Balik, chanteur du groupe Danakil

Le groupe Danakil est né en 2000, de la rencontre de 8 étudiants de la région parisienne. Comme beaucoup de groupes, ils ont commencé par des scènes locales.
Leur premier album  Micro Climat est en 2006. Le bouche à oreille commence à  marcher, et d’un fonctionnement associatif, Danakil passe à un fonctionnement plus professionnel.
Les concerts s’enchainent  mais aussi les rencontres. Danakil devient un groupe  de scène, porté par une grande énergie et beaucoup de charisme.
En 2008, c’est le 2eme album Dialogue de Sourds : toujours dans un style engagé et revendicatif.
Leur passage au Cabaret Sauvage en Oct 2008 sera l’occasion de réaliser un CD/DVD live de ce concert.
En Octobre 2009, le groupe est en concert à l’Olympia.
Danakil cette année est de retour avec un 3ème album  Echos du Temps, dont la sortie est prévue pour le 18 Février 2011.
J’ai eu la chance de les savoir dans ma région en répétition pour une dizaine de jours dans la salle d’une ville corrézienne.
C’était l’occasion pour moi de trouver avec Balik, le chanteur, un moment pour l’interviewer pour la Grosse Radio Reggae.
Pour ceux qui ne  savent pas ce que veut dire Danakil, c’est un désert d’Ethiopie/Erythrée, où il fait très chaud et où il y a beaucoup de sel.
Le lien du site des fans de Danakil
où c’est magnifiquement expliqué.

Magmamatte=Mag : Salut, merci de m’accorder quelques instants. Je vous épargne la traditionnelle question sur la présentation et l’histoire du groupe (votre site et celui des fans le font très bien).

Mag : On peut dire que le style Danakil est bien là. Qui écrit les textes et la musique ?  Quelles sont tes sources d’inspiration?

Balik : J’écris les paroles. La musique souvent vient après. Les mélodies peuvent aussi venir avant : les musiciens lors de répètes préparent ensemble 10 à 12 musiques et me les proposent. S’il y en a 2 ou 3 qui me plaisent, je vais écrire dessus en m’accompagnant à la guitare. Je vais aussi écouter des artistes et çà m’inspire.
 J’écoute pas mal de hip hop et de reggae roots. Il y a un vrai lien entre le hip hop et le reggae roots,  dans le message.
Hip-hop français, reggae jamaïcain , dancehall,  les chanteurs qu’on appelle singjay Jah Mason, Capleton, Sizzla
J’aime la douceur du reggae.
Mes sources d’inspiration : l’actualité, réagir à ce qui est choquant et ce qui touche ; mais aussi, la vie, le temps qui passe. Nous arrivons à trente balais, nos vies changent (certains fondent une famille, ont des  enfants) et c’est la première fois qu’on se retourne sur notre parcours.
Parcours aussi du groupe (10 ans de scène) : un petit passif qui me donne envie de l’écrire et d’en parler.

Mag : Ce nouvel album Echos du temps, symbolisé par un sablier sur la pochette, tu peux m’en dire plus ? qui a réalisé la pochette ?
Pourquoi avoir repris une chanson d’Edith Piaf : ‘Non, je ne regrette rien ‘?
Et vous voulez ‘quitter Paname’ ?

Balik : La pochette, c’est le graphiste du label , le même qui a réalisé  celle de  Dialogue de Sourds.C’est très figuratif.
Pas toujours facile de faire le choix : il y a  entre 12 et 15 personnes qui s’expriment, en discutent, partent sur des idées très différentes et fixent un choix…
‘Non je ne regrette rien’, c’est rapport au passage à lOlympia, en 2009. Nous en discutions avant et à un moment, là où on se trouvait, nous avons entendu cette chanson. L’un d’entre nous nous a demandé d’écouter et  dit : « pourquoi on ne reprendrait pas cette chanson ? » Nous sommes  partis essayer et voilà, on s’est éclatés à réaliser ce titre qu’on a chanté à l’Olympia.
Quitter Paname ?
Une phrase résume le titre. On est bien où on est, mais on veut voir le reste. Aller voir ailleurs. Ce n’est pas négatif : c’est quitter son coin, pour voyager, partir voir et revenir.

Mag : Le voyage justement : Kingston, Bamako. Pour réaliser cet album, vous avez voyagé en Terres Sacrées. Quelles rencontres ?

Balik : A Kingston, on a rencontré des tas de musiciens, des icônes du reggae, avec qui on n’a pas forcément collaboré, mais vus, discuté, échangé.
Le percussionniste Sticky Thompson, percu des Wailers et de Gainsbourg  qui a collaboré  à cet album.Il nous racontait comment ils s’étaient fait siffler par des militaires, quand Gainsbourg a chanté sa Marseillaise.
Rencontre avec le deejay U-Roy, avec McAnuff père et fils  (Winston & Matthew), avec qui nous avons travaillé sur un duo.
D’autres rencontres au Mali avec des artistes pas forcément connus : notamment Natty Jean, chanteur sénégalais qui chante en wolof (langue parlée aussi au Sénégal) . Il va passer 3 mois avec nous.  Il quitte pour  la première fois l’Afrique à 29 ans pour venir avec nous  sur toute la tournée.
Rencontres aussi avec pas de gens au studio  Manjul au Mali.

Mag : Le Zénith le 18 Mars prochain. Quelle impression ?

Balik: Pour l’instant, on se projette. La pression n’est pas encore là. Je ne réalise pas encore. Mais, il faut remplir la salle : gros challenge !!! 5000personnes.
Si c’est rempli : c’est bon. Pour l’Olympia, la salle a vraiment été pleine  le jour même au dernier moment.
 C’est le bouche à oreille qui fonctionne : , coller des affiches, plateformes FB, Myspace et site sur lesquels se font les échanges avec les fans.
C’est un pari sur le développement du groupe.

Mag : justement les fans , comment ça se passe ?

Balik : Les échanges se font par le biais des plateformes et après les concerts : nous allons à la rencontre des gens,  les retrouvons au stand. Là on peut discuter, dédicacer les albums….

Mag : Avez-vous d’autres activités en dehors du groupe ?

Balik : Les cuivres participent avec d’autres artistes sur leurs albums.
Je collabore avec des artistes qui me sollicitent pour un album ou sur une chanson  comme avec Broussai, Papa Styles, General Levy dont l’album va sortir bientôt.

Mag : meilleur souvenir ? Pire galère ?

Balik :Le concert de l’ Olympia, un très bon souvenir qui va rester un bon moment.
Aussi dans les premières tournées, les premières scènes sonorisées avec un groupe électrogène…voir 2ou300 personnes qui venaient alors qu’on en attendait 50 ou 60.
Galère ? Il y a longtemps… avec un patron de bar qui avait eu la main un peu lourde sur des mélanges et autres ; ça c’est mal fini, on a pas terminé le concert. Maintenant, on en rigole bien.

Mag : Tu sais que La Grosse Radio soutient les auto- prods, maintenant que vous avez une certaine ‘notoriété’, quels artistes Danakil voudrait soutenir ?

Balik : Sans hésiter, Natty Jean, qui a un album fantastique. Il écrit en wolof, nous on ne comprend pas, mais c’est super joli et toutes les personnes sénégalaises que j’ai rencontrées, trouvent que c’est très bien écrit. Il fait rayonner notre langue,  disent- ils. Même la communauté sénégalaise qui vit à Paris , qui a écouté son album, pense de même.
Il écrit bien ; chante très bien. Il vit au Mali et est à Bamako pour faire un peu de musique. Il apporte beaucoup pour nous et c’est l’occasion de le faire connaître.
Dans notre tournée, il apporte une sonorité, une tessiture, une couleur. Sur deux titres de l’album Echos du Temps, il chante ragga muffin avec nous et plus traditionnel africain.
D’autres groupes ? Broussai, Papa style. Ce sont des potes.

Mag :La situation du disque. La loi Hadopi . Vous la vivez comment ?

Balik : Dommage de faire des lois, pour faire suivre ceci et cela aux gens.
En termes de téléchargement, cela a aidé beaucoup de groupes comme nous. Cela nous a permis par le bouche à oreille de se faire connaître.
Difficile de quantifier ce qu’apporte ou non le téléchargement, par rapport à  la vente d’albums. Nous, on n’en vit pas, la vente est réinvestie dans les projets suivants.
Absurdité de mettre des amendes à des gens qui gravent des disques. Ceux qui sont à l’origine de ces lois sont les mêmes que ceux qui ont fabriqué les moyens de graver les disques. C’est le serpent qui se mord la queue.

Mag : ton avis sur ce qui se passe au Maghreb ?

Balik : J’avoue que ma culture générale me fait défaut. Je ne m’étais pas posé la question sur le type de régime en Tunisie.
C’est toujours beau de voir un peuple qui renverse un dictateur. C’est signe que la démocratie s’impose à un endroit où on a voulu l’étrangler.

Mag : Comment tu expliques que la musique Reggae soit si peu représentée sur les FM ?

Balik : Bonne question  qu’on se pose depuis longtemps.
Pour Danakil, on n’est passés que sur des radios associatives, mais pas sur les grandes radios, encore moins à la télé.
C’est certainement dû à un certain formatage à respecter : durée du morceau ; le message (on entend rien d’engagé) ; l’image du rasta … Ce sont surtout des questions de messages.
Bob Marley , oui on l’a entendu (certaines chansons) parce que le représentant principal.(Reggae anglophone).
Il n’y a pas d’artistes reggae actuellement signés en Major.
Majors et FM travaillent ensemble. Pas d’auto-produits.
Nous on propose, on frappe à toutes les portes, car être diffusé sur les radios, c’est important.

Mag : Un message pour les auditeurs de la Grosse Radio dont la Grosse Radio Reggae ?

Balik : A tous ceux qui se sentent bien dans la musique : bienvenue dans notre monde, venez nous rejoindre,  pour être bien ensemble. 

Le  site de Danakil

Le  myspace de Danakil

 Balik & Me.

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