Chinese Man – Shikantaza

åªç®¡æ‰“å
 

Alors ? Est-ce que vous vous souvenez du nom du nouvel album des Chinese Man ? Vous l’avez pourtant déjà croisé dans notre webzine. Alors ?

On y va : Shikantaza. Oui, ce n’est pas aisé en effet. Les lettres ont vite fait de changer de place dans notre esprit. Pour s’en souvenir, rien de plus facile. Installez-vous dans votre position favorite, enclenchez le bouton « Play » de votre source musicale. C’est parti !

« Shikantaza » est le premier titre qui rentre en scène. Son nom est un terme utilisé dans l’école de bouddhisme zen sŠtŠ. Il peut être traduit par « seulement s’asseoir » ou « être assis sans rien faire » et qui décrit l’attitude à adopter lors de la méditation zazen. 
Jamais l’invitation au voyage n’aura été aussi présente dans un album des Chinese Man. Ce qui frappe dès le début du morceau est l’utilisation d’un ensemble instrumental traditionnel que l’on appelle le gamelan. Les percussions cuivrées sont très caractéristiques et destabilisent immédiatement nos oreilles occidentales. Associées au chant hypnotique, le départ se fait dans l’immersion totale. Le beat Hip-Hop arrive pour nous rappeler où nous sommes. La mixette fait des merveilles avec la voix tandis que la sitar enregistrée à Bombay par Chirag Katti nous emporte sur le beat électro avec flûtes et percussions ethniques.

C’est pour cela qu’on aime les productions Chinese Man !
 

« Liar » sur une musique composée par Chinese Man avec des paroles écrites par Kendra Morris et Dillon Cooper. Une parfaite cohésion entre l’homme et la femme sur ce titre. Même si le thème part d’une confrontation, les deux êtres découpent le flow à leur manière. Le refrain repris par Kendra Morris vient porter le feeling de Dillon Cooper qui est d’une précision incroyable dans le débit de sa voix. Posée, elle n’utilise que la force tranquille avec un dosage parfait.

Chinese man

« Maläd » nous bouscule avec le monologue de Alejandro Jodorosky. « Jodo », comme on l’appelle, nous interpelle sur la symbolique spirituelle de la démarche des Chinese Man. Il nous détaille l’ensemble des énergies bonifiées par l’écoute des productions du groupe. Un petit clin d’oeil amusé de la part des musiciens.
Les percussions stylées d’Inde sont reprises par un beat Hip-Hop sur lequel glisse les flêches de voix venant ponctuer l’histoire sonore de la musique. On découvre ce nouvel instrument à cordes frottées qu’est le belabaharr. Le solo de percussions en duel avec le scratch nous maintiennent dans le dynamisme après le morceau plus sombre de « Liar ». On retrouve ce même jeu de défi entre le scat de voix et les percussions à la fin du morceau.

« Step Back » est vraiment génial. Il va falloir travailler votre « Moon-walk Stepper » pour représenter les mouvements que votre corps va devoir créer afin de suivre le rythme de ce morceau. Des consonnances latines, castagnettes, envolées lyriques des flûtes sur un GROS beat flamenco. Un pur reverse style qui se transforme en électrochoc à la fin.

Chinese Man


« The New Crown » fait la part belle au clash vocal. Ce sont A-F-R-O, A.S.M et Taïwan Mc qui viennent en découdre sur un nouveau GROS beat de tueur. Les voix balancent des paroles qui ondulent entre les MCs qui se passent le micro avant de lancer un déluge de solos. 
 

Blah !
 

Les jeux de mots et les provocations sont drôles à suivre. Chacun balance avec un pur style mais la conclusion est toujours la même: c’est Chinese Man « The Boss ».

« Escape » porte également bien son nom. C’est d’une perpétuelle chute ou fuite en avant que vit l’auditeur dans ce titre. C’est l’énergie du compte à rebour qui se déploie en nous. Le clavier façon orgue laisse place un trou digital composé de nappes sonores successives. Tout s’imbrique. L’auditeur est déboussolé avant que les scratchs, le beat digital permettent à l’auditeur de remonter vers la sortie.
 

