Interview de Balik (Danakil)

Alors que le prochain album, le cinquième pour être exact, de Danakil, La Rue raisonne, doit sortir le 7 octobre prochain (la grosse chronique ici), La Grosse Radio est partie à la rencontre du chanteur du groupe, Balik.

Notre entretien s’est déroulé le 23 septembre dernier dans un café du 14ème arrondissement de Paris sous un soleil radieux.

C’est avec sincérité et humilité que Balik s’est confié à La Grosse Radio dans une interview à travers laquelle nous avons évoqué les grands thèmes qui parsèment La Rue raisonne.

Bonjour Balik, merci de nous recevoir au nom de La Grosse Radio. Lorsqu’on lit entre les lignes, l’intitulé de l’album comporte un jeu de mots entre « raisonner » et « résonner ». Pourquoi ce choix ?

Bonjour La Grosse Radio. Alors non, ce n’est pas une faute d’orthographe (rires), c’était tout à fait volontaire. L’album sort en 2016, année sociale et pré-présidentielle. Beaucoup de débats ont vu le jour, les gens étaient dans la rue. Je trouvais le jeu de mots intéressant entre le bruit proféré par les manifestants et leur volonté d’organisation et de reprendre les choses en main. Le mouvement a abouti ou pas, tout dépend de la façon dont cela a été commenté, mais cela me paraissait important de souligner qu’il y avait eu cet élan d’unité sociale, malgré que ce soit difficile de créer cette force collective.
Nous sommes, en tant que Danakil, parmi les citoyens, nous faisons partie intégrante de la population et notre rôle était de restituer par la musique ce mouvement ; on ne pouvait pas l’ignorer, même si l’album n’est pas entièrement inspiré par le contexte social.

Le titre « 32 Mars » est une référence directe à Nuit Debout. Quel regard portes-tu sur ce rassemblement, a t-il porté ses fruits ?

En fait, ce que je trouvais intéressant et qui m’a mobilisé ce n’est pas tant le mouvement en lui-même mais les raisons de son éclosion. Pourquoi aujourd’hui beaucoup de monde sort en même temps et dit la même chose ? Il y a en effet un ras-le-bol général par rapport à des situations compliquées, les gens se sentent enfermés dans un quotidien, on nous empêche de réfléchir au-delà du fait de payer son loyer et de pouvoir se nourrir. Parallèlement à cela, des scandales politiques nous éclatent à la figure, les candidats à la prochaine présidentielle sont populistes et arrivistes, situent le débat à un niveau détestable et ne parlent pas des choses qui concernent véritablement la vie des citoyens. Bref, les conditions sont réunies pour que ça pète, quoi !! De plus, les médias ne jouent pas du tout leur rôle mais préfèrent souffler sur les braises.
Et nous avec Danakil, nous sommes là en quelque sorte pour représenter tout ça. On est dans un genre musical qui a dans son ADN la révolte et la défense des plus faibles, de parler d’eux.
Nuit Debout est donc la conséquence directe de la dérive du système capitaliste, de la société de consommation et on ne peut pas passer à côté de ça. Ce n’est pas un calcul de notre part d’évoquer cette situation, mais, ainsi que je le disais plus haut, on est dans la société et on a donc fait cette chanson tout naturellement.
Après le mouvement est là où il en est actuellement, mais parce que tout est fait pour qu’il s’arrête. Cependant, il y a eu une rentrée de Nuit Debout, on est encore en train d’en parler et je pense qu’il y a aura une suite.

Beaucoup de thèmes traversent l’album : l’environnement, l’amour, la nostalgie, la révolte, etc… Quelle en est sa véritable ligne directrice ? Peut-on établir un lien entre toutes ces notions ?

