TRNA – Istok

TRNA revient cette année 2021 pour vous faire voyager. Pas dans sa patrie russe, mais au-delà, à travers une introspection et un renouveau du groupe. Avec son quatrième album, Istok, le premier pour Candlelight Records, les Russes poussent encore plus loin dans l’inconnu, le tout avec des influences clairement tirées de Wolves In The Throne Room.

TRNA est un groupe de post-black metal russe qui existe depuis 2013 mais qui est encore peu connu du grand public.  Le trio, basé à Saint Petersbourg, s’est formé après la séparation du groupe Princ Persii (post black) et se compose actuellement d’Andrey à la guitare, Anton à la basse et de Timur à la batterie (dernier arrivé en 2016).  Leur premier album Pattern of Infinity (seulement composé de trois chansons) est enregistré par Mikhail Skurikhin et sort en 2015. Il rencontre quelques critiques très enthousiastes, ce qui motive grandement le groupe à continuer avec la sortie d’un nouvel album Lose Yourself To Find Peace en 2016 et signe la même année chez Elusive Sound. Les Russes sortent un troisième album nommé Earthcult en 2018. Earthcult met en vedette le batteur Timur Yusupov et propose soixante-cinq minutes de pure catharsis induisant « un post black noirci céleste » le tout divisé en quatre morceaux épiques et alimentés par des émotions brutes.

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TRNA revient donc en septembre 2021 avec un nouvel album nommé Istok. « Istok » se traduit du russe par : l’origine, le début, le ressort. Pour le groupe, cela symbolise à la fois un nouveau départ mais aussi un retour à l’endroit où il a commencé dans un certain sens. Le combo raconte à ce propos : « C’est le début d’un nouveau chemin que nous devons encore suivre. Il s’agit de la façon dont on regarde différemment son passé et son avenir après avoir ressenti cette grande connexion avec la nature ». Un thème continu de son album précédent Earthcult. De plus, le concept global de l’album est le « néant » dans une sorte de sens bouddhiste, c’est-à-dire la paix intérieure absolue.

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En commençant par la chanson titre, nous avons droit à des vues panoramiques de guitares et de tambours lents s’écrasant comme des vagues contre les falaises. « Echoes Of The Past » est tout aussi grandiose, mais avec une morsure beaucoup plus glaciale, les moments plus doux comportent des guitares propres et des remplissages de batterie en cascade. Cela peut paraître paradoxal mais Istok est doux malgré une certaine lourdeur, l’album s’écoute assez facilement et est comparable à une passerelle accessible vers un genre (black metal) qui peut en dérouter plus d’un de par sa violence implacable et impitoyable.

D’ailleurs, alors que la musique instrumentale peut être difficile à produire et peut peiner à rester intéressante, en particulier dans un genre comme le post black, TRNA le fait plutôt bien. L’opus ne se compose que de pistes instrumentales à l’exception de « Shining » qui comporte du chant avec la participation de Gaerea (post black metal portugais). L’inclusion des voix des Portugais sur ce titre ajoute une autre dimension, donnant plus de poids à une atmosphère dynamique. La version de la chanson sans voix se retrouve à la fin de l’album et son ajout semble presque inutile, car le chant est ce qui fait son identité. Néanmoins, les compositions de TRNA manquent de structure, les morceaux, comme « Burning Bridges, Shattered Dreams » par exemple, sont sans direction et s’estompent petit à petit plutôt que de tirer une conclusion claire. Les titres partent un peu dans tous les sens, au détriment de leur dynamique. D’autres peuvent plutôt voir cela comme un déploiement progressif, qui culmine, puis se termine lentement et sereinement, laissant dans son sillage paix et bonheur…

Bien que TRNA doive une grande partie de son identité sonore à Wolves In The Throne Room ainsi qu’à d’autres groupes de black metal atmosphérique, les Russes proposent un post black metal plutôt bon. Néanmoins, avec plus de travail au niveau de la direction que peuvent prendre les titres, leurs albums pourraient être encore bien meilleurs !  Istok n’en reste pas moins prometteur avec des passages lourds et impressionnants, surtout pour un album quasi instrumental. Il n’y a plus qu’à travailler ce détail pour un meilleur rendu.

Paru le 3 septembre 2021 via A Candlelight Records.

Tracklist :
Istok
Echoes of The Past
Shining feat. Gaerea
Burning Bridges, Shattered Dreams
Hearts Turn To Stones
Rebirth
Shining – instrumental

Line up :
Andrey : guitare
Anton : basse
Timur : batterie

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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