Danakil – la Coopérative de Mai Clermont – 28.10.2016

Prendre la route de la capitale auvergnate, Suga Roy, Conrad Crystal et Zareb à fond dans la voiture, un gros son de basse , prémices d'une soirée qui s'annonce lourde en émotion. La Coopé approchant, la mission première est de trouver une place pour pouvoir se garer. Tourner 2 fois et prendre le parking à barrière et faire la queue (qui semble interminable mais fluide en fait) avant de pouvoir entrer dans la grande salle.

Le show a déjà commencé et c'est l'heure de :
 

VOLODIA


Guitare / basse / guitare, petit backing band par le nombre, grand par la qualité. Volodia secoue ses dreadklocks blondes pour un superbe "mama".

S'en suis un démarrage acoustique guitare, Volodia nous interpelle "les matelots de la salle sont prêts à me suivre ?" pour un "Captain" où John John aux choeurs nous joue aussi la partie chantée initialement posée par Naâman, le son se fait alors hip-hop avant de revenir sur une batterie violente en mode rockers.

Volodia : Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Pour le titre suivant, guitare sèche, Volodia nous clame qu' "il est temps de prendre le temps", c'est la fameuse "une minute de silence" la basse se fait plus lourde, le chanteur demande alors la lumière ; les briquets (ou téléphones portables) illuminent alors la salle, on ne peut que se laisser envahir par cette vibration positive.

"Les jours qui passent" sonnent plus hip-hop ceci pour ceux qui se rappellent d'un temps pas si lointain où Volodia faisait partie de Phases cachées, groupe mêlant habillement rap et reggae.

"Cosmonaute" arrive, avec un démarrage batterie dans le style percussion nayahbingi pour se faire plus jazz ensuite dans le son de guitare.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé


Volodia nous demande ensuite de "prendre soin les uns des autres, que les vibrations sont positives à la Coopé" sur son "au final" avant de nous présenter la colonne vertébrale du reggae, Titi à la batterie et Massive B à la basse.

La fin du show approchant, il invite la salle à appeler le groupe phare : "quand je dis "-Dana- », vous dites -Kil-" la salle s'anime, chante en choeur avant que Volodia ne termine sa chanson a capella.

Là où l'on pensait interscène, il nous assène un terrible "sac à dos", dont le clip récent montre toute la force dansante du morceau, la foule claque des mains au rythme de la musique.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

John John,  le guitariste nous offre alors une superbe version de "54-46 was my number" du légendaire Toots. La salle se partage alors en deux à la demande de Volodia, à gauche on reprend en choeur "sac à dos"à droite on reprend "I say Yeah" (du morceau de Toots). Le rythme accèlère encore pour un final de "sac à dos" où cela jump dans tous les sens.

Volodia et son groupe saluent alors la Coopé de la façon théâtrale. La salle se vide lègèrement pour aller «se rafraichir»  avec une bière à la petite salle mais beaucoup préfèrent rester dans la salle et avoir la place de la fosse la plus appropriée pour pouvoir accueillir Balik et son posse.

DANAKIL
 

Retentit alors une batterie qui claque, la lumière se fait sur scène, la guitare électrique envoie un solo, le groupe entier nous joue du pur dub, et sur la droite, barbe et dreadkocks blanches, Manjul aux percussions. Tout cela annonce un concert de bel augure et la foule s'agite et crie quand arrive alors Balik sur scène, dreads descendant aux chevilles, casquette visée à l'envers pour nous présenter l'un des titres de son nouvel album, "écho système", au texte bien léché,  " Tu me donnes froid, tu me donnes chaud.  Avec toi rien n'est facile.  D'un coup de vent tout peut tomber à l'eau.  Tu me donnes froid, tu me donnes chaud. En vrai c'est toi qui décides, d'un coup, d'un seul, tout peut foutre le camp", Natty Jean envoyant du fast style dont il a le secret, les musiciens reprenant la rythmique en dub.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Natty Jean fait signe de lever les mains en l'air pour "Back again", les cuivres retentissents et sonnent très jamaicains, la fin du morceau se termine par un nouveau solo de guitare électrique.

Balik demande s'il y a des chanteurs dans la salle et d'une seule voix, la Coopé chante alors avec lui "champs de roses" avec un pull up pour une reprise de montée en puissance d'une des chansons classiques du groupe, Natty Jean clamant qu'on peut chanter encore plus fort. La fin de chanson se finit à capella et donne une intensité à ce fameux morceau où l'on se voit marcher dans ce fameux champ.


Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

La tension ne peut retomber quand démarre "les poupées russes", Natty Jean en véritable chauffeur de salle sollicitant la flamme de l'espoir, les briquets s'allument pour une danse de gauche à droite et de droite à gauche. Les fans reprennent "si j'étais né à la place d'un autre".  La rythmique accélère, la foule est comme dans un  gymnase, la musique est un sport national.

Balik nous annonce alors un morceau de leur nouvel album, "quelque chose", qui se veut plus doux avec son solo de cuivres et des synthés qui partent vers la dimension dubwise.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Balik quitte alors la veste pour un "Natural Mystic", avec juste les choeurs et une guitare. Personne ne peut douter de la suite qui ne peut être que "Marley". Une fois de plus la salle est conquise et acquise et reprend à l'unission cette chanson résumé de la vie du Pape du reggae. Tantôt les cuivres jouent leur partition, tantôt instruments à la main les 2 hornsmen donnent le rythme de la chanson et excite la foule. On est vraiment dans le natural mystic.

