Groundation & Harrison Stafford

A l’occasion de la sortie de l’album BUILDING AN ARK, les californiens de Groundation sont de passage à Paris en cette fin mars. L’occasion pour La Grosse Radio Reggae d’interviewer Harrison Stafford.

C’est au cours d’une conversation téléphonique intense et trés enrichissante que j’ai pu échanger avec Harrison Stafford figure emblématique du groupe. L’homme est généreux et cultivé et on boit ses paroles.
 
Bienvenus à vous dans l’univers de Groundation.

Stouff : Tout d’abord, merci de m’accorder un peu de ton temps.
Harrison Stafford : C’est un plaisir

S : Parlons donc de BUILDING AN ARK (construire une arche). J’aimerais savoir si l’arche fait référence à l’Arche de Noé et pourquoi une arche ?

HS : Oui oui c’est une référence à l’arche de Noé en quelques sortes mais aussi à l’Arche des commandements. Il s’agit d’un endroit sûr où tu peux tout mettre en sécurité, les choses, les personnes, les valeurs. En réalité ça parle de la Vie, un endroit où la mettre en sécurité et la protéger.

S : Comment peux tu décrire cet album ?

HS : wahou !! comment le décrire ? hé bien Groundation existe depuis 14 ans au cours desquels nous avons fait 7 albums studio, beaucoup de tournées et tout au fil du temps nous avons appris beaucoup de nos expériences et nos galères tout en avançant avec la musique. Il parle de nos expériences, de tout ce qui se passe sur la planête et qui est trés important pour nous. Il parle des évolutions et des changements positifs qui nous tiennent à coeur. C’est un album trés dense.

S : On peut dire que c’est le meilleur de Groundation ?

HS : On peut dire que oui, chacun a donné le meilleur de lui même pour cet album.

S : Où et comment a t il été enregistré ?

HS : Il a été enregistré de la même façon que les autres en Californie, dans le même quartier que l’université où nous avons étudié le Jazz et où nous nous sommes rencontrés et formé Groundation.

S : Que préferez vous : studio ou live ?

HS : Ce sont deux choses bien différentes et nous aimons les deux. Les deux sont trés bien et trés intérressants. En studio on enregistre, on joue les compos et on fait les arrangements, on écoute et on ré- écoute pour fabriquer l’album. Le live, c’est une union avec le public, un échange, on vit le moment présent et plus  nous sommes libres et ouverts sur scène et plus on ressent l’énergie positive des personnes qui viennent nous voir. On peut alors improviser, echanger, donner et partager avec eux. C’est trés beau. C ‘est pour ça que Groundation aime les concerts, pour cette énergie positive qui se transmet du public.

S : Les choristes Kerry Ann Morgan & Kim Pommell sont mises en avant sur cet album, peux tu m’en dire un peu plus ?

HS : Oui en effet, il est temps pour les 9 musiciens de se mettre en valeur. Il est temps pour elles de passer au devant de la scène et d’être plus présentes encore. Je trouve qu’elles ont vraiment des voix spéciales et magnifiques. Quand tu entends Kerry chanter, tu sais que c’est Kerry et quand tu entends Kim, tu sais que c’est Kim. De plus il y a un mouvement important de femmes qui chantent aujourd’hui, il se développe énormément et c’est trés bien. Elles sont de plus en plus nombreuses. C’est normal que Kerry et Kim soient mises en avant.

S : Comment composez vous vos morceaux ? Est ce que c’est toi qui compose tout ?

HS : Hé bien ça dépend, parfois je compose seul avec ma guitare et ensuite je propose aux autres, parfois c’est Marcus ou Ryan qui proposent des choses. Puis on voit ça tous ensemble, on improvise et on trouve nos morceaux.

S : Es tu toujours influencé dans tes compos par tes voyages à Jerusalem ?

HS : Oui bien sûr que je le suis toujours. C’est une grande partie de ce que je suis, de comment j’ai grandi et évolué. Je suis fier de ça et je serai toujours influencé. De plus, Groundation est un groupe ouvert sur le monde et sur la liberté, ça va donc dans l’optique de toutes nos influences.

S : Cette année, nous fêtons les 50 ans de l’indépendance de la Jamaique ? Que penses tu de son évolution et de ses reggae men ?

HS : Hé bien le rastafarisme est la fondation, la base de la musique reggae et du mouvement. Il est toujours présent en Jamaique. La musique jamaicaine a pris différentes directions, mais elle évolue sans cesse et ses dérivés aussi. En 50 ans on voit vraiment l’impact de la musique jamaicaine, comme elle est forte et comment elle a dépassé les frontières. C’est formidable.

S : Ton avis sur le slackness et les propos violents ?

HS : Hé bien, ceux qui parlent slackness ne sont pas des reggae men pour moi, ce n’est pas du reggae, ce sont des « gangsters ». Car qu’est ce que le reggae ? qu’est ce que le musique reggae ? et qu’est ce qu’un reggae man ? Ce n’est pas du slackness pour moi, c’est tout le contraire.

