue contre toute attente en force avec le retour de Phil à la gratte et le recrutement de Fra (The Eternal Youth) qui officie maintenant au chant. Avec ce sang neuf, les Burning Head en ont profité pour (re)mettre les pendules à l’heure et revenir aux sources du punk rock d’origine du groupe, quitte à mettre un peu de côté le côté reggae / dub de ces dernières années. Et bien leur en a pris car cette cure de jouvence a redonné pas mal de pep’s aux Burning Heads qui se payent ce soir une véritable seconde jeunesse ! En effet, les Orléanais offrent au public un bonne tranche de punk rock des familles en piochant allègrement dans leur énorme discographie histoire de sortir pas mal de titres anciens mais aussi relativement récents (« Fine », « Push Me », « Pop A Pill », « In My Head », etc.). On sent que ces vieux briscards prennent plaisir à (re)jouer devant un public déjà acquis à sa cause à l’image du virevoltant JB à la basse. De son côté, Fra maîtrise bien son sujet et reprend à merveilles tous les classiques des Burning Heads en y intégrant sa propre personnalité sur scène.
 

Burning Heads


Comme on pouvait légitimement s’y attendre, la machine tourne à plein régime si bien que les Burning n’ont pas de mal à mettre l’auditoire à genoux en enchaînant les brûlots nerveux et ce, sans jamais baisser de rythme (« Reaction », « Autopilot Off », …). Dans la fosse, ça bouge comme un seul homme et la sueur coule à flot dans un pit chaud comme une baraque à frites ! Il faut dire que les festivaliers attendaient les Orléanais de pied ferme depuis le dernier passage du groupe lors de l’Xtreme Fest 2015. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils n’auront pas été déçus par cette déferlante nerveuse de décibels et de punk rock qui fait taper du pied. Avant de repartir de plus belle sur une fin de set endiablé, le groupe revient sur ces orientations reggae avec le très bon « Fear » pour reprendre de plus belle sur « I Was Wrong », « Uphill Struggle » et terminer sur « Handout », une reprise énervée de Face to Face. La messe est dite. Amen.

En définitive, malgré presque 35 ans au compteur, les Burning Heads nouvelle mouture ont fait montre de leur solide expérience et démontrer aux fans (et même aux autres) que le groupe en avait encore sous le pied. Après un album de reprises intitulé Under Their Influence sorti il y a peu chez Kicking Records, on attend avec impatience la nouvelle offrande de ce groupe phare du punk rock made in France !

Setlist Burning Heads
Time’s Up
In My Head
Pharma
Gig Pirate
Push Me
Little Bird
Fine
All Set
Reaction
Autopilot Off
Whole Life
Gen ?
Angry Sometimes
Pop A Pill
Break Me
Endless Nights
Super Modern World
Fear
I Was Wrong
Uphill Struggle
Handout (Face to Face)

 

LES $HERIFF
 


Après la tornade Burning Heads, le public de lXtreme Fest est à point pour reçevoir les $heriff comme il se doit. Il faut dire que les Montpelliérains sont attendus avec impatience depuis l’annonce récente – et totalement inattendue – de la sortie d’un nouvel album à l’automne vraisemblablement intitulé Grand Bombardement Tardif (cf. notre interview). Qui plus est, tout comme au Théâtre de la Mer à Sète une petite semaine auparavant, le groupe a prévu de dévoiler ce soir des nouveaux morceaux issus de ce futur disque. L’ambiance est donc déjà bien chaude dans le pit ! Et dès l’arrivée des papas sur les planches pour un « Panik (A Daytona Beach) », suivi d’un costaud « A Coup de Batte de Baseball », les $heriff vont mettre tout le monde d’accord dans la salle de La Maison de La Musique. Devant, le public est déjà à fond et on ne compte plus les slams qui finiront dans la fosse des photographes. On sent que les Montpelliérains n’ont pas à forcer leur talent pour mettre le feu au pit avec des classiques comme « Je Veux Savoir Pourquoi », « À La Chaleur Des Missiles » ou « Pendons-Les Haut Et Court » repris en chœur par l’assemblée de l’Xtreme Fest qui semble en totale communion avec la bande à Manu et Olivier.

Du côté des nouveaux morceaux, le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils passent déjà très bien l’épreuve du live. Ainsi, les titres sont taillés pour la scène avec des tempos enlevés et des mélodies qui rentrent dans le cervelet à l’image de « Montpellier », Grand Bombardement Tardif », « Tailler Du Caillou » ou de « Du Rock n’ Roll Dans Ma Bagnole ». Et même si Olivier a besoin de ses notes pour éviter les trous de mémoire dans les paroles, il faut bien avouer que ces titres ne dépareillent pas avec ce qu’a pu nous servir les $heriff à la belle époque ! On est donc dans du  $heriff pur jus et personne ne va s’en plaindre… bien au contraire !
 

Les Sheriff


Avec un set mené tambour battant au travers de hits comme « Les Deux Doigts Dans La Prise », « Condamné A Brûler » ou « Jouer Avec Le Feu », le quintet ne baisse pas la garde et délivre des uppercuts sonores d’une rare efficacité. Et même si le groupe n’a plus rien à prouver depuis belle lurette, le concert de ce soir met en avant des vieux roublards toujours prêts à en découdre et animés de la volonté de bien faire. On sent que Manu et Olivier sont heureux d’être là et que malgré le poids des années, ils gardent toujours le feu sacré du punk rock en eux ! Ça fait du bien de (re)voir une telle envie de jouer après cette disette de concerts…

En fin de compte, les $heriff auront encore une fois réussi à fédérer autour d’eux les jeunes et moins jeunes festivaliers et démontrer que les papas du punk rock à l’ancienne tenaient toujours bon la barre. Depuis sa reformation d’il y a presque dix ans, le groupe tient toujours le haut du pavé sur scène et nul doute que le nouvel album à venir chez Kicking Records (23 ans après Electroshock) risque bien de relancer une machine déjà ultra bien huilée ! Vivement la suite !

Setlist Les $heriff
Panik (A Daytona Beach)
Turbo
A Coup de Batte de Baseball
Grand Bombardement Tardif
Montpellier
Fais Pas Cette Tête
Je Veux Savoir Pourquoi
Bon à Rien
De toutes les Couleurs
Tailler Du Caillou
Pendons-Les Haut et Court
Soleil De Plomb
À la Chaleur des Missiles
Le Temps Est Elastique
Condamné
Les 2 Doigts Dans La Prise
Requiem 5 Étoiles
Pas De Doutes
Fanatique de Télé
Jouer Avec Le Feu
Pile Ou Face / Ça Fait Mal
Du Rock n’ Roll Dans Ma Bagnole / 3 2 1 0
Arrête de Parler / Que Pasa ? / La Saga des Sheriff / Non ! Non ! Non !



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