Festival des 6 Pierres – 8ème Edition

L’arrivée au gros rond-point de l’entrée de Crevant-Laveine est toujours un moment dont je raffole, il est synonyme de soirée aux vibrations positives. Ouverture des portes à 20 heures. Un petit tour de salle pour dire bonjour à toute la famille Mako, organisatrice du festival, et à des têtes qui font partie du paysage reggae local. Petite discussion devant une mousse ou un café avant que ne démarre le set du Wicked band.


DAWJAH & THE WICKED BAND


Dawjah,  le chanteur du groupe, démarre sur son « brûler l’or », titre qu’il chante depuis longtemps mais toujours d’actualité avec une dédicace à Rémi Fraisse et les militants d’un monde meilleur, plus juste, plus écologique.

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Sur « Natural weed », il demande « Y a-t-il des ganjaman et des ganja farmer dans la salle ? », la foule s’anime, le ton est donné.

Dawjah  pousse la voix, monte, haut très haut dans les aigus, la note est là, digne du falsetto de Cedric Mython pour une superbe reprise de « fisherman row » des Congos, tandis que Lord Faya au clavier donne la note baryton ( Watty Burnett) du morceau.

Avec « Faya burnin’ « , le morceau démarre calmement, presque nyabinghi, amené par les percussions de Lion King pour finir énervé, limite d’un boggle.

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Remerciements à  Sa Majesté sur le titre suivant, l’Alpha et l’Oméga, toute chose vient de lui. Dawjah est content d’être sur scène et ses remerciements continuent pour  la famille Mako, initiateurs de ce festival, et c’est bien d’une histoire de famille qu’il s’agit, la grande famille du reggae. Ici, on se sent chez soi.

« Croire en soi » est une chanson dédiée à ceux qui galèrent pour trouver un travail et à ceux qui bossent comme des fous pour un salaire de misère dans un pur son jamaicain.

Il invite les massives à rentrer dans la danse et appelle Rabah Dub à venir partager ce moment avec lui. Rabah Dub nous envoie son flow mitraillette raggamuffin à l’ancienne dans une improvisation dont lui seul à le secret. Dawjah saute de partout, le bonnet valse, les dreadlocks, indomptables se balancent et s’entremèlent. Du pur show improvisé mais ô combien efficace. la foule ne s’y trompe pas, on entre dans la danse, ou plutôt dans la transe.

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S’en suit une tune sur  la police et toutes ses dérives :  contrôles au faciès, brutalité voir bavure avant d’entamer un medley Marley (« Burnin’&Lootin’ », « them belly full », « Heathen », « Iron Lion zion », « jamming » et « Trenchtown rock ») où en toute logique la salle reprend les paroles.

Il nous remplit positivement la tête et les oreilles avec des titres comme « signs », « vivre », « petite galère », « rightfull ruler », ou encore  « Faya burning ».

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Avec « Jah kingdom », le band composé de Lion King au percussions, Brice et Tress aux guitares, Roma à la basse, Lord Faya aux claviers et chœurs, et Matoo, le batteur (qui est aussi le président de l’association KFB au Puy et dont tous sont membres), nous transporte dans la chaleur de Mama Africa avant d’entonner le final sur le titre « wadada », qui signifiee « Peace & Love », tiré de son dernier EP.  On reparle de cet EP très rapidement dans un article flashback. Dawjah est un artiste vrai, qui vit sa musique et cela se ressent.

Tonto se chauffant la voix en loge, Rémi Makonnen entre sur scène, et les textes et la voix qui ont fait la renommée de Mako & Co opèrent pour un tour de chant sur « Alors comme çà » et « j’apprécie » avec Virginie aux chœurs. Ils nous ravira avec son hommage à Kaya, grand chanteur mauricien (mort en 1999 et dont les circonstances de la mort sont encore aujourd’hui troublantes et sujettes à polémique), avec sa reprise de « problème société ».