Lorsqu’on choisit le titre d’un album, c’est là qu’on se penche sur sa colonne vertébrale. En l’occurence, là, il s’agit de la réflexion sociale. Même dans la chanson « J’attends le jour » dans laquelle je parle de mon fils, je fais le lien avec la société d’une manière générale. Dans « Back again », qui retrace le parcours du groupe, on rappelle la raison de notre existence. Au final, sur 80% des douze titres de l’album, à un moment ou à un autre, on retrouve cette thématique.

Le temps qui passe, la mort, la fragilité et le caractère éphémère de la condition humaine sont énormément présents dans l’album. Peut-on parler de désenchantement ?

Non, ce n’est pas du désenchantement, c’est simplement la réalité, le cycle de la vie, la nostalgie quand on prend de l’âge, les personnes qui partent et celles qui restent. Toutes ces choses m’ont traversé pendant cette période, ce sont mes expériences.

On remarque plus de souvenirs que de rêves sur La Rue raisonne. Est-ce l’heure du bilan pour Danakil ?

C’est vrai qu’il y a beaucoup de souvenirs. Si l’on prend l’album précédent, Entre les Lignes, l’axe en était la dualité entre le rêve et la réalité, entre ce que je souhaite et ce que je vois. Pour La Rue raisonne, je n’allais pas refaire la même chose et, effectivement, les choses s’articulent d’une manière un peu différente. En fait, la nostalgie est assez présente, puisque c’est ce qui me fait avancer. C’est beau comme sentiment, ça représente le plaisir de quelque chose qui nous manque. Mais bon, plus le temps passe et je me dis qu’il me reste encore beaucoup de choses à vivre. Je suis donc entre ces deux états, comme tout le monde, du reste !

Parlons du morceau « Comme je ». Même en chanson, c’est difficile de dire « je t’aime » ?

Oui, franchement, je ne me vois pas dire « je t’aime » dans une chanson. Peut-être qu’un jour ça arrivera… Et puis bon, c’est le truc de beaucoup de gars. Quand tu écris une chanson, tu essaies de parler aux gens, et j’en connais pas mal qui sont comme ça. Et il se trouve que moi-même avec ma femme, ça se passe ainsi. D’ailleurs, ça l’a fait marrer de retrouver ça dans une chanson. Mais effectivement, l’amour c’est très personnel, et les choses intimistes sont difficiles à rendre publiques.

danakil, 32 mars, balik, interview

Le morceau avec Patrice, « Paris la nuit », est une autre déclaration d’amour dans cet album…

C’est Patrice qui dit « je te hais mon amour« , c’est-à-dire « je t’aime moi non plus« . Paris, c’est tout, c’est à la fois ce que j’aime et ce que je déteste, c’est ce que retranscrit la chanson. C’est une ville qui a une histoire tellement forte, qui rayonne énormément mais qui a aussi souffert, notamment ces derniers temps avec les attaques terroristes. Mais elle ne cessera jamais de vivre et d’exister. Même si j’ai vécu en banlieue parisienne, je suis toujours venu à Paris, c’est mon coin, quoi ! C’est moi qui ai demandé à Patrice de dire cette phrase « je te hais mon amour« , sachant que lui aussi à un pied à terre dans la capitale. J’ai volontairement abordé ce thème, ce n’est pas un hasard, puisque je tenais absolument à faire cette chanson avec lui. Je ne pense pas que je l’aurais chantée seul. Cela fait des années que j’avais ce projet de produire un feat. avec Patrice. C’est un chanteur que j’adore, je me souviens de l’album Ancient Spirit que j’ai découvert à 18 piges. A nos débuts, on reprenait du Patrice avec Danakil, notamment « Fear rules », et pouvoir partager un morceau avec lui aujourd’hui, je trouve cela génial.

Dans le même morceau, tu dis : « depuis des siècles, ses ruelles inspirent les peintres et les poètes ». Est-ce que Danakil voulait apporter sa pierre à l’édifice parmi tous ces artistes qui ont chanté Paris ?

Non, ce serait trop prétentieux, ce n’était pas pour mettre mon nom à côté d’eux.

