Fundé – Hymne à  la Vie

Partie pour faire une chronique de l’album Hymne à la Vie du groupe Fundé, j’ai eu le plaisir de discuter avec le chanteur du groupe, Yoha,  fort sympathique.

Le nom du groupe Fundé vient de la référence à l’instrument de percussion Nyabinghi, ces percussions d’origine africaines, utilisées en Jamaïque, typiques du reggae roots. Le fundé dont le son  est comme les battements du coeur.

Le groupe Fundé est créé depuis 1998, mais existe vraiment depuis 2000.
Il est animé par des musiciens amoureux du reggae roots et porteurs de messages sensibles, intimistes et à portée universelle.

C’est Yoha, le chanteur qui écrit les paroles et la construction musicale se fait au fur et à mesure des répétitions.
Les musiciens sont au nombre de 7.

Yoha – Chant Lead / Bass, Gélion – Chant Lead / Percus, Moog – Guitare, Yogi – Claviers, Gouss – Batterie, Ichai – Sax  / Choeurs, Reivax – Trompette /choeurs

Après un premier album en 2006 Présence et un album Live en 2008, le groupe en résidence à l’Empreinte en 2009 et 2010, va écrire 12 titres qui constituent  Hymne à la vie. Ce nouvel album qui vient de sortir le 25 mars 2011 a été enregistré au studio  La Kabane puis mixé par Laurent  Masta  Dupuis et produit par Xrayproduction.Label I.D.O

La pochette, dessinée par Gelion (le frère de Yoha), représente un vieux sage reggae man, dans la position du lotus,
dont tout le corps est partagé entre une zone d’ombre et une zone de lumière, derrière lui, le globe terrestre une face aussi dans le noir et l’autre éclairée par la lumière, c’est toute toute la symbolique de cet album.
 
Musicalement, Hymne à la vie ressemble à un tableau. Une permanence de reggae roots avec des touches de dub, certaines pointes de jazz et même une jolie facette  de classique.

Pas seulement un camaieu de sons mais aussi une écriture maitrisée empreinte de poésie, en Français, également en Anglais..

1/ Le premier titre Accepter :
J’ai été frappée par la force des mots ; le thème est la colonisation ; sur un son roots.
Les paroles portent mais sans agressivité, c’est le refus d’accepter que la colonisation soit enseignée, commeétant un bienfait dans nos écoles.
Le début commence pratiquement a capella avec la belle voix de Yoha, qui annonce la couleur du morceau. Le rythme est bien roots, bien scandé et lourd comme « les chaines aux pieds des milliers d’hommes oubliés« 
 
2/ Le poids des mots« 
Chanson intime sur les non dits, les silence et la difficulté du dialogue.
Rythme roots avec guitare acoustique qui apporte de la  douceur et ouvre le morceau.
Un passage où Yoha chante en voix de tête suivi d’un petit passage piano presque classique.
J’aime beaucoup les notes finales du morceau en changement de tonalité.

3/ Over the clouds :
Très roots dans le rythme avec des choeurs (l’ensemble des membres du groupe: tout le monde participe aux choeurs). Le refrain comporte des petites variations tonales assez jouissives à l’oreille.

4/ Blessée :
Chantée par un autre membre du groupe.
Thème de la pollution et de la maltraitance de notre planète.

5/ Evidences :
Le piano très présent en intro, accentue le coté intime du morceau. Arrive ensuite un bon rythme roots.
De chouettes jeux avec les mots vies et visages qui s’entrelacent dans le refrain.

6/ La Peur du Lendemain :
L’originalité de ce titre, c’est la participation de l’Orchestre classique de Melun (54 musiciens) ce qui donne une couleur et la particularité de ce morceau.
2 ans auront été nécessaires à son aboutissement.
Une très belle ouverture d’esprit de cet orchestre qui a répondu présent à la demande du groupe de créer un titre alliant le reggae et l’instrumentation classique.

Le début du titre démarre en rythme reggae roots, sur le premier couplet, l’orchestre de Melun démarre ensuite avec des sonorités très contemporaines, le groupe chante le 2ème couplet en voix de tête (passage émouvant sur le thème de la peur lendemain associé à une renaissance de chaque jour).
Troisième et dernier couplet avec orchestre et musiciens du groupe.
Enfin le final avec une montée vocale en demi tons, final très moderne au sens écriture qui ouvre sur une explosion dans tous les sens des sons de l’orchestre.

Certains médias ont qualifié ce morceau de « perle du reggae« .

7/ Hymne à la Vie :
Pas pour rien que ce morceau se situe en position 7 (chiffre symbolique).
Qu’est que l’hymne à la vie ? Yoha m’a expliqué que c’est ce petit moment sacré et exceptionnel où, malgré les périodes noires, grâce aussi aux périodes lumineuses, on se trouve dans un moment ‘temps’ où on se sent bien, en harmonie, en symphonie et ce moment résonne dans le coeur comme une joie infinie..

8/ Dust and Ashes :
Le titre dit tout. Nous sommes si peu de choses.
Morceau acoustique avec guitare, percussions, choeurs et chant.

9/  Unis vers celles :
Encore un jeu des mots.
Naissance du monde et naissance de cette petite étincelle qu’est l’amour dans l’espace temps.
L’amour source de création.

L’intro est superbe, bruitage qui figure la naissance de l’astre terrestre, avec la voix douce de Yoha qui nous invite à l’imagination de cet évènement. »Imaginez« …puis démarre le rythme reggae, comme une course tranquille tendue vers ce « trait d’union » qu’est l’amour.

« Est ce le néant
ce moment fantôme
où l’onde du temps
n’ose effleurer l’espace?
« 

Magnifique chanson pour laquelle j’ai une tendresse particulière.

« si cet univers semble être un corps
ton corps semble être un univers
« 

10/ Âmes égarées :
Chanson sur les faux prophètes qui attirent les âmes égarées.

11/ Scavenge :
Traduction par yoha  « Fouillez » au sens de chercher parmi les grandes pensées des grands hommes, face aux viles paroles des politiciens et sirènes du monde de l’argent.
On ne peut penser qu’au vieux sage de la pochette.
 
12/ Dualité Dub :
Ce morceau finit l’album. Purement instrumental.

A l’écoute de cet album, j’ai eu l’impression d’un chemin en ascencion où chaque morceau ouvre une marche pour arriver à cette apothéose tranquille du titre n°7, « hymne à la vie », clef de l’album , où là, on se pose dans l’harmonie.

Fundé possède un son, allié à la belle couleur de voix du chanteur (je devrais dire des chanteurs), qui lui appartient et qui lui permet de prendre toute sa place dans le paysage du reggae français.

Ils seront le 7 mai à La Machine Du Moulin Rouge à Paris (ex Loco) avec Général Lévy

Merci à Fundé pour les photos de Thomas Jarry.



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