Slim Levy & Tribuman – Cooking Sessions – Interview Tribuman

Il y a quelques semaines, nous organisions un partenariat avec Tribuman & Slim Levy. Le duo s’est amusé pendant le confinement à composer les Cooking Sessions, un nouveau concept mêlant lofi, reggae, dub et cuisine. Une variante d’un mélange de la folie de Lee Perry et l’univers ‘vegetable’ de Macka B avec une touche de rigolade en plus.
Si ces noms vous parlent, c’est que vous avez sûrement déjà vu Tribuman identifié à la section cuivres de nombreux projets. Quant à Slim Levy c’est à la basse aux côtés de Lee Perry.

On a donc voulu en apprendre plus sur ce projet et on a échangé avec Tribuman.

Une interview que la Grosse Radio vous invite à découvrir maintenant.

Bonne lecture

LGR : Salut Cédric (Tribuman), comment vas-tu ?

Tribuman : Salut, ça va très bien merci. Je bosse à la maison, je suis en train d’enregistrer des trucs justement pour l’épisode 3.

LGR : On va parler des Cooking Sessions. Tu peux nous expliquer comment est parti ce projet ?

Tribuman : Au début, Slim et moi, nous nous croisions sur différents événements jazz/hip hop dans l’est de la France. Je le connais aussi parce qu’il jouait pour Lee Perry et d’autres jamaïcains. Comme tous les musiciens, le confinement a stoppé les tournées et les concerts et il a commencé à faire des instrus. Au début, c’était pas vraiment top. Slim a acheté des corps de batterie, a bossé le truc et monté quelque chose qui prenait forme. C’est un touche à tout, c’est un grand musicien. Il se débrouille vachement vite quand la machine est partie. J’ai enregistré les cuivres et on s’est mis à faire plein de morceaux. En tout, on doit en avoir une vingtaine de côté.

Cover EP Cooking Sessions - Slim Levy & Tribuman

Il y a de quoi faire alors. On aura le droit à d’autres tomes ?

Yes, on en a une vingtaine. Un épisode 2 est prévu pour septembre. On taf sur l’épisode 3, Bat Records souhaite le sortir vers novembre. On s’est un peu emballé et on a fait plein de morceaux. A un moment, on s’est dit qu’il fallait les sortir parce que c’est dommage de garder ça pour soi. Bat Records nous suit sur ce projet, ce qui est plutôt cool. Ça fait assez bizarre parce que maintenant que c’est réel, on entend pas mal de petites imperfections.

Cela va se corriger sur les prochaines sorties.

Bien sûr. L’épisode 2, on bosse déjà le son. Il y a pas mal de petites faussetés mais ça a son charme. On a mis des petites ‘groomers’ pour que cela fasse comme les cassettes vidéo. Comme dans les années 80, quand cela sonne un peu pourri.

Je n’aurais pas dit pourri, mais vintage.

C’est ce que l’on a voulu un petit peu et c’est ce que je trouve assez magique. Après Slim, il a vraiment passé beaucoup de temps en studio avec Lee Perry.

C’est génial tu t’enrichis auprès de personnes avec cette expérience. C’est un maître en la matière.

C’est sûr que cela apporte beaucoup. Ça l’a tout de suite guidé. En fait, ce que personne ne sait sur l’épisode 1, ce n’est pas une grosse caisse qu’il a pris. Lee Perry lui disait : « Quelques fois, il y a des trucs qui sonnent mieux quand tu as un micro devant ». Il a essayé, cela marche ! C’est un carton. Ce qui compte, c’est le rendu, ce que l’on écoute à l’oreille et il m’a dit que c’était Lee Perry qui lui disait cela. Du coup on l’a gardé pour lui rendre hommage un petit peu.

C’est cool, c’est parlant quand même.

En tout cas, c’est clair que l’on touche à tout. On n’est pas spécialiste en studio à la base, plutôt trash. Cela permet de voir un peu les choses de manière différente. C’est cool de voir nos petits délires qui prennent forme. On prépare un live aussi. L’épisode 1 est sorti, le second est prévu, le troisième est en route, on a de quoi faire.

Dans le genre “In The Kitchen” c’est ce que vous avez publié, où on te voit derrière le micro ?

C’est ça, sauf que là, c’est la toute première fois que l’on a vraiment joué ensemble, puisque d’habitude, on enregistrait et on s’envoyait les morceaux. On se prépare pour le clip de “Mister Cooker”. J’ai commandé des tabliers blancs, toques et tout ce qui va avec l’habit de cuisinier. En plus, notre super star ça va être un chien. J’ai chopé le bouledogue anglais d’un pote qui va tourner avec nous et on va se faire notre petit délire

J’ai vu le clip “Where is my Potato”. Vous prenez quoi comme produit ? (RIRE)

Celui-là, je t’avoue qu’il y a eu un petit décalage quand même avec le gars qui a fait le clip. Parce que c’était mon ancien coloc et il y a des parties dedans, elles sont un peu trop longues

Non non ce n’est pas qu’il soit trop long. C’est parti comment ce clip, c’est un trip, un délire ?

En fait oui ! Dans le délire, on voulait qu’il y ait plein de petites scénettes autour de lui. Mais en plus, nous, on a une histoire derrière. Les gens ne vont pas forcément comprendre. On est dans un style onirique, dans un rêve, dans un film des années 70-80 de science-fiction. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes assez originaux en amenant un petit quelque chose : du rire dans le monde du reggae même si on n’est pas reggae. On est dub, on est un peu tout ce qu’on veut en fait. Le label, quand ils ont vu nos petits délires sur les réseaux, il nous ont encouragés. Les vidéos dans lesquelles on se fait des passes avec des PDT (pommes de terre), on met des filtres, on se filme avec de la vhs des années 90. Ça donne un univers assez lofi au projet et la bouffe, pour le coup, c’est pas mal parce que cela nous permet vraiment de surfer sur cette vague qui ouvre à plein de créativité et de délires.

Il y aura d’autres vidéos dans les semaines à venir dont une petite vidéo en cuisine ?

On bosse encore un peu dessus mais ça arrive.

(Ndlr : On a découvert “Juicy Burger” il y a quelques jours. Allez y jeter un œil, c’est décalé, bien fait et on y entend les cordes vocales de Tribuman autrement que dans le souffle d’une trompette ! Bravo Monsieur)

Je n’avais pas trop l’habitude de chanter. Enfin il n’y a pas grand-chose de chanté sur l’épisode 1. Sur le prochain, il y aura un peu plus de morceaux chantés et je le fais en anglais avec un accent un peu yardie français volontairement. C’est un peu comme le petit espagnol qui va chanter en Français. Il a le petit accent derrière et là ça plait, du coup je n’ai pas envie de forcer pour l’accent.

Côté concerts, vous allez en faire et défendre ce projet sur scène ?

Bah écoute, on va voir. Pour l’instant, on n’annonce rien sur les concerts. Parce que le temps fait que nous ne sommes pas encore prêts. Nous paradons juste et on ne cale pas de date. Nous voulons d’abord que le son, il donne. De manière à ce que les gens ils se disent : Ah ouais c’est bien. On va prendre le temps, mais par contre on s’est fixé qu’en septembre, il faut que tout soit nickel. Que l’on puisse jouer et faire un truc nickel. Après là, on espère pouvoir tourner aussi un maximum. Nous ne sommes que 2 sur scène, donc ce sera plus facile à faire tourner. Mieux que quand on joue avec des musiciens 6 à 7 personnes, où c’est un peu plus délicat à chaque fois. C’est pour cela que l’on reste à 2.

Slim mixe en direct ?

C’est ça ! Nous, on va envoyer nos productions en live. Normalement, il va prendre 8 pistes qu’il mixera en live outre les effets, les delays. Moi, j’aurais pas mal de pédales, aussi les trompettes, les trombones, du son. Slim va rajouter du clavier aussi en live et on va tenter de tout gérer à 2. Essayer de faire un truc et insérer des objets, parce qu’on trouve cela assez marrant. Un peu comme la bouteille quoi, des choses du quotidien, des trucs comme cela. Des idées et réflexions qui nous viennent avec l’expérience.

En y réfléchissant, il y a un concept quand même.

C’est ça, les gens, s’ils viennent voir un concert de dub, qu’ils aiment, ils vont repartir en se disant qu’il y a vraiment un truc. Ils auront encore l’idée que c’est vraiment original par rapport aux autres choses. C’est là-dessus qu’on va mettre le paquet et continuer en restant qu’à 2 sur scène. C’est toujours plus viable pour du live. On a déjà fait pas mal de test là avec des sets de table que l’on frotte, on tape, on s’est dit on prend des trucs visuels.

Tout ce qui te passe dans les mains, tu te dis tiens cela pourrait faire un son en l’utilisant de cette façon.

Tout à fait.

Je pense que l’on a fait le tour. Est-ce que tu as des choses à rajouter ?

Non !  A part que j’ai peu parlé de Bat Records. Sans eux, on n’aurait pas eu le même impact. Ils nous ont vraiment super bien accompagnés et je tiens à les remercier, c’est vraiment super.

Top, ils liront ta petite dédicace.

Merci beaucoup Cédric et félicitations pour ce projet.



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