A la rencontre de … Yaniss Odua

  A l’occasion du lancement de la tournée World A Reggae Music Tour, nous sommes partis à la rencontre de l’un des chanteurs se produisant sur scène, Yaniss Odua.
Avec un accueil très chaleureux, aussi bien de la part de l’organisation que du chanteur, nous avons pris la température avant le lancement du premier concert à Boulogne-sur-Mer ce Samedi 15 Novembre. Très détendu et impatient, Yaniss Odua révèle une certaine confiance vis-à-vis de son équipe car entre potes, ça ne peut que marcher. Voici en exclusivité notre entretien :

 

  • Quelles sont tes impressions quant à ton début de tournée ?

On s’éclate vraiment ! Ca fait déjà pas mal de temps qu’on est sur la route, mais c’est vraiment génial ! L’accueil du public est très chaleureux, et intéressant aussi : on a beau être très bien accueilli partout, on ne ressent jamais la même chose pendant les concerts de la part du public.
 

  • Tu as eu Moment Idéal juste pour toi, tu partages maintenant World A Reggae Music Tour. Comment vis-tu cette transition ? Pourquoi faire une tournée à plusieurs ?

Et bien ça on le verra ce soir ! C’est la première date de notre tournée à plusieurs, et j’étais vraiment impatient qu’elle débute ! Ca fait longtemps qu’on se connait avec Danakil, et on en parlait sans jamais vraiment concrétiser notre idée. Enfin, jusqu’à ce soir, ce n’était qu’une idée. Maintenant, c’est une réalité, une tournée et ça fait chaud au cœur de voir que la première date est déjà complète.
 

  • Chinese Man, Danakil, Protoje & the Indignations…Pourquoi faire une tournée à plusieurs ?

Tout d’abord, on vient de la même maison (sous-entendu de production, à savoir Baco Records). Puis on a fait toute la tournée des plages (réf Reggae Sun Ska 2013) ensemble, avec Natty Jean, Danakil. On a partagé des scènes, et ça crée des liens. Franchement, ça s’est fait un peu naturellement, sans forcer. C’était dans la continuité des choses, ça ne pouvait pas être autrement. On a suivi le courant, c’était la suite logique de notre rencontre.
 

  • Quelles sont les raisons de la sortie d’un DVD de ta tournée Moment Idéal ?

L’idée d’un DVD, c’est surtout l’idée de partager ce que nous on vit, et ce qu’on apprécie. Sur scène, on défend la musique qu’on aime, qu’on a préparée, et elle ne vit que si on la partage avec un public. Le DVD nous permet d’offrir le show à ceux qui n’ont pas pu se déplacer jusque là. C’est une façon de penser à eux.
 

  • Pour revenir brièvement sur ton parcours musical : tu as commencé avec « La Caraïbe », tu passes maintenant sur « Rouge Jaune Vert ». Ton style change, et tu t’apprêtes à remplir un Zénith (ref. Zénith La Villette, le jeudi 27 Novembre). Qu’est ce que cela te fait ?

Mon style change ? (rires) vous trouvez ? Pas tant que ça quand même !
Pour l’instant, les Zéniths, on ne les remplit pas tout seul ! (rires) Ca se construit petit à petit. Evidemment un Zénith ça fait plaisir, mais comme je le dis, pour le moment, on savoure chaque bon moment, chaque show qu’on fait… Et puis chaque spectacle est différent, on ne tombe jamais dans cette espèce de routine, et c’est vraiment intéressant à chaque fois d’avoir un accueil différent. C’est très intéressant à vivre, mais à souligner aussi. Je pense surtout aux thèmes : c’est captivant de voir quelle région est plus réceptive à certains thèmes. Nous on observe ça, on voit ça et ça nous touche, vraiment. Le fait de pouvoir être là tous ensemble, en live, sur la scène, on communique avec notre public et on est très réceptif à ses messages…
 


Photo prise lors du concert succédant  l’interview.
 

  • Tu parles de l’ambiance sur scène… Comment ça se passe avec The Artikal Band ?

Franchement? C’est génial. Cela fait quelques années déjà qu’on tourne ensemble, et c’est magique. A la conception de l’album, il y a le batteur qui était avec nous en Jamaïque, il était avec nous depuis la conception des riddims, donc c’est la suite logique. Pour moi, la Artikal Band, ce sont des amis qui sont très sérieux au niveau du travail.
 

  • Tu parlais des thèmes il y a un instant, on va revenir sur la Génération H. Es-tu toujours aussi impliqué dans ce projet ?

Bien sûr, il le faut ! Surtout à l’heure d’aujourd’hui, où on voit que la liberté d’expression devient un peu plus difficile. Le temps que l’on peut s’exprimer, exprimons-nous !
 

  • D’ailleurs on avait vu il n’y a pas si longtemps une photo de Karma & Tchong sur les réseaux sociaux, dans laquelle ils montraient que le projet ne passait pas toujours très bien auprès des autorités… Tu as quelques anecdotes à ce niveau là ?

