Seyni et Yeliba – Mon Général

Seyni & Yeliba est un groupe de reggae mandingue (originaire de l’Afrique de l’ Ouest, en l’occurrence la Guinée). Le reggae joué par ce groupe est un mélange de sons jamaïcains et de sons de Guinée, où le balafon est très présent. C’est un instrument à percussion, un peu comme un xylophone, mais avec plein de niveaux de sons différents.

Seyni dira de sa musique que c’est du reggae Yankadi, qui est le rythme de la Guinée.
Son père et sa mère étaient griots, ces conteurs de l’ Afrique de l’ Ouest, porteurs et dépositaires de l’histoire du village, qui transmettaient la tradition orale par le biais d’ une certaine poésie, mais aussi par la musique.
C’est ainsi que Seyni apprend la maîtrise du balafon ainsi que la guitare, par son père. Mais très jeune, il va s’ouvrir à d’autres sonorités et particulièrement le reggae et celui de Bob Marley.

Jeune homme vers ses 17 ans, il part en Côte d’Ivoire; Il va intégrer l’équipe de Souleymane Koly (troupe Kotéba Abidjan). Il va parfaire son aptitude aux percussions, apprend le chant, la danse et même le théâtre.
En 1989, il part s’installer en France, habitera différentes villes: Angoulême, Bordeaux.
Il montera un groupe Rootsaba et produira un album nommé Limanyna (courage et humilité) où Manu Dibango posera ses superbes sons de sax sur le titre « Faniko ».

A partir de là, Seyni va être reconnu internationalement. En 2006, il participe au  Rototom Sunsplash et d’autres festivals.
D’autres groupes et de nouvelles collaborations vont se faire ( Music’action, Mosaïc, Soulbeats Records (album Liberté ), VMusic pour Mon Général.

Malheureusement Seyni est victime d’un grave accident de la route. Un coup dur pour la progression de sa carrière. il subit la dure loi des maisons de disques et tout ce qui gravite autour: pas de malades, faut que çà tourne.
Même s’il vit toujours en France, son coeur bat toujours pour son pays la Guinée, dévasté en 2009 par des répressions sanglantes et en 2015 où de nouvelles élections ont lieu.

Il crée une nouvelle formation: Seyni & Yeliba, sort 2 morceaux « My Roots » et « Conakry ». Son plus grand souhait c’est l’unification de son pays. L’esprit du griot est toujours là présent essayant de réveiller la conscience de ses compatriotes guinéens, il reste le porte parole de sa culture.

Seyni (Alseny Kouyaté) a à son actif de très nombreux concerts (plus de 500) aux côtés des plus grands et plus de 6 albums. Il a obtenu le prix du web Awards 2009 pour son album Mon General.
C’est de celui ci dont je vais vous parler.

Seni & Yeliba Album Mon Général

La plupart des morceaux sur les 12 titres sont chantés en français, d’autres en malinké ( la langue natale de Seyni), parfois en anglais et malinké.

Musicalement le balafon est présent et donne cette couleur typique et aussi imprime le rythme sautillant qu’on peut aussi voir dans les jambes de Seyni sur scène.
Tous ces morceaux parlent de l’ Afrique, guinéenne en particulier.
Seyni y dénonce les abus, la corruption, la mésentente entre les ethnies qui ont déchiré son pays, le coup détat des militaires en 2008 et les répressions sanglantes de 2009.
Il y chante les douleurs de l’Afrique. »Mon Afrique », « Agissons », « Démocratie », « Larmes de Sang ».

Il parle aussi d’amour sur « One Love » en feat avec Kiddus, où le refrain de la chanson de Bob Marley est repris: One love, Let’s get together and feel all right. 
Il s’exprime sur de la fatalité de l’existence (« Dounou N’ya »), souhaite l’unité, la liberté, rêve de démocratie (« Mon Général »).
Mais de toutes ces chansons, il en ressort une sorte de bienveillance envers les peuples d’Afrique, mais pas seulement. Son encouragement à l’unité, à la paix, au changement, à l’égalité s’adresse à tous les peuples de cette terre.
Son message est universel et rejoint tous ceux qui oeuvrent soit par leur musique, soit par leurs écrits, par leurs créations, leurs discours même, pour le bien être de l’humanité et pour un profond changement des mentalités et des comportements des dirigeants. (« Mon Général ») 

Mais Seyni ne s’avoue jamais vaincu, la musique est sa raison de vivre, mêlé à l’ espoir et la force de vie.
 
Je vous invite à lire une interview très intéressante de 2013, sur Afiavimagazine, où Seyni parle de son parcours et des embûches qu’il a pu rencontrer.

On peut vraiment qualifier Seyni, d’artiste militant et engagé.

 

 



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