Sans être prétentieux, simplement le fait de respecter une certaine tradition qui dure depuis toujours…

Je ne l’avais même pas vu comme ça, mais en introspectant un peu, oui sûrement. Je suis d’ici, je suis né à Vincennes et cette ville m’a beaucoup apporté. J’ai grandi dans les Yvelines, j’ai fait mes études à Paris, j’ai mes potes à Paris, j’ai passé des soirées de malades à Paris. Le rapport entre la culture française et l’histoire de Paris dans la littérature, la peinture, etc, est partout. Je trouvais donc intéressant de le signaler. Et puis, il y a le refrain qui est un clin d’œil au « Padam…Padam… » d’Edith Piaf, cependant je dis « Paname« .
Pour conclure sur ce morceau, précédemment, j’avais écrit une chanson qui s’appelle « Quitter Paname » et celle-ci j’ai failli la nommer « Kiffer Paname ». C’était simplement pour prendre le contre-pied. Mais « Quitter Paname » n’était pas une chanson contre Paris, je voulais juste exprimer mon envie de voyager, de voir autre chose, de prendre mon envol par rapport cette ville que je connais depuis mon enfance.

Pour rester sur la culture française, est-ce que, selon toi, le reggae français s’inscrit dans la continuité de la chanson française ? Big Red a repris Bashung, Brahim Jacques Brel, etc…

Par rapport à ce que je fais moi, oui carrément ! Le reggae est ma culture, mais je fais également de la chanson. Mais chacun se l’approprie à sa façon. Après, je ne pense pas qu’on puisse dire cela à propos des artistes français qui chantent en patois jamaïcain. La nouvelle génération est à 90% anglophone, il faudrait donc leur demander leur avis et peut-être qu’ils t’expliqueraient que oui tout en argumentant.
En ce qui me concerne, j’ai toujours eu envie d’écrire des chansons qui sortent du format reggae. Après, je ne peux parler que de mon expérience. Mais, clairement, j’aime faire ce lien, j’ai repris Edith Piaf, j’y fais encore référence dans « Paris la nuit », je suis fan de la version de Brahim de « Ne me quitte pas », j’adore Max Livio qui chante Bashung, Big Red également quand il le fait à sa façon.  J’apprécie vraiment tous ces ponts-là. Et même la compilation Il est cinq heures, Kingston s’éveille était magnifique ; c’est d’ailleurs cette dernière qui m’a donné envie de reprendre Edith Piaf. J’aime aussi ce que réalise le Booboo’zzz All Stars, bien que ce ne soit pas uniquement de la chanson française. Je tiens à les féliciter pour leurs productions de qualité.

Booboo’zzz All Stars qui accompagne Volodia sur sa tournée d’ailleurs…

Oui, il me tarde de voir cela, car ce sont de très bons musiciens. Je voudrais ouvrir une petite parenthèse à propos de Volodia. C’est pour moi l’artiste de cette nouvelle génération que j’évoquais plus haut qui me parle le plus ; et je ne dis pas ça parce qu’il est signé sur mon label, je le jure ! J’aime beaucoup son groupe Phases Cachées, parce qu’ils ont su opérer ce mélange entre reggae et hip-hop qui moi aussi me tient à cœur concernant la musicalité des mots. Chaque membre du crew a sa propre patte. Volodia a su, avec son premier album, Un pied sur terre, créer un vrai univers. Il n’y a pas beaucoup d’albums de reggae français qui sortent comme ça. J’ignore s’il marchera, mais bon, si le succès suivait le talent cela se saurait, ce ne seraient pas les mêmes qu’on entendrait à la radio en permanence, mais en tout cas c’est ce que je lui souhaite. Je trouve vraiment admirable qu’un artiste tel que lui s’exprime à travers une couleur rap/reggae en détournant les barrières. Je me retrouve beaucoup en lui, plus que d’autres, que j’aime aussi pour d’autres raisons.

danakil, nouvel album, la rue raisonne, balik

Abordons l’aspect musical de l’album maintenant. Par exemple, le morceau « Mediatox » est assez énervé, et à tous points de vue (instru, flow, textes).

