Patrice et Noraa au Magic Mirrors du Havre

La dernière fois que Le Havre l’a reçu c’était en 2013. Depuis, il a sillonné les routes de France, d’Europe et plus encore puisque le monde entier le connais. La production Volume, à l’origine de beaucoup de concert en 2014 sur la région Normandes, a invité au Havre un artiste de choix : Patrice, accompagné de sa nouvelle protégée Noraa.
Nous avons eu l’occasion de se faire dispenser un concert dans une salle de spectacle atypique : Le Magic Mirrors.
Une salle de spectacle magnifique et décoré au thème d’un cirque, c’est sous ce grand chapiteau que la production Volume a acceuille les havrais et Patrice pour une nouvelle édition du « The Rising of the Son Tour ».

magic mirrors

On s’attend à un moment d’émotion assez fort, Patrice représente des années d’écoutes musicales pour la plupart des personnes aux portes du Magic Mirrors. La moyenne d’âge s’étend vers les 35 ans, montrant ainsi une forte mixité de nos générations. N’oublions pas que Patrice a su maintenir son talent d’album en album, tout en montrant qu’il pouvait faire varier ces styles sans vraiment changer son registre.

C’est à la première partie de donner le ton de la soirée. Le temps de checker quelques contacts, de profiter de la beauté des lieux mais aussi de prendre la température du public encore dehors, et je prends enfin route vers la salle. J’ouvre ses portes et d’un coup une ambiance calme et apaisante m’envahie. Noraa vient de charmer tout un public ! Cette jeune artiste, encore très peu connu du grand public, impose son univers musical avec une telle douceur qu’on ne saurait s’y refuser.

noraa

Je vois des visages séduits par l’instant, moi-même je ne cherche qu’une chose : traverser cette foule pour entrevoir ce qui nous charme autant. Le rythme et la mélodie sont légers, composés d’une voix, d’une guitare acoustique et d’une simple boîte à rythme électronique, Noraa est là, avec toute sa simplicité elle s’ouvre au public. Regards, sourires, clins d’œil, tous ce qui est propice à ce moment de partage est y présent.

Jeune allemande d’origine tchadienne, Noraa parle tout de même assez français pour jouer avec son public. Ce qui est très important dans un tel moment d’échanges émotionnels, ce qui lui permet ainsi de nous parler brièvement des thèmes de ses chansons.

noraa

Elle aura finalement kidnappé notre attention durant quarante-cinq minutes. Quarante-cinq minutes où nous avons pu découvrir le registre musical de l’artiste. Passant de titres de sa composition à des freestyles improvisés, s’aidant bien sûr uniquement de sa guitare et de sa boîte à rythme car il n’y a pas de musiciens avec Noraa. Son talent, elle l’exprime avec sa voix et cette fameuse boite à rythme, cela suffit amplement je vous l’assure.

C’est finalement en passant par des sons un peu lovers mais aussi très roots, ainsi que des nuances un peu tirée vers la musique soul, que sa partie s’achève. Heureusement Patrice est là pour assurer la suite, car la prestation de Noraa aura laissé ce fameux goût de « reviens-y ».

patrice

L’entracte étant passée, la foule est de nouveau présente devant la scène, attentive et prête à recevoir ce qu’ils attendent depuis un bon moment déjà.
C’est sur le son d’ « Alive » que Patrice fait son entrée. Je m’attendais à une entrée plus calme que ce que l’on a pu voir. C’est un Patrice festif qui arrive devant nous. On sent qu’il est prêt à donner de l’énergie durant sa prestation. Le son d’ « Alive » est d’ailleurs plus dynamique que ce que l’on connaît de l’album, c’est plaisant et nous change totalement du moment passé avec Noraa.

On se met dans l’ambiance très vite avec Patrice. Il jongle sur ces titres les plus dynamiques, et cela ne perturbe pas le public. Au contraire, on voit les plus grandes générations présentes suivre le rythme et les paroles avec énergies. Tous passent un bon moment.

patrice

Dans cet élan de fête, Patrice se lâche. Il grimpe au décor de la scène de manière à surplomber le public. Très belle image au vu de la décoration atypique au thème d’un cirque que représente le Magic Mirrors.

Place au calme à présent. Patrice échange sa guitare électrique par sa guitare acoustique. Là, on sent que le rythme va ralentir et ce n’est pas mentir car il nous entraine très vite sur un registre plus roots. On a le droit à « Hippies With Guns », « Every Second », et bien d’autres notamment comme « Change Today » qui confirmera l’ambiance de ce moment.

Un petit extrait dégoté auprès d’un label devrait vous aider à mettre dans cette ambiance !

Il en oubliera pas de lâcher sa guitare pour se concentrer sur les titres à textes, toujours dans le domaine de la musique reggae mais également sur des titres plus soul. Ce qui est parfait puisqu’il pioche dans les titres un peu moins récents, idéal pour les trentenaires de mon style. C’est le style connu, le style Patrice, celui avec lequel il a conquis son public. C’est comme une dédicace pour ma génération en quelque sorte. Intentionnel ou non, cela nous fait très plaisir.

Quand viens « Everyday Good », c’est tout le public qui chante à tue-tête. Une force vocale énorme envahie le Magic Mirrors, c’est le chapiteau tout entier qui tremble sous les voix du public. Les musiciens en profitent pour donner plus d’énergies et de volume. Ils varient d’un rythme roots pour arriver à un rythme plus festif. Avec les festivités des musiciens, les jeux de lumière, le décor de cirque, le public, l’ambiance, inhabituel à mon sens et selon mes propres attentes, deviens finalement facilement plaisant. Je m’amuse beaucoup et redécouvre un artiste ainsi que son titre.

patrice

Sonne le temps du « Au revoir » ! Mais une fois avoir chauffé le public à cette température, il va être difficile de la faire redescendre. Les chants ne cessent pas, le refrain d’ « Everyday Good » continue à résonner dans la salle de spectacle. Et ce malgré le départ de Patrice et des musiciens. Eh oui, on n’arrête pas de vous le dire : les Normands sont festifs et ne vous lâchent pas comme çà.

Patrice reprend place sur scène, s’installent des percussions et les musiciens mettent en marche un riddim dancehall assez militarisé.
Qu’est-ce que je disais ? Ah oui, les Normands sont festifs, et qui le sait en jouera. C’est exactement ce que fais Patrice en glissant le fameux jeu de paroles « Vous êtes fatigués ? », laissant le public donner la classique réponse « On n’est pas fatigué ! ».
Il nous propose ensuite un jeu de voix, nous demandant si nous voulions entendre son timbre de voix aigüe et son timbre de voix grave. Le tout, toujours posé avec des flows et des riddims dancehall, personellement je ne le savais pas capable d’assurer sur ce type de terrain.

patrice

Jusqu’ici, nous avions peut-être totalement oublié Noraa, qui d’ailleurs n’a présenté aucun duo ou autres avec Patrice. C’était trop vite pensé, puisque la jeune artiste entre en scène pour un dernier morceau qu’elle partagera avec Patrice. On découvre ainsi « Faces », une composition qui mêle très bien le genre Patrice et le sien. Leurs voix se mélangent bien, ce qui nous permet de profiter d’une belle mélodie  tout en gardant un rythme moins coulant. Je tenterai même à dire que cela rappelle « Same Ol’ Story », le duo qu’il a fait avec Ayo.

C’est doux, c’est frais et vivant à la fois, mais c’est surtout un très beau titre pour se dire « Au revoir ».

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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