Le chanteur annonce alors que cela fait maitenant 6 ans que Natty Jean fait partie de l'aventure Bako et que sort un nouvel album en janvier 2017. il s'écarte alors de la scène pour laisser son ami chanter "lou tegetass", très beau morceau en wolof tandis que l'un des synthés nous comble en jouant du mélodica et nous envoie même un solo que n'aurait pas renier le maitre du genre, Augustus Pablo, disparu en 1999.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Melodica que l'on retrouvera aussi dans le morceau suivant, Balik revenant sur scène pour la délicieuse "route des songes", avec un style plus jazzy avec la trompette bouchée. Natty Jean boostant le morceau pour faire sauter tout le monde.

Balik questionne la foule et veut savoir qui a écouté le dernier album, il faut bien reconnaître que ce dernier est encore plus militantiste que les autres et les textes sont toujours aussi puissants et recherchés, cela attaque façon rap pour le fameux "media tox", la guitare rythmique est mise en avant et viennent en renfort au chant Natty Jean et le grand Manjul.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Le morceau qui suit est tout aussi fort et rappelle nos évènements militants de cette année avec le mouvement -Nuit debout- et le morceau "32 mars". La foule lève les mains en l'air, cela pourrait sonner comme "l'internationale" ("la lutte finale") des années 2010 pour un chant qui se veut de plus en plus fort. La fin du morceau est l'occasion de présenter les 2 claviers.

Balik veut savoir si "nous si nous sommes toujours vivants" avant d'entonner "hypocrites" avec une basse qui résonne en limite de saturation, le solo guitare est l'occasion de présenter le musicien virtuose et Volodia arrive alors sur scène pour continuer la chanson dans la plus pure tradition d'invité privilégié et donner une force supplémentaire au morceau avant de partir sur l'un de ses morceaux "combien de temps". et Balik nous asséner le fabuleux "Pars".

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Natty Jean nous présente alors en exclu un nouveau morceau "Salimata" à paraître sur le prochain album. Une fois de plus la voix part haut, très haut pour un pull up, au rédémarrage du morceau, il chevauche alors le riddim pour ensuite ralentir et demander à la foule de reprendre en choeur le refrain.

Les premières notes du morceau suivant, les percussions de Manjul sont un ascenseur émotionnel avec l'interprétation des "Vieillards", une fois de plus la foule reprend d'une seule voix "cette vie fait mal".

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Avec "dis leur", le discours se veut anti F-haine, Balik dénonçant "le jeu politique et les médias qui en font trop, nous ne sommes pas à vendre". Le rtyhme est lourd, le chanteur nous présente le batteur qui envoie un style proche de Sly Dunbar période Black Uhuru. Ce sera aussi l'occasion de fêter les 40 ans de l'un des soldats de l'ombre du groupeArnaud "Gascon" que l'on retrouve au son. La présentation du groupe se poursuit sur les cuivres et sur Manjul from Bamako sous des applaudissements intenses avant que le groupe ne sorte de scène.

Rappel classique mais c'est Balik qui rentre en premier sur scène, demande si "nous sommes fatigués et veut encore plus de cris pour donner la force aux musiciens". Ils ne se font pas trop attendre tandis que Balik remercie l'ingénieur du son et le responsable lumière.

Cela redémarre avec un bon lovers rock "comme je" tandis que toute la salle chaloupe, les couples jouant collés serrés.  Manjul arrive alors pour "Simmer down" tandis que Natty Jean envoie du dancehall sous le cri de la guitare electrique.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

Le groupe est généreux et joue pour la première fois en live "Paris la nuit", Natty Jean nous envoyant alors une partie mélodieuse jouée initialement sur l'album par Patrice. Volodia revient sur scène pour rejouer "sac à dos" tandis que John John chante "entre chien et loup", cela sonne comme un medley où la température monte encore plus dans la salle.

Le concert se terminera en apothéose par le terrible "ne touche pas" où dès l'intro la Coopé semble en transe. Les percussions nous transportent  très loin et tout le monde reprend "ne touche pas à ma dignité" digne d'un meeting, le morceau finira sur un tempo très violent qui montre que le reggae même si, pour beaucoup est une musique - Peace&Love - est avant tout un chant revolutionaire pour éclairer les consciences.

Danakil, concert 2016, Volodia, Natty Jean, Manjul, la Coopé

La salle se vide doucement, Volodia est au comptoir pour dédicacer ses CDs et vynils. Une soirée vraiment réussie et qui laisse un vent horticole (la salle connaisant des éffluves de qualité) mais aussi viticole, le groupe se bonifie comme le vin avec l'âge pour notre plus grand plaisir.

Remerciements / Dédicaces :

une pensée à mon binôme photographe , Chris "Kaya" qui malheureusement n'a pu être présente à  la soirée pour cause de santé. Remets toi vite, on a une soirée à assurer dans très peu de temps.

À mon pote Alex, photographe de Reggae on the Road pour avoir pu remplacer Kaya. "Tu m'as sauvé la mise. Les photos sont le reflet du texte".

À Léa de la Coopé. "Merci pour ta confiance"

A Louisa, Nina et Matthieu, les jeunes pousses qui font que reggae music sera encore prisé dans 20, 30 ans et bien au-delà.

A ceux qui me voient avec le petit carnet vert et me demandent, ou se demandent, ce que je fais : la réponse se trouve ici. (pour ce concert dédicace à la famille complète père, mère et fille dans le même esprit musicial et au groupe de fan-girl accro à Balik derrière moi).

et un grand merci aux artistes qui nous donnent du rêve.

(c) Toutes photos Alexis C. pour La Grosse Radio et pour Reggae on the Road
Album complet du live ici

 



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