OUF !
 

« Stone Cold » restera pour nous une pierre précieuse. Le refrain a ici une place étrange, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Ce n’est pas véritablement un refrain, mais une complainte que Mariama développe avec une classe infinie. 
 

« Anything can change » !
 

Tout est beau, chargé d’émotion. L’atmosphère est riche mais reste minimaliste. Un contresens élaboré par Chinese Man. Tout sert le profit de la vibration et de la mise en voix du texte par la vibration de la jeune femme.

Chinese Man Ft. Mariama – « Stone Cold »
 


« Modern Slave » nous claque grâce à sa corne qui entame la production. C’est comme une bande originale de film façon « Amicalement Votre ». La vibration nous fait rider sur le thème de l’Antiquité, en rapport avec l’esclavage, mais le tour de force vient de la voix de R.A The Rugged Man. L’énergie de la liberté est portée dans le flow du MC. Musicalement, ce ne sont pas tant les violons, les violoncelles que l’on remarque mais véritablement les cymbales qui font un travail grandiose de bout en bout du titre.

« Warrior » débute par le lecture de Malala Yousafzai. La flûte de Paras Nath est forte pour nous faire voyager sur le beat oriental de la force. La sensation éthnique est puissante. C’est de l’électro-roots man !

« What you need » feat Vinnie Dewayne, Myke Bogan et Tre Redeau qui en ont écrit les paroles. C’est le morceau que l’on attend à chaque sortie du groupe. La sensation de toujours se retrouver dans « Le livre de la jungle » et sa fameuse « Danse des éléphants ». Les intrusions sonores sont enfantines et l’ensemble nous porte sur une vibration joyeuse. Les MCs performent en toute tranquillité. A souligner le gros effort du coucou de l’horloge pour être au niveau.

« Wolf » est l’un des titres sortis avant la parution de l’album. Hip-Hop digital aux manettes. Un titre qui contient certains samples du « Concerto pour une ombre ». 
 

« C’est toujours comme ça dans les contes pour enfants.
A chaque fois c’est le loup qui est le méchant. »


« Blah » est une nouvelle tuerie artistique. On retrouve Taïwan MC en combinaison avec Youthstar et Illaman. Le clash est à nouveau dans la place. Sur fond oriental, la performance part davantage dans la vitesse et le style raggamuffin Hip-Hop. Un special Chinese Man « Anthem ».

Ils seront présents sur la face D du double disque vinyl sorti ce même 3 février 2017. Les quatre titres purement construits de manière intrumentale viennent clore le projet.

On retrouve « Gloden Age » avec le violon de Finix Ramdas. Une voix style opéra nous promène sur le beat et les cordes de Finix. Le digitale nous pousse dès la moitié du titre.

« L’aurore » pure composition Chinese Man. Military drum avant de nous envoyé dans un western modern. Ça crépite autour de nos oreilles. Chacun y trouvera ses références.

« Anvoyé », oui alors, je ne saurai vous dire pourquoi le mot est orthographié ainsi. Le A n’est pas si loin du E sur le clavier mais une faute de frappe ça se repère. Ne cherchons pas et profitons des percussions d’Axel Lussiez et de tous les instruments à vent qui viennent s’ajouter à la composition des potes du « Syndicat du Chrome ». L’expertise de la fanfare au service des vibrations africaines.

Chinese Man – « Anvoyé »
 


 

On termine cet excellent album, bardé de surprises sonores par le morceau « Good Night ». On adore ces petits clin d’oeil à l’auditeur, qu’ils soient musicaux, vocaux ou écrits.
Assaisoné des samples de « Golden Earrings », ce titre nous prend la main et nous accompagne sur la fin de notre voyage. Un peu d’angoisse avant la nuit et la fermeture du disque sur fond de mélodie au piano.

Un album que vous pouvez acheter sur toutes les plates-formes digitales mais aussi au format vinyl directement sur le site des Chinese Man.

Encore une bonne claque sonore et un projet sur lequel les auditeurs vont adhérés dans tous les sens du terme. Bonne nuit… .
 

Chinese Man



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements