Reggae Sun Ska 2013

La 16ème édition du Reggae Sun Ska aura été très mouvementée, rythmée à la fois par le son et la mélodie des chanteurs présents mais aussi par d’importants contretemps. En effet, ce festival, très connu des amateurs de reggae, se déroule chaque été dans la ville de Pauillac située en Gironde. Personne ne pouvait alors se douter que le temps allait faire des siennes et remettre en cause ce rassemblement de festivaliers. Nous sommes à J-7 et une tempête balaie la ville de Pauillac engendrant de nombreux dégâts faisant même la une du 13h. Le site qui est très arboré a été touché de plein fouet et un grand élan de solidarité régionale aura été nécessaire pour le maintien des festivités. De très nombreux arbres ont dû être enlevés et les bénévoles par dizaines ont donné de leur sueur et de leur temps pour essayer de rendre cet espace le plus fonctionnel possible. 

Jeudi 1er Aout.

Nous sommes arrivés le jeudi en début d’après-midi, il y a d’abord eu du retard sur l’ouverture du site, faisant patienter et surtout gronder les milliers de festivaliers déjà présents depuis quelques heures sous un soleil de plomb. Arrivés dans le camping, nous ne pouvons que constater les dégâts occasionnés par les orages de la semaine précédente, la majorité des arbres ont disparu ne laissant que trop peu d’ombre dans le camping et le sol a lui aussi subi les allers-retours des engins pour déblayer le terrain. 

On pose alors enfin nos tentes pour les trois prochains jours. Le soir arrive, une bonne ambiance générale se dégage tout de même du camping : les sourires sont revenus sur les visages déjà un peu tirés par la fatigue de l’attente et des kilomètres parcourus.

 

  

Beaucoup se dirigent alors vers le Sound System des Mungo’s Hi-Fi installés pour toute la durée du festival. On suit donc le mouvement et on arrive devant un bon mur de son aux grosses basses qui redonnent la pêche. Un gros respect pour les Mungo’s Hi-Fi qui auront été hyper motivés chaque jour. Ils envoient vraiment du très lourd, enchantant tout le public présent qui se dit alors que ça va être comme ça tous les soirs jusqu’au lundi matin… Les sourires ne trompent pas et cela dure jusqu’à environ 4h00 du matin.

 


 

Vendredi 2 Aout

Le camping se remplit à grande vitesse le vendredi, on sent un public très chaud et pressé d’entendre le 1er concert. Une bonne ambiance ambulante se fait sentir. La masse de festivaliers s’approche de l’entrée et de la scène Uprising dès 14h. Les Mungo’s Hi-Fi envoient déjà leurs sons, et le temps paraît au rendez-vous puisqu’il n’y a pas un seul nuage à l’horizon. Représentant La Grosse Radio Reggae on nous présente le site à 16h et dès lors on nous annonce à notre plus grand regret que la soirée risque d’être annulée ! C’est alors que tout se complique puisqu’une heure après cela s’officialise et l’annonce est faite à tout le monde : la soirée est bel et bien annulée par un arrêté préfectoral à cause d’une alerte orange aux orages et à la tempête. On peut alors lire la déception sur chaque visage, tout le monde a du mal à y croire, les gens tournent un peu en rond, dépités. On rentre alors sur le camping pour voir un peu ce qu’il se passe et vers 18h30 une annonce est faite par mégaphone demandant d’évacuer le camp assez rapidement et de prendre toutes ses affaires. On exécute donc, et on se rend dans Pauillac à l’abri dans notre voiture pour se faire une soirée poste CD avec tous ceux qu’on aurait dû voir en Live ce soir : Black Uhuru, U-Brown, Busy Signal, U-Roy, Protoje, Don Carlos, Jah Gaïa et j’en passe. L’arrêté est levé et nous pouvons regagner le site vers 2h00 du matin, il n’y aura eu que quelques rafales de vent et deux averses de quelques minutes ; la tempête est passée à quelques kilomètres. Un peu rageant de se dire que tout a été annulé pour si peu, mais personne ne pouvait le prévoir, et au moins, le site n’a pas été touché une seconde fois et les deux soirées à venir auront été maintenues. Le festival va pouvoir enfin vraiment commencer.

Samedi 3 Aout.

Le public déçu d’avoir été privé de la soirée de la veille est bien décidé à se rattraper aujourd’hui, déjà beaucoup de monde devant la scène Uprising pour écouter Mawyd, groupe local très énergique aux diverses influences, la journée est bien entamée. Vient ensuite le tour de Phases Cachées, un groupe Hip-Hop aux consonances Reggae qui a mis le feu.