Lorsque j’ai reçu le riddim, je savais que le texte allait être véhément. Le début de l’instru m’a immédiatement fait penser aux génériques alarmistes de TF1. J’ai donc décidé d’écrire un morceau sur les médias et d’exprimer mon ras-le-bol de l’info en boucle, de l’info marchandise, de la concurrence de l’information. Tout cela est devenu un business alors que les médias sont censés être un outil de compréhension du monde. L’information, en particulier via les sondages, fait et défait l’opinion publique et l’on peut rajouter à cela la connivence entre les patrons de presse et les politiciens. J’ai vraiment une haine de l’information telle qu’elle s’offre à nous actuellement. Tout ce que je dis dans le morceau s’est confirmé, alors que je l’avais déjà écrit, lors du traitement médiatique scandaleux de l’attentat de Nice. Mais heureusement, il reste quand même quelques médias indépendants. Cependant, nous sommes en quelque sorte pris en otage par toutes ces chaînes d’information, puisqu’on ne peut pas y échapper. Et finalement, elles sont assez symptomatiques de notre société où l’on consomme et où l’on jette tout, des baskets comme de l’info. Ça me casse la tête !!

Et comment t’es venue l’idée de la référence à « La Marseillaise » dans ce morceau ?

C’était involontaire. A la base, elle se trouvait comme ça dans un couplet et finalement, ma femme m’a plutôt conseillé de l’utiliser dans le refrain.
Ça m’a fait marrer de détourner « La Marseillaise », j’ai pensé à Gainsbourg. Il a pris les foudres à l’époque, donc du coup il les a prises pour moi. Tout a été dit et redit. Maintenant, c’est du domaine public, on fait ce qu’on veut avec « La Marseillaise ». Et de toute façon, ce n’est pas parce que je l’ai adaptée que j’ai voulu cracher sur les soldats disparus, ce n’est pas du tout mon intention et ce n’est pas comme cela que je vois les choses. Le fait d’utiliser « La Marseillaise » me paraissait être une bonne manière d’alerter. Nous sommes tous aujourd’hui, ainsi que je le dis dans le morceau, des « enfants de la télé » prisonniers de son emprise. C’est sûr que si la télé n’existait pas, la société serait très différente et ça m’intéresserait de voir comment elle évoluerait sans.

Comment se passe la composition au sein de Danakil ? Toi-même, apportes-tu quelque chose ?

On a toujours beaucoup travaillé de manière collective. Aujourd’hui, la musique assistée par ordinateur a bouleversé les façons de produire, ainsi chaque musicien du groupe a une carte son et un clavier maître et est donc capable de balancer une ébauche de riddim. Mais en premier lieu, on trouve notre bassiste, Boris, qui a aussi récemment composé pour Volodia, Papa Style et d’autres artistes. Notre clavier, Martin, a, quant à lui, produit, entre autres, « 32 Mars ». C’est assez différent de ce qu’on pouvait élaborer pour les premiers albums où tout était fait en répét’. Maintenant, cela part d’une initiative individuelle, mais qui est bien évidemment retouchée au fur et à mesure par les autres musiciens.

Plus rien n’est produit lors de séances de jam ?

Des riddims changent complètement entre la première ébauche et la session de jam : un break se crée, un accord se rajoute… Mais cela permet d’arriver en répét’ avec un cahier de brouillon étoffé, fini le temps où on se regardait dans le blanc des yeux pendant une heure parce qu’on n’a pas d’inspiration ou que l’un a envie d’essayer un truc pendant que l’autre veut faire quelque chose de différent. Maintenant, on a déjà tous écouté le même canevas et on sait sur quoi on part. On a tous réfléchi et, par conséquent, on réagit plus rapidement. C’est très intéressant.

