Rencontre avec Patko

C’est après son concert explosif à la Cave à Musique de Mâcon samedi dernier que je rencontre Patko.

L'occasion de parler de ce qui se passe pour lui depuis la sortie de son album  Just take it easy  et de ses projets à venir. L'occasion également de découvrir un artiste qui sait prendre beaucoup de recul sur ce qui se passe pour lui et les autres et garder sa ligne directrice qui est celle de l'ouverture et du partage. 

Celle là même que l'on ressent en écoutant son album et en le voyant sur scène.

Cousto : Tu avais déjà joué à Mâcon ?

Patko : J’ai fait les back de Maxxo ( qui est de Mâcon )  pendant deux ans et ensemble on a fait beaucoup de scènes au niveau national. Mâcon reste quelque part ma deuxième ville après Grenoble. J’ai pu le vérifier ce soir avec le soutien du public. Youz , le label avec lequel j’ai travaillé pour mon album,  est également d’ici comme toute la team de Broussaï qui me soutient. J’étais agréablement surpris de l’accueil ce soir.

C : Que se passe t-il depuis la sortie de l’album ?

P : L' album a super bien été accueilli par les médias, par les pros. C’est un peu l’appréhension que j’avais au début.  C’est un album où je ne n’ai rien calculé. Je l’ai composé chez moi, j’ai fait les prises batterie en Jamaïque. C’est un travail artisanal qui a eu des retours très positifs pas uniquement en France mais également en Allemagne, en Amérique du Sud. J’ai eu trois nominations en Guyane française (les Lindor) où ils ne me connaissaient pas du tout. J’avais très peu de chance de gagner. C’était comme si tu sortais de nulle part et que tu allais te retrouver face à une ‘Rihanna’, c’était perdu d’avance. Mais depuis, les gens et les radios passent l’album. Ca m’a servi.  A notre grande surprise on a aussi été programmés à la télévision sur  D17, qui pourtant n’est pas une chaîne connue pour passer du reggae

C : Tu peux nous présenter tes musiciens ?

P : J’ai deux batteurs : Fitzroy 'Dave' Green, le batteur d ’Alborosie et selon les dates  c’est Ludo ( Ludovic N’Holle ), le batteur de Tiken Jah Fakoly.  Au  clavier il y a Yann avec qui j’ai joué pour Maxxo.  Bobo J à la guitare  me suit depuis le début. On avait un groupe ensemble qui s’appelait l’année du singe. Il a également joué avec Bruno mon bassiste dans une autre formation, Shaady's.  Il y a aussi Jo Cocco qui est guitariste avec Broussaï et a joué avec Clinton Fearon. Il a participé à un morceau de l'album et depuis on ne se lâche plus.
J’ai mis beaucoup de temps à retrouver cette famille musicale. Ludo par exemple était le Week End dernier à Miami où il jouait avec Tiken Jah et aujourd’hui, il se tretrouve ici avec le smile. Cette humilité, c’est un peu ce que je recherche. Je suis gâté.

C : Beaucoup de dates sont prévues ?

P : On a quelques dates pour l’année prochaine et un gros festival au mois d'août pour lequel j’attends confirmation. J’espère vraiment que ça va aboutir. Ca prouvera encore plus que notre album a une crédibilité. C’est certes un projet artisanal mais on joue dans la cour des grands. Il y a aussi  tout un plaisir de savoir que nous ne sommes pas attachés à des grosses machines à sous. Nous, ça s’est fait au coup de cœur. Mon attaché de presse Maxime chez I Welcom a également fait un travail exceptionnel.

C : C’est une volonté d’avoir attendu autant de temps avant la sortie de ton album ?
 

P: Je suis quand même perfectionniste à mon niveau. Ca prend du temps. C’est du travail artisanal mais quand ça se passe comme ça on a juste envie de continuer et de ne pas s’endetter pour aller enregistrer dans de gros studios.

Photo : Fred Matuszynski

C: Où en est le projet avec Dubtonik Kru ?

P : Pour l’instant c’est en stand by. Ils n’ont pas eu la chance que j’ai eu ici après la sortie de leur album chez VP records.

C : Ton  deuxième album ?

P : J’ai déjà enregistré un grand nombre de titres. Il y a des producteurs qui se rapprochent de nous, qui veulent nous voir. Ils ont été bluffés par le premier album mais pour l’instant rien n’est signé. Je prends le temps de regarder.

C : Comment composes-tu  ?
 

P : Je compose dix morceaux en même temps. On a peur de faire des erreurs sur le deuxième, mais je pars du principe qu’il ne faut pas changer sa méthode surtout quand l’album a été accueilli comme ça. Autant continuer dans cette lignée et essayer de faire mieux. J’ai  la possiblité d’aller enregister en Jamaïque, mais est ce que ça m’apporterait quelque chose d'important ?. J’ai envie de garder ce côté Européen, Surinaméen que l' on retrouve dans ma musique.

C: Je voulais également que l'on parle de Mandela.

P:  C'est un événement qui me toucheCe qui m’attriste est de voir cette récupération politique de certains chefs d’Etats. Ils ont les clés du pouvoir et devraient essayer de faire au moins un millième de ce qu’a fait Mandela.  J’ ai un titre qui s’appelle "peace" et qui montre à la jeune génération qu’il y a eu une personne comme lui  qui représente ce auquel je crois :  au côté universel, d' échange, où l’on s’accepte tous quelques soient nos orientations. Je n’ai pas été éduqué pour mettre des barrières.
C’est un grand homme qui est parti mais il faut se demander qui prend le relais aujourd’hui. je pense que chacun à son niveau  peut être un petit Mandela.

C: C’est ce que tu essaies de faire passer dans ta musique ?

P: C’est ce que j’essaie de faire, mais comme dans beaucoup de choses ce ne sont pas les personnes les plus sincères qui sont forcément écoutées. Les gens sont parfois plus attirés par ce qui est formaté, sans contenu avec un  discours convenu.  J’essaie d'être sincère, d’échanger, de jouer avec des musiciens blancs, noirs, de plusieurs origines et ce côté universel j’espère le garder longtemps  dans mon travail.

C:  Un petit mot pour la grosse radio ?

P: Big up la Grosse Radio, big up pour le soutien, ce que vous faites pour le reggae. Il faudrait que beaucoup en fassent autant et qu' ils donnent l'énergie qu'il faut pour que cette musique puisse grandir au maximum. Peace, Love and Harmony. One Love.

Voilà, une belle rencontre avec Patko qu'il ne faut surtout pas hésiter à aller voir sur scène. 

Merci à Fred pour les photos.
Big up à Stouff.



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