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TONTON DAVID

Rémi passe alors derrière les platines et enfile la casquette (ou plutôt le bonnet) de selecta pour un Tonton David mis sur son 31. Costume qu’il dit que sa femme n’a pas repassé, on sent qu’il est en forme pour nous sortir quelques instantanés de sa vie et de suite, se dit ravi de revenir dans notre région. Démarre alors « Sos homme battu ». Une dédicace à tous ceux qui ont froid et il attaque par « il marche seul ». Il sait capter les photographes,  professionnels ou amateurs, et vidéastes pour que chacun puisse repartir avec un souvenir de cette soirée. Et il donne de la voix  de plus belle pour « Position High ».

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Sa femme bien qu’absente de la soirée est bien présente pour Tonto puisqu’il en fait l’éloge fréquemment, on sent la fierté de la famille, un amour qui dure depuis 25 ans, 4 enfants dont l’aînée à 18 ans, un homme épanoui à l’aube des 50 ans qui parle de la vie simplement.
S’en suit « ils ont appelé la police » et un « Peuple du Monde » au riddim survitaminé qui appelle un pull up. Tonton David jouant souvent au chat et à la souris en envoyant des « ho seigneur« , et « arrête çà ! » à Rémi Makonnen qui s’en amuse tout en gardant le contrôle des platines.
Une petite blague sur l’adultère et le PMU, regardant certains et dire « hein, tu n’as pas pu faire autrement que venir avec madame ce soir », Tonton David est taquin et repart sur un magnifique « Roots man ».

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1ère note, çà sent du lourd, le « revolution » riddim cher à Dennis Brown pour reprendre « mon CV ».

Il dit que sa vie ne plait pas à tout le monde puis il attaque un puissant « chacun sa route » suivi de « sûr et certain » que le public reprend aussi en cœur, le riddim semble pitché, cela accélère, il dit qu’il a moins d’énergie qu’avant et qu’on va lui faire faire un joint de culasse. il nous montre même son coté physique de la cinquantaine.

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Mais rien ne l’arrête. Un discours sur les jeunes et les ripostes de la police, la répression. Son « ils se payent ta tête » ne connaitra pas de fin. Il nous explique que c’est un nouveau morceau et qu’il ne se rappelle pas toutes les paroles. La fin de son show approchant, il le dédie à toutes les mamans, avec une pensée émouvante pour la sienne et tout le monde reprend avec lui « ma number One ».

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Des remerciements à tout le monde, pour l’accueil, il nous redit son plaisir à être revenu 3 ans après sa première prestation ici (avec Pierpoljak) et nous dit qu’il est prêt à revenir dans 3 ans. Tonton David, un artiste entier et authentique.

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THE RIOTS


Petit moment interscène, un petit café, et c’est reparti avec The Riots sur une intro digne de leurs modèles, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly.

Les cuivres, des vrais, pas ces froides copies en synthé, joués par Romain et Cédric « Kéké » transportent la voix de Ludovic qui envoie « les hommes sont cons et le monde est corrompu » sur le magnifique « comprendre tue ».

Un magnifique solo de guitare de Maxime « Suga » et c’est parti pour « la voie est sans issue ». Sur le morceau suivant, « sweet salone », nous avons droit à un très joli duo cuivre pour nous parler « des hommes qui perdent le sourire dans leur travail, ces frères qui ramassent des cailloux pour pas grand chose en Afrique ».

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Lourde ligne de basse par Olivier soutenu par le riff d’orgue de Warda, des chœurs magnifiques avec « chacun de son côté ». Les textes sont recherchés dans le social, sociétal et politique, « où est la solidarité, je n’ai vu que des gravas tomber, le monde est divisé, black blanc beur, chacun de son côté (…), on perd le gout de vivre ensemble ». Le morceau rentre bien dans la tête.

Arrive « quelques regrets », titre qui devrait paraitre sur le nouvel album à l’automne 2016 et qu’ils ne jouent en public que pour la 2ème fois. Cela annonce une continuité de qualité. Le Synthé de Warda monte en puissance tandis que surgit la guitare de Maxime, l’un répondant à l’autre, on sent la complicité.

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Moment fort avec « la dernière bombe », si le reggae est un chant révolutionnaire, il est avant tout messager de paix et d’harmonie, tout ce que l’on ressent dans ce morceau.