Ce trio donne vraiment beaucoup sur scène et prend énormément de plaisir, ce qui se voit. Déjà 16h, c’est au tour du talentueux Patko de donner comme à son habitude le maximum pour enflammer la foule, une très bonne énergie est délivrée par cet artiste. Le site ouvre alors ses portes vers 16h30, les gens sont impatients, hyper motivé, on voit une grosse envie de bouger sur le reggae musique, et les aléas de la veille ont comme soudé un peu plus encore les festivaliers entre eux.

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On entre donc également en suivant le mouvement dans le IN du festival, on fait un tour des trois scènes, Natty Dread, Rebel Music et One Love, en s’attardant un peu plus sur cette dernière où l’on peut entendre un très bon groove avec Dubheart.

 

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Les gagnants 2013 de l’European Reggae Contest. Ils ne l’ont pas volé! Il est déjà 17h45 et on s’avance donc vers la scène Natty Dread pour voir l’homme que l’on nomme Taïro, une ivresse féminine est palpable, et l’artiste arrive sur scène en tenu décontracté short bleu et marcel blanc,  le soleil cogne dur et Taïro enchaine ses classiques comme « L’animal geint » ou « Elle veut ». Le public participe bien au chant et en redemande, mais le temps est malheureusement compté et c’est l’heure de quitter la scène. Il est déjà 19h et nous nous approchons de la scène Rebel Music pour écouter Volodia en solo, vu un peu plus tôt avec son groupe Phases Cachées. Nous sommes là encore très agréablement surpris par cette grosse énergie positive, ses textes sensés et ce flow dévastateur. Il a vraiment provoqué une ambiance de folie et a conquis le public présent. Ce fut une très belle découverte pour une partie des spectateurs. On quitte le concert un peu avant la fin pour se rapprocher au plus près de la scène Natty Dread et du concert de Warrior King puis de Turbulence que je ne voulais rater pour rien au monde. Je n’ai vraiment pas été déçu, c’est le messager Warrior King qui enflamme en premier le public, sa voix nous transporte dès les premières notes, une impression de bien être se dégage et une ambiance vraiment paisible et festive à la fois se ressent durant tout le concert : les gens se parlent sans se connaitre, des sourires sont visibles sur chaque visage, et en plus de tout cela, un petit cadeau nous attend car l’artiste fait entrer Patko et Jahmel Ellison pour un show en freestyle impressionnant que je vous joint pour ceux qui n’étaient pas là.

 

 

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Ce live c’était vraiment de la folie, mais il est déjà l’heure pour Warrior King de faire tourner le micro. C’est alors Turbulence, un singjay talentueux à la voix impressionnante qui prend place. Il fut, il y a quelques années, une vraie révélation Jamaïcaine et démontre encore une fois tout son talent et son énergie dans ce live. Il enchaine ses tubes avec entre autres « Life is not a game » qui est devenu un classique. La foule est vraiment réceptive de toutes ces bonnes vibrations et l’artiste esquisse des mimiques qui ne trompent pas, il prend vraiment du plaisir à jouer ici.

 

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Après ces deux concerts qui font partie du Best Of 2013 pour moi, je fais un petit tour vers le Sun Ska Shop et je retrouve Naaman en pleine séance dédicace, qui comme vous pouvez le voir est quelqu’un de totalement accessible et heureux de partager avec ses fans.

naaman

On a ensuite jonglé entre deux concerts. Si je vous dis « Tes yeux sont bleus, ta peau est blanche, tes lèvres sont rouges … »c’est à Raggasonic que je fais référence bien évidemment avec leurs tubes légendaires tels que « Bleu Blanc Rouge » donc, mais aussi « Faut pas me prendre pour un âne » ou encore « J’entends parler ». Ce fut également l’occasion pour eux de nous faire part de leurs nouveautés, c’est le renouveau d’un groupe mythique du reggae Français toujours aussi explosif sur scène, allant au bout d’eux-même avec la rapidité de Flow de Daddy Mory et la justesse de Big Red. Là encore ce fut un live réussi. On passe alors près de la scène Rebel Music pour découvrir la révélation de cette année: Alika. On ne regrette vraiment pas d’y être allé, un show impressionnant, un bon dancehall comme on les aime avec des rythmes dansant, une belle voix, et un public en total délire.

ALIKA

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Pour clôturer cette belle journée, on se pose devant un pionnier du reggae Jamaïcain, Mr Barrington Levy, qui a gardé sa voix perçante, et qui arrive à enchainer tous les titres sans montrer signe de fatigue, la qualité est au rendez-vous! Après plus d’une heure de folie devant ce mythe, on sent que toutes les danses et les pas de la journée commencent à se faire sentir, on rentre tranquillement en profitant des différentes rencontres sur le chemin avant de dormir un peu pour préparer au mieux la journée suivante qui s’annonce au moins aussi chargé que celle-ci.