S : Quelles sont vos références musicales ?

HS : Ohh !! C’est tout le monde !! Quand Marcus, Ryan ou moi même rentrons chez nous, nous écoutons beaucoup de choses différentes. Nous écoutons de la Soul, Otis Redding, Marvin Gaye ou encore du Jazz, Charlie Parker, Johnny Cash, James Brown, Steevie Wonder,  même du hip hop, nous écoutons tout. Pour moi quand je suis en tournée, j’ai toujours mon ipod avec une tonne de chansons et je les écoute au hasard. J’écoute aussi du rock comme Pink Floyd ou Led Zeppelin. Nous sommes des amoureux de musique et la musique te rend meilleur, c’est spirituel, ça unit et ouvre les esprits.

S : Quels groupes reggae français aimes tu ?

HS : J’aime bien Danakil que j’ai vu sur scène, Broussai, Fundé ….Et nous aimons beaucoup Sebatian Sturm, qui est allemand mais qui fait de trés bonnes choses et qui est un ami à nous. Le reggae français est trés  vivant et trés fort grace aux musiciens français et c’est trés spécial. Je pense que la France a une grande influence sur le reggae mondial. Le reggae français est connu et reconnu.

S : Certaines personnes parlent de la fin du monde en 2012, qu’en penses tu ?

HS : Je ne pense pas que ce soit la fin du monde, c’est juste le début ! Je pense qu’il s’agit simplement d’un calendrier fait il y a longtemps. Je ne crois pas qu’il y a une date de fin. Ca peut être la fin du monde n’importe quand. Je ne crois pas à la fin du monde cette année. C’est ce que nous faisons qu fait notre vie, même si on a des galeres, il faut se battre, ne pas abandonner. Ce qui est fondamental c’est la Vie. Ca fait des milliers d’années que le monde existe et il existera encore. Il ne faut pas abandonner. Il faut croire en soi et en les autres, garder espoir et avancer. C’est si tu ne crois plus en rien que oui c’est fini pour toi. Nous avons beaucoup à faire encore pour ce monde.

S : As tu suivi l’actualité française cette semaine avec le tueur au scooter ? as tu une opinion là dessus ?

HS : Je ne sais pas trop quoi en dire, je pense que comme dans toute religion, chacun l’interprête à sa manière. Quand les gens échangent sur ce qu’ils apprennent il s’enrichissent entre eux, alors que quand tu lis seul le Coran, la Bible ou la Torah, tu peux interpréter à ta propre manière et pas forcément comme cela avait été écrit à la base. Certaines personnes qui voient leurs proches souffrir ou mourir dans des guerres par exemple, peuvent interpréter la religion à leur façon et arriver à des actes désespérés. C’est un trés vaste sujet et c’est malheureux pour les victimes innocentes. Parfois, il faut laisser les différences entre religion et penser simplement à la Vie.

S : Quels sont vos projets ?

HS : Nous avons beaucoup beaucoup de travail avec la sortie de Building An Ark,  tournée mondiale, Europe, Caraibes, Amérique et peut être l’Amérique du sud. Nous prévoyons aussi de faire un DVD, un album dub de Upon the Bridge. Nous avons beaucoup de choses à faire, ce n’est pas le moment de se relaxer.

S : Merci à toi pour ton temps et pour les messages positifs de Groundation. Bonne continuation à tous.

HS : Merci à toi et je te souhaite le meilleur.

Voilà  un entretien trés enrichissant avec un homme positif, serein et généreux de qui nous avons beaucoup à apprendre. Son surnom de Professeur lui va à ravir. Alors, écoutez Building An Ark et allez voir GROUNDATION sur scène. Et un grand merci à Soulbeats Records.

Teaser Building an Ark – épisode 1

CONCERTS

19 Avril à ISTRES  – L’usine 21H 
20 Avril à GAP – Le Quattro 20H30
21 Avril à LIMOGES – ccm John Lennon 20H30
22 Avril à STRASBOURG – Festival Artefacts – Zénith 12H00
25 Avril à BRUXELLES – Ancienne Belgique
26 Avril à ROUEN – Zénith 18H00
27 Avril à BOURGES – Palais des Congrés FESTIVAL DE BOURGES 18H00
28 Avril à LORIENT – Parc des expos INSOLENT COLLECTION PRINTEMPS – 18H00

  7 Mai à MONTELIMAR – Espace Mistral 20H00
  8 Mai à PARIS – Trianon 18H00
  9 Mai à CERGY – Observatoire 20H00
11 Mai à CAEN – Cargo 19H30
12 Mai à NIORT – Parc des expos
13 Mai à LA ROCHELLE – La Siréne 19H30

10 Juill à JUAN LES PINS – Pinede Gould 19H30
20 Juill à VIENNE – Théatre antique FESTIVAL LES AUTHENTIKS

  3 Aout à GIGNAC – Plein Air

 



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