On écoute une ligne de basse digitale sur « Back again ». Etait-ce pour marquer le coup, montrer que Danakil était bel et bien de retour avec une ligne de basse qui percute ?

Non, en fait, il s’agit de l’intro qu’on a jouée en concert pendant un an et demi ; et avec Natty Jean, on était derrière en train de se chauffer avant de monter sur scène. On savait qu’un jour on ferait une chanson sur ce riddim, car on le trouvait super. Concernant l’aspect digital, on veut avancer en suivant l’évolution des techniques de production. On était plus roots sur Entre les lignes et Echos du temps, sur La Rue raisonne on a opté pour des instrus plus digitales sur certains morceaux.

Vous vous êtes produits sur scène sous l’appellation Dubakill qui était la déclinaison dub du groupe. Allez-vous recommencer ?

Non. Ce n’est pas que je m’en désintéresse, mais dans les deux ans qui viennent, nous allons nous concentrer sur la tournée consécutive à la sortie l’album. D’autant plus que le projet Dubakill avait été généré par l’invitation du Télérama Dub Festival, il y a eu tout un travail derrière par rapport à cette demande. Si on nous rappelle, ce sera sûrement avec plaisir. J’espère que je serai présent pour pouvoir m’y impliquer. En effet, je n’étais pas avec le groupe pour le Télérama Dub Festival, c’était compliqué pour moi à l’époque de rajouter un projet pour beaucoup de raisons. Mais en tout cas, c’était une bonne expérience pour tout le monde. Ça a contribué à nous faire évoluer quant à notre façon de composer ; le côté digital dont on parlait à l’instant nous est venu d’une façon ou d’une autre à cette époque. On a également travaillé avec Manudigital à ce moment-là, c’était très intéressant. Manudigital est d’ailleurs un ami de longue date, il était là le premier jour de Danakil. Le Digital Sound System, ce sont mes premières dubplates, et Danakil n’existait pas encore que j’étais à Beynes, le fief du Digital Sound System, chez Manudigital et son frère Pokito qui fait le son aujourd’hui sur la tournée. Donc oui, c’était une très bonne expérience tout ça.

Tu as participé au medley « Reggae addicts connection » à l’initiative de Sinsemilia. Sur La Rue raisonne, on trouve un autre medley, « World of reggae music ». S’agit-il en quelque sorte d’une « suite », d’un autre hommage rendu au reggae ?

Non, on ne peut pas dire que ce soit une suite, puisque « Reggae addicts connection » était un projet véritablement piloté par Sinsemilia et avec des artistes francophones issus de différentes générations. Avec « World of reggae music », on a construit un morceau axé sur notre label Baco Records et qui était fait pour supporter la tournée World of reggae music tour de l’hiver 2014 avec Danakil, Natty Jean, YaniSs Odua et Protoje. Pour des raisons d’agenda, cela n’avait pas pu aboutir à l’époque, mais on avait quand même commencé avec quelques artistes et le riddim était là. Puis, avec le temps, on a proposé à tous les gens qui ont rejoint Baco Records au fur et à mesure de participer au morceau et même à d’autres artistes qui ne sont pas forcément signés sur le label mais qui ont quand même des affinités avec lui. Il est donc véritablement lié à l’histoire du label et à ce propos les gars du bureau travaillent beaucoup pour créer des liens entre tous ces artistes et à faire de Baco Records une famille musicale.

Un dernier mot pour La Grosse Radio ?

Merci La Grosse Radio pour ce gros entretien. On se retrouve pour le prochain gros concert. Mettez-ça gros. Et surtout BIG UP, comme on dit en France.

BIG UP à toi aussi Balik et à tout le crew de Danakil. Merci de nous avoir accordé cette interview.
Et merci également à Maxime Nordez d’iWelcom pour avoir organisé cette rencontre.



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements