Ackboo – Invincible

A paraître ce 1er avril 2016 le nouvel album d’Ackboo. Le nom de cette production, Invincible ne vous est pas étranger. Nous vous avions proposé de découvrir le clip du titre éponyme il y a quelques mois.

L’album Invincible ne nous propose pas une histoire au sein de laquelle l’auditeur chemine. Ackboo est plutôt parti sur le développement de thèmes qui construisent ses valeurs.
Une sorte de trait d’union entre l’homme et l’artiste.
L’ensemble n’est pas un copier-coller d’albums que l’on aurait déjà pu entendre sur la scène dub. Ackboo, constamment dans l’innovation, nous propose un projet très personnel à l’intérieur duquel les références, les featurings, les vibrations lui appartiennent totalement.

Il suffit d’observer la pochette de ce nouvel album pour comprendre que nous entrons dans l’univers du producteur. L’artwork laisse deviner l’univers de cet artiste. Encore faut-il avoir quelques clés pour les comprendre. En filigramme, accompagnant l’enfant, un hibou apparaît. Symbole utilisé depuis l’antiquité, Ackboo l’a choisi pour la symbolique de la sagesse et de la philosophie. L’animal représente évidement le monde de la nuit mais aussi celui du milieu underground qu’Ackboo défend corps et âme.
La forme pyramidale nous fait immédiatement penser aux origines égyptiennes d’Ackboo. Mais  ce symbole représente aussi la spiritualité que l’artiste souhaite plurielle pour tous les humains. Chacun décide de ses croyances, Ackboo nous en parlait déjà lors de son interview pour notre webzine, aucun prosélytisme.
Enfin, l’enfant, de part son métissage représente l’avenir. La jeunesse qui ne peut être que la meilleure entrée pour modifier notre monde.

Ackboo
 

Plusieurs chemins sont possibles pour découvrir cet album. Je vous propose de débuter par les titres 100% Dub.

Ce choix est orienté par mon titre préféré « Celadon ». Un titre sans aucun featuring durant lequel on découvre la nouvelle panoplie sonore d’Ackboo. Le terme « Celadon » fait référence à une porcelaine orientale très développée en Chine. C’est alors que l’on comprend cette référence dans les première notes de la mélodie. Les notes sont cristallines. Le dub-maker utilise les cloches pour construire cette mélodie. La basse reste légère pour ne pas étouffer ces sonorités aigües. C’est tout simplement beau. Plusieurs images peuvent alors submerger l’auditeur. Une impression qui nous fait rentrer dans un véritable carousel. Cette sensation de tourner et d’être étourdi. Très agréable mais aussi destablisant avec un sentiment d’inquiétude qui surgit à certains instants.

Alors, rapidement, un aspect cinématographie nous vient à l’esprit. Lorsque vous aurez écouté l’ensemble de cet album, vous découvrirez que les sensations cinéma sont assez présentes durant l’audition.

Autre titre 100% Dub, « Ganja Skank » est une très belle ganja Tune. On y retrouve les cloches mais utilisées de manière différentes. Le skank est parfait. Notre corps balance ainsi que notre esprit avec de bonnes réverb dub. Très agréable.

Sonorités plus anglaises sur le morceau « Soul Rebel » qui vient conclure le travail solo d’Ackboo. Le titre représente à nouveau une valeur importante pour l’artiste. Les percussions sont utilisées sur une fréquence plus rapide.

Jettons un petit coup d’oeil à la tracklist. On s’aperçoit que les titres 100% Dub sont insérés au sein des autres morceaux. Un choix très cohérent dans un projet comme celui-ci. Ackboo crée une écoute fluide de ses morceaux avec de vraies altérnances musicales. Très appréciable pour l’auditeur.
 

1- Freedom ft. Dan I Locks
2 – Invincible ft. Brother Culture
3 – Celadon
4 – Days Ain’t Bright ft. Horace Andy
5 – Rise ft. Solo Banton
6 – Long Story ft. Malone Rootikal
7 – Cyann Stop the Rastaman ft. S’Kaya
8 – Ganja Skank
9 – Helping Hand ft. Green Cross
10 – Ina Sky ft. Marcus Gad
11 – Dying Inside ft. Maicee
12 – Soul Rebel
13 – Raise our Voice ft. Dan I Locks
14 – Dreader Than Dread ft. Linval Thompson
 

Cette tracklist est l’occasion de découvrir les noms des artistes que le producteur Ackboo a souhaité faire participer à sa production. On voit clairement une bande de copains que l’on a déjà pu entendre avec cet artiste. Sélectionnés pour leur histoire artistique avec Ackboo, ces chanteurs n’en restent pas moins de vrais piliers dans l’amitié.

