Entretien avec Manjul au No Logo Festival

Une interview qui arrive à point nommé.

En effet, nous avions eu l’occasion d’interviewer l’artiste Manjul lors du festival No Logo 2014. Un petit fond de tiroir sympathique puisque Manjul vient de sortir son nouveau projet avec Danakil. Le terrible album Entre les lignes a été remixé en version Dub par Manjul.

Elle est pas géniale cette nouvelle !

Lors de cette session du No Logo l’année dernière, Manjul était aux percussions sur la tournée de Danakil.

Manjul est implanté au Mali ce qui peut expliquer le rapprochement de Balik pour ce pays et ces artistes…. . Le studio, au Mali, de Manjul, s’appelle Humble Ark Studio. Beaucoup de monde y est passé, dont Natty Jean, mais aussi Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam ou encore Takana Zion (dont il a produit « Rappel à L’ordre »…).

Il a déjà sorti plusieurs albums Dub comme Dup Trip to Mali.
Manjul est un homme de l’ombre dans la sphère du reggae. Ca fait un moment qu’il collabore avec des grands noms de la scène reggae. Ce n’est pas une nouveauté. Il lui arrive quelques fois de suivre en tournée, en tant que musicien des groupes avec qui il a travaillé, dont Danakil. Il a pu aussi accompagner en tant que zikos de Takana Zion

Il a beaucoup collaboré, il a beaucoup produit, bref, il est l’un des grands acteurs de la scène reggae…mais sans trop être médiatique… 

Vous comprenez alors bien pourquoi cette interview est une pépite avant la chronique de son album sur le webzine de la Grosse Radio Reggae. Voici les morceaux choisis de cet entretien, entre la découverte de l’homme-artiste et la rencontre avec le groupe Danakil.

Manjul


« J’ai été attiré magnétiquement par le reggae. »

LGR : Merci à toi de nous accorder un peu de ton temps pour le webzine de la Grosse Radio Reggae. Une petite biographie rapide de ta part pour démarrer ?

Manjul : Oui. Merci à toi.  Je suis Manjul. Je suis né à Barbès dans le 18e arrondissement de Paris. J’ai ensuite beaucoup voyagé. L’océan Indien, Mayotte, La Réunion.
Maintenant, ça fait quatorze ans que je vis au Mali. Voilà mon itinéraire géographique.
Dès l’âge de seize ans, j’ai été attiré magnétiquement par le reggae. En tant que moyen d’expression. Pour le message de Rastafari ainsi que sur le plan social et spirituel.
Enfin, dans tous les lieux que j’ai connus, j’ai eu la chance de travailler avec de nombreux artistes.

LGR : Justement, quel sont les artistes avec lesquels tu as pu travailler ?

Manjul : J’ai travaillé avec de jeunes artistes reggae d’Afrique de l’ouest et de La Réunion. Je peux aussi te citer des artistes plus connus comme Natty Jean, Tiken Jah Fakoly, Amadou et Mariam ou encore Takana Zion.

LGR : Quelle est ta famille musicale ?

Manjul : Après, ce sont des affinités qui se sont créées, plus ou moins fortes, qui ont défini ma famille musicale. Je me sens en famille comme avec Takana Zion ou Natty Jean avec qui je me sens proche sur le plan humain.
Ces sont des connexions culturelles, générationnelles. Je donne de moi et je reçois beaucoup.

LGR : Peux-tu nous parler du développement de tes projets.

Manjul : A l’intérieur de tous les projets avec les artistes que je t’ai cités,  j’ai essayé de développer mes projets personnels. C’est, pour ainsi dire, un témoignage de la culture musicale entre Rastafari et l’Afrique de l’ouest qui pour moi, sont les deux bras d’un même fleuve.
J’aime vraiment comparer mon travail comme le témoignage du fil de ma vie et des rencontres que j’ai pu faire. Tout ce puzzle résume des opportunités que j’ai eues, de mon petit chemin de vie. Ces étapes musicales sont le reflet du passé et du présent, de ce que je vis et des gens qui m’entourent.

Manjul

 


« Je ne précipite pas les choses.
Je transmets ce que j’ai à transmettre. »


LGR : Comment fonctionnes-tu lors de tes projets avec ces artistes ?

Manjul : Souvent on me demande de quel intsrument je souhaiterais jouer pour tel ou tel projet. Je réponds que je fais le travail que j’ai à faire. Si c’est de la cloche alors je ferai de la cloche à 100%. Mon instrument de prédiléction est la basse mais si ce n’est pas ce qui est prévu au-dessus de moi alors ça ne le fera pas. Ca n’a pas de sens.
Je ne précipite pas les choses. Je transmets ce que j’ai à transmettre. On s’aide à s’aider. Souvent quand tu cherches trop ce que tu voudrais, tu passes à côté de ce que les gens attendent de toi. Il faut un juste équilibre.