Et ça ne passe toujours pas ! Et puis des anecdotes, j’en ai plein, c’est l’histoire de ma vie ! Comme je le dis dans le morceau (réf « Chalawa »), on sait que ce n’est pas légalisé aujourd’hui, mais il faudrait quand même ouvrir les yeux vu la conjoncture actuelle. Aujourd’hui, nous sommes en 2014, et on ne peut plus continuer de se mentir à nous-mêmes : ça a des vertus thérapeutiques, et il faut au moins la dépénaliser pour ceux qui en ont vraiment besoin. J’ai eu des échos comme quoi la France envisage de le dépénaliser dans le cadre thérapeutique, mais ça n’a rien d’officiel. Ce n’est peut-être qu’une rumeur, mais au moins on en parle !
Autour de nous, il y a beaucoup de pays qui ont réalisé les avantages que la dépénalisation offrait, aussi bien au niveau thérapeutique qu’économique. Mais la France n’a pas encore envie de sauter le pas. Je ne sais pas si c’est à cause de la culture, ou de la façon de penser, mais ce n’est pas encore fait, et c’est bien dommage… Je ne veux pas essayer de changer les mentalités, mais c’est dur de se dire que c’est comme ça et pas autrement. Enfin bon, c’est la réalité des choses.
 

  • On t’appelle à présent la « nouvelle révélation du reggae français ». Que penses-tu de ce surnom ?

Et bien ça fait toujours plaisir ! Mais c’est vrai qu’il y a du boulot encore (rires).
 

  • Mais ça fait déjà longtemps que tu as débuté ta carrière. Tu vois une raison pour l’utilisation de « nouvelle révélation » ?

Mais c’est un détail ça ! (rires). Non, franchement, je pense que je suis un vétéran dans le monde du reggae, mais au niveau du grand public, les gens me découvrent (rires). Ce surnom ne me blesse pas du tout,  ça me fait plaisir plus qu’autre chose !

Photo prise pendant le concert succédant l’interview.
 

  • Quelques mots pour revenir sur ton show de Jeudi soir avec Flavia Cohelo de jeudi soir ? Un projet de duo est-il à venir ?

Oui, je pense que ça serait intéressant par rapport aux disponibilités de Flavia. Sur les réseaux sociaux vous avez pu voir qu’on a lancé l’idée d’un clip vidéo ensemble. Dès que ça sera faisable, on va pourvoir concrétiser cette idée, mais j’espère que ça arrivera très vite ! Parce que c’est vrai que Flavia, c’est une grande artiste, elle a un planning chargé, mais j’attends volontiers ses disponibilités pour concrétiser tout ça.
 

  • En parlant de duo, c’est quelque chose qui t’attire dans l’expérience de la musique ?

Oui, vraiment ! Je me base sur mon expérience, et pour moi, c’est dans l’évolution naturelle des choses. Mais justement, c’est difficile de vous dire « oui, ça se fera avec untel dans autant de temps ». J’ai déjà essayé, comme ça, de planifier et je trouve que ça ne marche pas spécialement. Je préfère prendre les choses comme elles arrivent, et à partir de là voir si l’idée peut se concrétiser.
 

  • Donc tu ne peux pas non plus nous promettre, d’ici la fin de World A Reggae Music Tour, un featuring avec Danakil, Natty Jean et Protoje ?

Ah, justement ! On a déjà évoqué l’idée, comme ça, entre nous, et pour tout vous dire c’est comme ça que j’aime bien que les choses se passent ! Ca vient d’un moment de rigolade où on ne se prend pas trop au sérieux, et puis tout d’un coup on se dit que ça ne serait pas si mal, et qu’il y a vraiment possibilité de rendre l’idée concrète. Conclure la tournée avec un morceau, ça serait une suite logique.
 

  • Ca va bientôt faire un an que tu es sur la route, enchaînant concerts et festivals. Que comptes-tu faire par la suite ?

Pour nous, tant que l’on peut tourner, on va tourner. On a vraiment apprécié cet album, de la conception jusqu’à la tournée, on s’est éclaté. C’est toujours intéressant ! Mais je pense que dès que la tournée touchera à sa fin, on va rentrer maquetter des nouveaux morceaux. Parce que justement, le fait de pouvoir tourner régulièrement donne l’envie de chanter de nouveaux morceaux. Dans les paroles, je me base essentiellement de ce que je vis au quotidien ou de ce que mes proches me racontent, et le moins qu’on puisse dire est qu’avec la tournée, j’ai pas mal de choses à raconter.

Notre rencontre touche à peine à sa fin que Yaniss Odua enchaine sur une nouvelle interview, cela en même temps que Balik (chanteur de Danakil) qui reçoit lui aussi de son côté des journalistes… Tout cela ne fait que vous montrer qu’on était tous très impatients que la tournée World A Reggae Music Tour commence, et qu’elle promette d’être forte en émotions.
 Si vous voulez faire partie de cette grande aventure, le Zénith qu’ils partageront avec Taïro le Jeudi 27 Novembre n’est pas encore complet, ainsi que certaines dates en province. Alors, qu’est-ce que vous attendez?



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