Fullforce – Next Level

Un jour, notre équipe reçoit un petit mail : celui qui annonce les promos disponibles. Un nom m’attire : Fullforce. Pour la petite histoire, le premier album One me plaisait et, en fait, me plaît toujours.

Petit message du collègue Sanguine_sky : « Tiens, v’la l’album. Par contre je te préviens, t’attends pas à du grand cru hein … ».

Non il blague, il n’était pas sérieux … une, deux, trois, dix écoutes plus tard, un constat s’impose : en fait si, c’était bien du sérieux.

On se demande pour commencer ce qui cloche dans Next Level, le deuxième opus de notre groupe suédois. Quel est le défaut rédhibitoire qui fait que c’est pas bien, alors qu’on aimait le premier pourtant ? La réponse est claire comme de l’eau de roche : c’est plat, mou et peu inspiré. Le groupe propose un heavy metal tirant fortement vers le rock, peuplé de mélodies faciles et qui s’intègrent en quelques écoutes. On ne retient pourtant pas grand chose des treize morceaux qui constituent ce brûlot, et preuve en est avec « Broken Dreams », qui remplit parfaitement son rôle d’opener avec un refrain très accessible, mais déplorable par sa faiblesse et son côté fade et creux. Et figurez-vous que le même type de morceau est délivré durant toute la durée de l’album, qui aurait déjà été un peu mieux si on lui ôtait toutes les pistes qui font figure de remplissage. Et elles sont nombreuses à se trouver dans ce cas de figure.

Fullforce

A ce niveau, « Karma » et « Awesomeness » sont deux morceaux qui ont la bonne idée de sortir des carcans habituels pour nous proposer de l’inspiration et de bons côtés, faut bien le dire. La première amène une sympathique montée en puissance pour arriver à du percutant, du mémorable avec un chant énervé qui fait mouche. La deuxième renoue avec le heavy qu’on apprécie, des riffs bien foutus et en place qui démontrent que la guitare sait au moins s’exprimer, même si, la plupart du temps, elle aligne des notes qui ne retiendront pas l’intérêt. Par contre, « A Night to Remember » et les deux ballades « Smile At the World » et « Strongest Thing of All » ne manqueraient pas si elles n’avaient pas leur présence sur ce Next Level, dont l’ensemble est nivelé vers le bas par ces titres qui n’ont pas grand chose pour eux.

Il y a pourtant quelques bonnes choses : le chant toujours aussi carré et juste de Mike Andersson (Cloudscape), des parties parfois plus accrocheuses que d’autres (se référer aux deux titres cités au-dessus), une production au top mais qui ne fait pas tout. Quand derrière, ça n’assure pas vraiment, alors il est difficile d’accrocher réellement à une œuvre comme celle-ci. Saluons-donc l’effort d’interprétation d’un chanteur convaincant de bout en bout, mais dont le talent n’est pas vraiment mis en valeur par le côté banal et prévisible de Next Level.

Rien de neuf sous le soleil, rien de bien grandiose à écouter. Alignant poncifs et clichés, riffs et structures maintes fois revues et déclinant ces morceaux à l’infini sur cinquante longues minutes, Fullforce devra passer au niveau supérieur pour nous faire oublier un Next Level dont le nom paraît soudainement bien ironique. A ne réserver qu’aux fans inconditionnels de heavy mélodique qui ne sont pas très regardants sur la personnalité et qui ne font pas encore une overdose de ces groupes génériques. Pour les autres, on passera sans aucun regret cette galette suédoise qui aurait nécessité un temps de confection plus long.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 5 / 10



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