BARRINGTON LEVY

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Dimanche 4 aout

Après une très bonne journée la veille, on commence ce dimanche tranquillement, on bouge un peu entre les petites scènes, profitant toujours des bons sons de Mungo’s Hi-Fi, puis de The Soul Sonic qui ont réalisé une grosse prestation. Bientôt 17h, on se motive (quoique pas la peine de se mettre des coups de pieds aux fesses pour se bouger quand on sait ce qui nous attend) à aller voir un des groupe phare du reggae Français, ayant reçu grâce à son « Kingston Town » enregistré en Jamaïque le titre du meilleur album (dans la catégorie reggae français) de l’année. Comme à son habitude, Broussaï fait monter la chaleur dans la foule, dynamise son public jusqu’au summum lors de leur classique « le manège tourne » où tout le monde jump et chante dans une orgie totale.


BROUSSAI

C’est encore au tour d’un très grand groupe de monter sur scène puisqu’il s’agit de Third World, très attendu avec leurs nombreux hits, ils n’auront déçu personne encore une fois.

THIRD WORLD

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Vient ensuite Gentleman sur la scène Natty Dread, un showman hors-normes qui occupe toute la scène et balance son flow et son énergie détonante faisant bouger une foule impressionnante. C’était vraiment le concert à ne pas manquer.
 


GENTLEMAN

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S’enchaine ensuite une des grosses têtes d’affiche avec le fils du roi, Ky Mani Marley qui réjouit le public avec certaines reprises de son père, mais qui assure tout autant avec ses propres créations. Le plaisir est là, une harmonie entre l’artiste et son public se crée et la magie opère ensuite jusqu’au bout de son live.

 

KY MANI MARLEY

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Tout le monde est surchauffé pour accueillir un groupe de Saint Etienne qui se sait très attendu : Dub Inc, qui parvient comme à son habitude à créer un lien puissant avec la foule et donne un show hyper tonifiant. Je crois que c’est pendant ce live qu’il y a eu le plus de sueur sur scène et dans l’arène. On en redemande encore une fois, mais le timing est trop rude. On se consolera alors avec une autre légende vivante du reggae UK, qui nous enchanta par leur gaieté et leurs voix inchangées : Steel Pulse qui a su garder son identité et poser les bons titres au bon moment. David Hinds, Selwyn Brown et toute leur troupe nous auront fait rêver pendant une heure de pur bonheur. Ils ont gardé la pêche malgré une année bien remplie de scène dans tout l’hexagone.

STEEL PULSE

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Le festival touche malheureusement déjà à sa fin, et nous faisons un tour voir Sinsemilia sur la scène Natty Dread. Concert atypique, revigorant, un vrai spectacle avec des acteurs hypers impliqués et habités par leurs chansons, après plus de vingt an de carrière, ils sont toujours là et ne sont pas près de s’éloigner du live, et ça serait bien dommage.

 

sinsemilia

Ceci n’est pas du reggae, c’est du pure Sinsemilia, qui enchaine les titres avec « Tout ce qu’on a », « Douanier 007 » entre autres qui soulèvent la foule en pleine excitation. Nous quittons alors ce concert pour voir une partie de YanissOdua sur la scène Rebel Music qui a changé de couleur et s’est mise au « Rouge Jaune Vert » pour l’occasion avec ces centaines de drapeaux sur scène et dans le public rendent vraiment une très belle image de ce final.

 

yaniss odua

Yaniss Odua rend une copie presque parfaite en enchainant les titres de son nouvel album et en jonglant avec ses hits. 

yaniss odua


En conclusion, le Reggae Sun Ska 2013 aura été un très bon cru sur scène, malgré l’annulation du vendredi, l’affluence a tout de même été de 75 000 personnes en deux jours. Des bénévoles de grande qualité cette année. Le gros point faible reste le camping qui était dans un sale état à cause de la tempête. En ce qui concerne les sanitaires, des éfforts ont été faits puisqu’ils étaient en dur cette fois et qu’ils y en avaient beaucoup plus. Le seul hic est qu’ils n’ont pas été, ou du moins trop peu, nettoyés et devenaient impraticables dès le vendredi soir. Heureusement, tout cela, est vite oublié grâce au contenu du festival avec comme chaque année une affiche de rêve totalement hétéroclite, très complète, et des artistes qui étaient vraiment à la hauteur de l’attente du public. Une ambiance beaucoup plus saine, à mon goût que l’an précédent est également à noter en ce qui concerne le camping et dans l’enceinte même du festival ; une sécurité présente mais non envahissante a beaucoup aidé à cela. Merci à toute l’organisation pour avoir rendu cette édition possible et on espère toujours que l’année prochaine sera enocre meilleure. Rendez-vous début août 2014 pour la 17eme édition.

Photos: Babouchska 
 



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