« Long Story » ft. Malone Rootikal en est l’exemple le plus illustré dans ce titre. Morceau idéalement créé pour Malone. Vibrations collées au style du sing-jay. La voix la plus costaude de cette production. Elle tranche avec les voix des autres chanteurs. Une force au service d’un titre qui reprend les combats lyricaux que mènent depuis longtemps les deux artistes dans leur musique. Une amitié à nouveau scellée sur ce titre.

Le morceau qui selon moi déchire l’album, dans le bon sens du terme évidemment, est le titre « Ina Sky » ft. Marcus Gad. Une réussite totale ! Une force irrésistible s’empare de celui qui écoute ce morceau. Ackboo a su utiliser les gimmicks de Marcus sans en abuser. Mais alors quelle construction sonore! On jump, on s’envole, on rêve, on chante à en crier sur ce morceau.

« Cyann Stop the Rastaman » ft. S’Kaya nous rappelle que le sing-jay a parcouru de longues distances et de longs moments avec Ackboo sur les routes de France. Rien ne les a arrêtés pour developper leur style et les deux bonhommes ont su construire un super morceau positif et, au-delà, un beau début de carrière. S’Kaya a fortement évolué et semble faire flotter ses lyrics sur la mélodie de Ackboo. Lui-même a arrangé le son, qui, par l’utilisation de cloches et d’effets de brillance s’adapte et se mèle au chanteur.
 


« Helping Hand » ft. Green Cross débute par un côté plus digital à la Manu. Le chant est lui-même davantage ancré vers un côté Hip-Hop. Nouvelle alternance dans l’écoute.

Tous ces chanteurs vous pouvez donc les retrouver dans les anciennes productions d’Ackboo. Pressure Riddim et bien entendu Turn Up The Amplifier toujours disponibles à la vente.
 

Ackboo


Et puis, il y a la superbe découverte de « Dying Inside » ft. Maicee. Une présence féminine qui fait du bien. Une production musicale qui part également sur les sentiers du Hip-Hop. La voix de la chanteuse m’a rappelé celle de LiliBoy la chanteuse du groupe français Deluxe. Des vibrations bien aigues mais surtout un flow caractéristique du style. J’ai adoré ce titre.

Ce prochain album revendiquera avec force des valeurs de lutte et de courage afin de s’extraire de Babylone. On n’en attendait pas moins d’Ackboo qui nous a très souvent habitué à cette volonté de défendre des valeurs humaines pour notre vie quotidienne. Les pistes « Freedom » ft. Dan I Locks et « Invincible » ft. Brother Culture en sont les exemples.
Je me permets de citer mon collègue Charliedub qui écrivait très justement : « Freedom » poursuit en fanfare la cadence effrénée d »Invincible ». S’appuyant peu ou prou sur la même ossature rythmique, Ackboo laisse cependant s’effacer quelque peu le skank, qui est ici moins prononcé, afin de mettre le paquet sur la ligne mélodique qui fleure bon l’électro des 90’s. C’est donc un dub stepper survitaminé que vous pouvez entendre, sur lequel Dan I Locks vient toaster avec ses conscious lyrics qui rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires et/ou politiques du XXème siècle : Nelson Mandela, Che Guevara, Patrice Lumumba, Martin Luther King… .
 


Raise our Voice ft. Dan I Locks et Rise ft. Solo Banton vont dans la même direction avec des influences vocales qui nous orientent vers la scène reggae anglaise.

Enfin, cerise sur le gâteau, Ackboo a eu la chance de pouvoir travailler avec des références incroyables de la scène reggae. Tout d’abord « Days Ain’t Bright » ft. Horace Andy.
Le chanteur jamaïcain fêtera bientôt ses 65 ans. Souvenez-vous, il n’avait que seize ans lorsqu’il a enregistré le titre « This is a Black Man’s Country » en 1967. Alors le découvrir sur la production d’Ackboo, chapeau pour cette combinaison. Gros son electro-dub pour ce morceau mais toujours avec des sonorités cristallines. On retrouve également les gimmicks du chanteur en introduction puis le titre s’envole pour nous dire que certains jours que nous vivons ne sont pas toujours brillants mais qu’il faut rester dans la lumière pour trouver l’espoir.

« Dreader Than Dread » ft. Linval Thompson est un joli clin d’oeil à l’un des ses plus grands hits. Il avait débuté sa carrière avec des morceaux qui abordaient le thème des dreadlocks : « Don’t cut off your dreadlocks », « Ride on dreadlocks » et « Long long dreadlocks ». Il clôt l’album de Ackboo sur un stepper bien appuyé au clavier. Suivi d’une mélodie légère qui se tranfome digitalement. Le rythme s’accelère telle une dernière rampe de lancement pour nous faire flotter.

Invincible sort sur le label d’Ackboo : TANTA RECORDS avec l’appui de Khanti Records et Harmonia Mundi pour la distribution.
 



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