Trompette bouchée très jazzy et synthé en mode piano, très intimiste avant que ne retentisse la basse sur « je sais » et reprise de la foule pour « ce ne sont pas les armes qui feront passer le message, ne vendons pas notre âme. »

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S’en suivent « petit soldat », « avenir positif »,  « dans tout çà » et « discriminé ». Chœurs magnifiques sur  « Reggae Roots Vibration » avec une rythmique dans la plus pure tradition, batterie one drop de Patrice / ligne de basse d’Olivier, digne de Sly & Robbie.

« Où vas tu » avec un message pour les migrants qui traversent la mer pour vivre mieux. Le chanteur interroge « que faisaient certains en 1940 ? »

Avec « j’ai honte » qui paraitra dans le 2ème album, Ludovic nous parle de la pseudo souveraineté de la France, de cette France qui fait honte quand elle s’implique dans certains combats et qu’elle salit le drapeau et Il finit d’enfoncer le couteau avec « Grand Israël » qui est sublimé par des cuivres qui sonnent l’intro de « Rockford rock » chers aux Skatalites

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Le set se termine par « Rest In Peace » qui est un très bel hommage à Steve Biko, militant anti-apartheid mort en 1977.

JAH LEGACY

Pendant l’inter-plateau, la salle se vide quelque peu mais très vite Jah Legacy prend la place et va fournir aux « résistants » une prestation de premier ordre. Il faut dire que le quatuor formé de Manu (chant, guitare rythmique), Charley (lead guitare, chœurs), Julien (batterie et chœurs), et Laurent (basse) joue ce qu’il appele du «Simply Reggae» dynamique, tout en musicalité, épuré, mettant en valeur la voix du chanteur qui me rappelle étrangement Julian Marley de par son timbre de voix qui démarre par un « music is there ».

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Avec « Time is now », qui sortira sur leur nouvel album le 27 avril, Charley nous sort un magnifique solo de guitare qui rappelle les ballades des années 60. Les chœurs subliment le morceau. Réservez votre date pour l’album.

Ils nous interprêtent aussi a « Do it one more time », « Rocks at out roads », « What it Will remain » et « creation ».

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Sur « God will make a way » et « faya and staw », nous avons droit à de belles démonstrations de guitare par Charley. Il est comme possédé et nous exorcice un Jimmy Hendricks ou un Joe Satriani de ses 6 cordes. On sent les influences rock du groupe.

« Try » est un morceau doux qui « nous demande d’essayer, de ne pas avoir peur, de ne pas repousser au lendemain ses envies ».

 « Do it right » sur un early reggae transporte loin, très loin, de par ces choeurs dignes des grands groupes jamaicains, comme une ritournelle qui tourne dans la tête « Do it right, Come on and do it right now, Oh baby you’ve touched my heart,Yes that for sure » tandis que « looking for joy » envoie une intro dub.

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le concert se finit sur leur « inna revolution » et « identity paper », la voix légèrement éraillée de Manu fait merveille. Petits sauts de guitares, rudesse de la grosse caisse et ligne de basse assènent le coup de grâce.

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La 8éme édition tire doucement sa révérence. Petit passage par les stands, récupérer les CDs et petite discussion avec certains artistes. The Riots sortiront bien un 12 titres cet automne. Il est en cours d’enregistrement au Studio Soul Nurse Record (Rod Anton et Joe Pilgrim & the Ligerians) tandis que celui de Jah Legacy « time is now » sortira le 29 avril. Un au-revoir à la famille Chartier. Et on se dit à l’année prochaine pour la 9ème édition, cela va de soi, car on se sent « comme à la maison ».


Qualité d’accueil et des différents artistes. Juste dommage qu’il n’y ait pas eu plus de monde pour cette édition (220 entrées). Les absents ont vraiment manqué une soirée énergique et harmonieuse.
 

Crédits photos :
Alexis pour Reggae on the Road (toutes les photos ici)
Rebecca (toutes les photos ici)
Thierry pour Mako Prod.


Je tiens à remercie toute la famille Chartier (Mako Prod) pour leur accueil et avoir rendu cette aventure possible. Une pensée pour mon binôme photographe, Christine « Kaya » qui n’a pu être présente à cette soirée pour raison de santé et à Alexis d’avoir répondu présent pour être le photographe.



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