LGR : Quels sont les artistes qui t’ont inspiré ? 

Manjul : Sugar Minott a été pour moi une grande inspiration musicale et sociale. Je n’aurai pas eu les mêmes relations avec les frères et soeurs d’Afrique sans son contact. Non pas qu’il m’ait influencé comme un prof, un père ou un guru. Je l’ai juste observé et j’ai beaucoup appris.
Sa transmission a été faite par l’observation. J’ai eu beaucoup d’opportunités dans ma vie. C’est une grande part de chance.

LGR : Ceux avec qui tu aimerais travailler ?

Manjul : Tu sais, il y a énormément d’artistes avec lesquels je rêverais de travailler. Ce serait un très bel hommage pour moi. Mais je préfère que les choses se fassent naturellement, sans forcer. Beaucoup d’artistes m’ont bercé, j’aimerais par exemple travailler avec Burning Spears. Mais la jeune génération m’attire également comme des nouveaux tels que Protoje. Je ressens les choses dans ma vie de manière instinctive. Sans se précipiter on finit par se rencontrer.

LGR : Justement, peux-tu nous parler de ta rencontre avec Balik du groupe Danakil ?

Manjul : Moi, j’étais au Mali depuis longtemps sans connaître le groupe. J’ai rencontré Balik au Mali au cours d’un de ses voyages qu’il a effectué seul. Lui connaissait un peu ce que nous faisions et aussi Takana Zion. Il avait, avec le groupe, l’intention d’enregistrer leur album Echo du temps sur deux sites différents. Une partie en Jamaïque et une partie à Bamako.
Ca a été une rencontre réelle avec Balik

LGR : Connaissais-tu d’autres membres du groupe Danakil ?

Manjul : Quant au groupe, j’avais, sans le savoir, déjà travaillé avec le trompettiste et le pianiste de Danakil il y a 10 ou 15 ans.

LGR : Comment as-tu ressenti le travail avec ce groupe ?

Manjul : J’ai apprécié ce qu’ils faisaient. Ils m’ont donné les rênes des choeurs et des arrangements. A travers ce travail là, je me suis mêlé au sein de ces artistes. J’ai adoré leur manière de vivre leur histoire artistique et humaine. Leur manière de vivre ensemble tout simplement. Leur accueil, leur partage. Ils ont des valeurs qui m’ont touché pour longtemps. Suite à cela, ils m’ont fait tourner sur leur tournée qui a suivi en tant que percussioniste et choeur.

LGR : Peux-tu nous parler de l’interaction que ça a engendré entre Danakil et Natty Jean ?

Manjul : Oui, ils ont rencontré Natty Jean à cette occasion et lui ont alors donné l’opportunité d’exister sur la scène internationale.
On avait fait son album, à Natty Jean, depuis deux ans mais avant de le sortir, nous attendions quelque chose, une étincelle. Avec nos peu de moyens et de temps pour que son projet puisse s’exprimer.
Finalement, la rencontre entre Danakil et Natty Jean  a été magique puisque Natty est devenu un membre à part entière de Danakil.
Du coup c’est une vraie histoire qui nous lie.
 

Manjul

 


« Ils ont planté des graines
qu’ils ont su faire récolter par le public.
Une vraie énergie transmise grâce à eux
sur de vraies valeurs du reggae. »


Manjul : Une deuxième étape,  en 2013, sur leur deuxième album avec un vrai plaisir de les retrouver pour les mêmes services à la percussion et au choeur sur leur tournée.

LGR : Bilan de cette rencontre ?

Manjul : La rencontre avec Danakil, c’est une belle rencontre.
Et puis, j’ai fait plus de la moitié de ma vie hors de France. Finalement, ça a été l’occasion de collaborer avec des personnes d’ici que je n’aurais pas pu rencontrer dans l’Océan Indien ou au Mali. Réelle occasion de passer du temps avec eux.
Ils ont planté des graines qu’ils ont su faire récolter par le public. Une vraie énergie transmise grâce à eux sur de vraies valeurs du reggae.
Chez Danakil, il s’agit surtout d’un aspect social, qui fait partie, avec le côté culturel et spirituel, des forces du reggae.
C’est grâce au social que les peuples, les frères et les soeurs se rencontrent.

LGR : Voilà les clés de cette rencontre entre Manjul et pour attendre la future chronique de ce nouvel album, voici le clip officiel de Danakil – Hypocrites Dub chez Baco Records.

« Danakil – Hypocrites Dub » est le premier extrait de l’album « Entre les Lignes Dub » réalisé par Manjul inspiré du dernier album des Danakil « Entre les lignes ». Dans les bacs le 08 Juin 2015 et sur http://www.bacoshop.fr « !

Interview : Bamba Stick
Photo : Fredo
Retranscription : Zopelartisto
L’envie de partager : La team de LGR
 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements