Entretien avec L’Entourloop

Alors que L’Entourloop s’apprête à sortir son deuxième album, Le Savoir-Faire, chez X-Ray Production (la grosse chronique ici) le 22 septembre, nous sommes partis à la rencontre des beatmakers stéphanois.

L’entretien s’est déroulé au No Logo Festival peu de temps avant leur concert.

L’Entourloop a accepté de répondre aux questions de La Grosse Radio en compagnie du MC Bermudien Troy Berkley présent sur scène à leurs côtés.

Bonjour L’Entourloop, merci de nous recevoir au nom de La Grosse Radio. Pourquoi avoir quitté Banzaï Lab et rejoint X-Ray Production pour cet album, ils sont devenus insupportables Smokey Joe & The Kid ?

L’Entourloop : (rires) Complètement insupportables ! Nan, plus sérieusement, BIG UP Banzaï Lab. Tout simplement, pour la suite du projet, on a travaillé avec d’autres personnes, on n’a pas voulu rester fixés. Mais pourquoi pas s’associer de nouveau à Banzaï Lab plus tard, ça reste de très bons potes !

Votre précédent album, Chickens In Your Town, faisait référence à Dr Alimantado. Que signifie Le Savoir-Faire ?

L’Entourloop : C’est une référence franglais, on utilise beaucoup de mots français qu’on comprend en anglais. C’est en rapport également avec notre travail et avec ce qu’on a voulu montrer dans cet album qui est beaucoup plus ancré sound system et plus énervé que ce qu’on a pu composer auparavant. Mais il s’agit aussi pour nous de faire les faux gars hautains (rires).

l'entourloop, interview, no logo

Troy Berkley, tu es le MC attitré de L’Entourloop sur scène. Apportes-tu ta patte dans leurs compositions ?

Troy Berkley : Je pense que je peux dire oui, puisque sur plusieurs morceaux du Savoir-Faire, ce sont les textes qui ont influencé la prod.

L’Entourloop : On peut même aller au-delà, sachant que le titre « Soundbwoy », c’est un truc que Troy Berkley nous fredonne depuis qu’on le connaît. C’est vraiment lui qui a fait la structure du titre. Beaucoup d’idées viennent de lui. Et puis naturellement, tous les morceaux qu’on produit, on lui fait écouter et il valide ou non. C’est un vrai travail de groupe.

En va-t-il de même pour N’Zeng ?

L’Entourloop : Tout à fait. Par exemple, sur « Fonk Monk » avec Soom T, il intervient non seulement en tant que trompettiste, mais il a également fait tous les arrangements cuivre et même l’edit du morceau. Il a aussi écrit certaines sections sur d’autres titres.

Tu parlais de sound system plus haut. Tippa Irie, membre de Saxon Studio International, sound system anglais historique, est présent sur votre album. A l’instar de beaucoup de sounds français, Saxon représente-il une grosse influence pour vous ?

L’Entourloop : Complètement ! On a rencontré Troy Berkley il y a environ quatre ans et Tippa Irie est l’une de ses références, comme Papa San et toute cette école en Jamaïque. Et pour avancer un peu sur le disque, on a également réussi à avoir Rodney P, pilier de la culture sound system hip-hop en Angleterre. Tippa Irie, qu’on a croisé au Shambala l’année dernière, et Rodney P sont des artistes avec qui on avait vraiment envie de travailler. C’était obligé pour nous de faire un featuring avec eux, c’était d’ailleurs plus ou moins le point de départ de cet album.

Troy Berkley : Tippa défonce le riddim sur « Le Rendez-Vous » ! Je suis un ancien et j’ai été bercé par Saxon. Lorsqu’on a reçu ça en cassette en 1984 aux Bermudes, c’était quelque chose qui venait de l’espace ! Les Bermudes étant au large de New York, on écoutait tout ce qui provenait des Etats-Unis, de l’Angleterre et de la Jamaïque, c’était très cosmopolite. Quand on a pu entendre Saxon, c’était juste un truc de fou ! Et Tippa Irie sur scène, c’est super classe ! C’était un grand plaisir de pouvoir être en featuring avec lui.

L’Entourloop : En effet, il est exceptionnel sur scène, même encore aujourd’hui.

Vous avez également collaboré avec Panda Dub pour un bon gros dub stepper, un genre qu’on ne retrouvait pas sur le premier album…

L’Entourloop : Panda Dub est un très bon pote, c’était donc évident qu’on finisse par produire quelque chose ensemble. Troy Berkley avait d’ailleurs travaillé avec lui l’année dernière. Et je pense qu’il y aura d’autres collaborations à l’avenir. On adore ce qu’il fait, on a réfléchi le titre à deux et ça a donné un résultat bien stepper.

En tant que dernier titre de l’album, ce morceau annonce-t-il un virage stepper que vous prendrez par la suite ?

L’Entourloop : C’est une annonce pour d’autres morceaux stepper (rires) ! Mais si on regarde bien l’album, on a essayé de montrer une palette différente. Il y a plusieurs artistes en feat., chacun a amené sa touche et son univers afin de ne pas se cantonner à un seul registre. On a donc un peu plus ouvert notre musique, c’est notamment le cas de « Shoeftiti » avec Marina P qui est assez trip-hop ou celui avec Biga*Ranx, très digital.

Marina P est donc présente sur cet album, au même titre que Rodney P ou Charlie P ; il manque cependant un P, Cali P…

L’Entourloop : (rires) Oui, en effet. En fait, le processus de composition de l’album s’est déroulé sur plus de deux ans et on ne pensait pas avoir tout le monde. En ce qui concerne Charlie P, on survalide à fond et le titre sur lequel il chante est différent de ce qu’il peut faire avec O.B.F, on ne l’a pas encore trop dévoilé, mais ce sera une belle surprise. Pour revenir à Cali P, on ne l’a pas rencontré, mais rien n’est à exclure !

X-Ray Production a-t-il été le vecteur de la connexion avec Biga*Ranx ?

L’Entourloop : Pas forcément, c’est sûr que ça a aidé, mais Biga*Ranx, on le croise régulièrement, du coup on a bien sympathisé. Musicalement, on est sur des prods assez différentes, mais on aime bien ce qu’il fait et réciproquement. C’est comme un coup de cœur pour nous, on se souvient notamment d’un concert à Sète où on a pris une grosse claque pour l’aspect authentique et sensible de ce qu’il peut produire. L’artiste et le personnage nous ont bien touchés. On a fini par faire ce titre sur la route, ça a été enregistré à l’hôtel et c’est lui qui joue les claviers. On avait une base, il nous a aidés à la développer, on a donc vraiment partagé la composition du morceau. On risque de bien le mettre en avant.

Le titre avec Blimes Brixton est un hip-hop moderne. Est-ce une touche que vous vouliez apporter sur cet album ?

L’Entourloop : En effet, on voulait aussi amener cette patte hip-hop. On a fait des choix précis pour les rappeurs qu’on voulait sur Le Savoir-Faire. Même Troy Berkley rappe un peu, notamment sur « Johnny A Bad Man », où il adopte plusieurs flows différents. On a rencontré Blimes Brixton via Gavlyn, avec qui on avait collaboré sur Chickens In Your Town. Elles font souvent des dates ensemble. Blimes Brixton est super énergique, elle a de très bons textes, c’était donc logique qu’on lui propose une prod. On a opté pour quelque chose de plus moderne.

Un dernier mot pour La Grosse Radio ?

L’Entourloop : BIG UP pour l’interview La Grosse Radio ! Et à tous les auditeurs, allez checker notre album Le Savoir-Faire à la rentrée !

Troy Berkley : Profitez-en également pour écouter l’album Upgrades de Troy Berkley & Krak In Dub ! BIG UP ! One Love !

BIG UP à vous aussi L’Entourloop et Troy Berkley ! Merci de nous avoir accordé cette interview !
Merci également à Caroline de X-Ray Production et à Charlotte du No Logo pour avoir organisé cette rencontre !



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