Powerwolf – Call Of The Wild

Pour résumer Powerwolf aux néophytes ; il s’agit de huit albums en seize années d’activité et d’un univers extrêmement soigné à forte identité. Powerwolf c’est aussi des prestations live à la mise en scène spectaculaire et artistiquement très poussée jusque dans les moindres détails. Aujourd’hui une vraie machine à ébranler tout auditeur légèrement averti, la formation allemande frappe fort à chaque nouvelle annonce. Cet été, le monde du heavy-power metal a eu l’occasion d’accueillir la dernière galette des loups sauvages, Call Of The Wild !

La sainte messe du heavy metal ne semble jamais finir, après un excellent Blessed And Possessed en 2015 et un très bon The Sacrament Of Sin en 2018, c’est Call Of The Wild qui vient enrichir un peu plus le catalogue des Allemands. Si aucun virage n’était attendu, nous espérions et attendions beaucoup de ce nouvel opus. Powerwolf ne s’éloigne pas de son propre style, bien au contraire, la formation se concentre sur ce qu’elle fait de mieux et resserre de fait l’étau de ses possibilités. L’illumination viendra peut-être du bonus qu’apporte Missa Cantorem, second CD proposé dans la version « premium » de Call Of The Wild, nous y reviendrons.

L’appel de la nature démarre en force avec « Faster Than The Flame », qui résonne typiquement puissant et percutant, restant ainsi parfaitement à l’image du groupe. L’efficacité est indéniable, les breaks ralentis par des chœurs sont toujours aussi réjouissants. Bien évidemment, Atila Dorn est au summum de sa forme vocale et l’instrumentale assure sans détour et sans fioriture. Les mélodies sont encore une fois largement appréciables, qu’elles soient portées par les guitares, le clavier ou bien souvent par la voix. Le titre « Call Of The Wild » est un exemple parmi d’autres de ces mélodies chantées, les intonations transportent et balancent avec légèreté des compositions pourtant agressives et rythmées. C’est le même ressenti avec « Varcolac » notamment, car l’instrumentale assez fade est largement sauvée et relevée par un chant grave et fort de son grain puissant.

L’entame de ce nouvel opus est tout bonnement excellente et digne du groupe. Le tout premier clip et titre proposé en juin 2021, « Beast Of Gévaudan » est une réelle pépite bourrée d’énergie. Le refrain ultra efficace et sa saccade volontairement accentuée rend le tout intensément puissant. Cet effet de style est repris également sur « Sermon Of Swords » qui pêche un peu par manque d’originalité mais reste indéniablement percutant. Pour nuancer le tout, la formation s’autorise un titre qui approche les frontières de son propre style sans jamais les dépasser, en effet, « Dancing With The Dead » résonne extrêmement pop et dansant. S’éloignant des bases religieuses et s’approchant curieusement des standards d’un heavy plus classique, Powerwolf oublie les « Hallelujah » et autres « amen » pour s’accorder sur un ton moins révérencieux et plus accessible, perdant de ce fait une partie de son identité.

La composition « Alive Or Undead » vient confirmer cette impression, s’agissant d’une ballade au piano rythmée par une batterie et des guitares simplistes, le tout de cette recette tient en quelques émotions prodiguées par Atila et un solo de guitare un peu trop timide. Se copiant eux-mêmes, les Allemands osent un « Glaubenskraft » très proche de « Stossgebet » du précédent album. Cela fonctionne mais se répète et laisse ainsi un goût amer de déjà-vu. Pour ce qui est de la répétition des idées, Powerwolf va au-delà d’une simple composition et copie-colle intégralement la structure de The Sacrament Of Sin. Les trois premiers titres sont tout simplement identiques, entrecoupés par une ballade, « Killers With The Cross » il y a trois ans, « Alive Or Undead » aujourd’hui.

Et la suite reste semblable, « Blood For Blood » = « Incence And Iron », « Call Of The Wild » = « The Sacrament Of Sin » … Cette recette réutilisée était déjà la même sur Blessed & Possessed, à partir de là, cela ne fonctionne plus aussi bien. L’auditeur n’entend plus qu’une incessante répétition du même groupe et vient à s’en lasser. Qui plus est, les trois derniers titres sont eux-aussi les plus faibles. Notamment « Reverent Of Rats » qui ne restera clairement pas dans l’histoire du groupe comme une des meilleures idées.

Heureusement, la galette bonus qu’est Missa Cantorem apporte plus de contenus et offre bien évidemment des reprises de Powerwolf, par un panel plutôt intéressant d’artistes metal. Ainsi l’interprétation de  « Demons Are A Girl’s Best Friend » part Alicia White-Gluz (Arch Enemy) est surprenante et déroutante. C’est le même ressenti pour « Fist By Fist » par Matt Heafy de Trivium ou encore le cultissime « Resurrection By Erection » magnifiquement joué par Christopher Bowes d’Alestorm. Il faudra donc s’acquitter de quelques euros supplémentaires pour bénéficier d’une bien meilleure expérience de Powerwolf avec Call Of The Wild.

Nous sommes entre deux sensations avec cet album. D’abord, l’euphorie de retrouver une nouvelle fois les loups enragés du power metal est maintenue pendant de trop courtes minutes, pour ensuite s’atténuer et se raviver quelque peu avec l’album bonus. Et par la suite cette sensation étrange de se faire flouer par la même recette jouée et rejouée jusqu’au gavage. Entre excitation et déception notre cœur balance et nous ne savons plus à quoi nous attendre avec ce groupe qui nous a tant fait vibrer durant ces presque vingt dernières années. L’effet de surprise s’étant largement dissipé aujourd’hui, il faudra, à l’avenir, se réinventer pour faire mouche.

Tracklist :

01 – Faster Than The Flame
02 – Beast Of Gévaudan
03 – Dancing With The Dead
04 – Varcolac
05 – Alive Or Undead
06 – Blood For Blood (Faoladh)
07 – Glaubenskraft
08 – Call Of The Wild
09 – Sermon Of Swords
10 – Undress To Confess
11 – Reverent Of Rats

Sorti le 16/07/2021 chez Napalm Records

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements