Steppin Into Roots viZions – Badiar

Steppin into roots viZions - On vous présente l'artiste sélectionné - Partenariat Napthali Prod/La Grosse Radio

Steppin into roots viZions est un projet produit par Napthali Prod. L’un de nos rédacteurs en a d’ailleurs fait la chronique que vous pouvez re/lire ici. Dans l’attente de la sortie du second volume, la production nous propose alors un partenariat. Le leitmotiv de cette démarche : Combler ce projet, laisser la chance à tous de proposer sa version et trouver la perle rare !!

C’est chose faite, le jury a fait son choix. Aujourd’hui, on vous dévoile le nom de l’artiste sélectionné. Il s’agit de Badiar T, artiste originaire de Guinée que l’on a déjà pu entendre. Ce jeune talent a mis tout le monde d’accord avec son titre “Freedom”. La Grosse Radio suit depuis quelques temps Badiar T et il nous semblait important de vous le faire mieux connaitre.
Ce jeune africain n’a pas eu une vie des plus simples et on très heureux pour lui de voir où il en est arrivé maintenant. Un bel exemple de force et de courage intérieur que l’on ne peut qu’admirer et féliciter. On vous invite donc à travers ces quelques lignes à découvrir cet artiste en plein essor.

Badiar - Présentation

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Mon nom est Badiar T, je suis artiste reggae. Je suis guinéen d'origine et je suis en France depuis 4 ans.

On se connaît déjà, tu avais posé le morceau “Loving You” pour le projet riddim de La Grosse Radio et tu me racontais à ce moment-là que ton parcours avait été compliqué. Tu peux nous dire d’où tu viens et pourquoi la musique ?

Je suis issu d'une famille très très pauvre de Guinée. Je suis né à Conakry dans la capitale. Il y avait des problèmes dans la famille parce qu’au début mes parents, mon père ne voulait pas que je fasse de la musique. J’ai donc été obligé de me sauver. J’ai quitté mon chez moi parce que je rêvais de faire de la musique. C'est comme ça que je suis venu en Europe. Mais voilà, je suis venu par la voie vraiment un peu dure, par la voie clandestine jusqu'à arriver en France.

L’Europe

Est-ce que cela te dérange de nous parler de ton périple à travers l’Europe ?

Non, pas du tout. Je suis passé par le Sénégal puis par le Maroc. Là-bas, ce sont deux personnes qui nous gardaient. J’y suis resté un peu plus de cinq mois, on dormait dans la forêt. Par la suite, je suis parti chez une autre personne et c’est lui qui m’a aidé à passer. Et puis, je suis arrivé en Espagne. De-là, je suis venu avec 2 personnes jusqu'en France parce que je ne pouvais pas venir seul. J’étais encore mineur à ce moment.

Paris

Jusqu’à ton arrivée à Paris et là non plus ça n’a pas été très simple.

A Paris, c'est là que le vrai cauchemar a démarré. A notre arrivée, les deux personnes qui m’accompagnaient m’ont juste déposé et fait comprendre que maintenant c’était chacun pour soi. Je me suis retrouvé à la gare sans savoir où partir, ni quoi faire, comment et avec seulement quelques petites choses à manger. Au bout de quelques jours, je n’avais plus rien à manger, je me suis assis à côté d’un vieux sur un banc. J’ai commencé à lui parler, il était en train de manger et j’avais faim. Je lui ai demandé à manger et il m’a partagé ce qu’il avait. On a continué à discuter et je lui ai raconté mon histoire, j’ai ressenti sa pitié.

Rouen

Durant notre conversation, je lui ai demandé s’il connaissait des associations qui aident les jeunes comme la Croix Rouge. Il était juste de passage à Paris et m’a dit habiter Rouen et être sur le point de repartir là-bas. Il m’a proposé de me déposer dans l’Association Médecins du Monde et il a acheté un billet de train pour que je le suive jusqu’à Rouen et il m’a laissé à l’association.

Comment t’ont aidé les associations en France ?

Médecins du Monde m'a présenté à la CAPS. C'est plutôt bien parti mon histoire et puis le premier coup ça n'a pas été accepté. Ils ont rejeté mon dossier car je n’avais pas de papier, aucun document, pas d’extrait de naissance donc ils n’ont pas pu me prendre en charge. Je suis resté à l’association et ils m’ont placé dans une famille d’accueil et ça a réellement était une belle expérience. Je suis parti à l’école, je ne parlais pas français mais j’ai appris. J’ai aussi commencé à faire de la musique.

Quel parcours. Tout mon respect Badiar et tu ne le dois qu’à ton abnégation, ta force intérieure et combative !

Je le dois aussi grâce à cette personne que j’ai croisé à la gare, l’association, ma famille d’accueil, toi, Parker, La Grosse Radio… Ce sont ces rencontres qui ont été déterminantes.

Yes, Parker que tu as rencontré sur Paris pour le clip de “Babylon”.

Steppin into roots viZions - Freedom - Le titre gagnant

On va parler de positif. Tu es le gagnant du partenariat organisé entre Napthali Productions et La Grosse Radio Reggae. C’est ton single intitulé “Freedom” qui a été sélectionné par les membres du jury. Ton morceau va figurer sur le projet Steppin into roots viZions.

Merci, Merci à toute l’équipe. Je suis vraiment très heureux. C’est une grande joie pour moi et dingue d’avoir une chanson sur le même projet que Cédric Myton ou Omar Perry que j’écoute depuis très longtemps. C’est toi qui m’as parlé de ce partenariat, je suis allé écouter l’instrumentale et ça m’a inspiré le titre “Freedom”.

“Freedom”, ça parle de liberté ?

“Freedom” parle de la souffrance de la population, de liberté bafouée comme on peut le voir actuellement un peu partout dans ce monde. On est privé de pleins de choses, beaucoup de familles n’arrivent pas à s’en sortir, à se nourrir ou tout simplement à vivre. Ce n’est pas normal dans le monde d’aujourd’hui. Ces situations me font du mal et j’ai senti le besoin de le chanter.

A présent du positif

Tu peux nous dire où en est ta situation aujourd'hui ?

Ce n’est pas toujours facile, je suis jeune encore mais je ne lâche pas. La situation s’est nettement améliorée. J’ai mes papiers, mon appartement, je travaille et je suis en train de passer mon permis. J’arrive à faire de la musique entouré de bonnes personnes. Je mène bien ma vie et comme tout le monde, il y a des hauts et des bas.

Sur quoi tu travailles en ce moment ?

Je dois faire un featuring avec un frère de Guinée qui vit en Angleterre. Il y a aussi une personne d’Allemagne qui m’a contacté pour faire un son avec lui. Et j’ai discuté avec un des gars de LNP Roots Family la semaine dernière pour un projet, j’aimerais carrément que ça se mette en place.

Merci Badiar et bravo.



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