No Logo 2017 : Jour 3

Après une légère accalmie au cours du samedi, les Jamaïcains (ancienne et nouvelle génération confondues) font leur retour en force en cette dernière journée de festival aux Forges de Fraisans. Pour notre plus grand bonheur, tant la prestation de chacun nous aura bluffés. Quant au dub corner, il accueillait lui quelques maîtres du stepper à l’anglaise. Le No Logo a mis le paquet pour clôturer cette édition 2017.

Nattali Rize

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

Le reggae est aujourd’hui universel, nul ne le conteste, et l’Océanie abrite en son sein quelques-uns de ses représentants les plus éminents. Si l’année dernière, c’étaient les Néo-Zélandais de Katchafire qui s’étaient rendus à Fraisans, ce fut au tour de l’Australienne Nattali Rize de jouer en ce 13 août devant les massives jurassiens. A vrai dire, son album Rebel Frequency paru en mars (la grosse chronique ici) compte de très sérieux atouts dont des lignes de basse qui figurent parmi les plus heavy que l’on a pu entendre ces derniers mois. Et c’est tellement heavy sur scène que même les ingés sons en régie ont été dépassés, ce qui a causé de nombreuses perturbations au cours du set, dont des larsens en pagaille, des interférences déplorables, le tout auréolé d’interruptions pures et simples de la piste des basses ! Surprenant ! Bref, cela ne nous pas empêchés de profiter des good vibes propagées par la chanteuse et de ses excellents musiciens. Elle interprètera justement quelques-uns des titres emblématiques de Rebel Frequency dont le titre éponyme ou encore « Warriors » et « Heart Of A Lion ». Quant au massif rub-a-dub « Natty Rides Again », c’est le bassiste qui s’est substitué à Julian Marley initialement en feat. sur l’album, avant que Nattali Rize ne nous offre un beau discours, et dans la langue de Molière s’il vous plaît, célébrant l’humanité dans sa diversité, prélude au magnifique titre acoustique « One People ».

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Ensemble National de Reggae

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

Cet après-midi dominical fut également marqué par l’intervention des musiciens de L’Ensemble National de Reggae (ENR) qui ont déambulé à travers le site du festival afin de revisiter, en version acoustique, quelques standards du genre né à Kingston. Un morceau de Bob Marley par-ci, un « Chase The Devil » par-là, l’ENR nous a montré que le reggae sait aussi se conjuguer en mode fanfare.

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Raging Fyah

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

Une semaine après le Nomade Reggae Festival (le gros report ici), nous retrouvions le combo Raging Fyah pour une prestation tout aussi sérieuse. De la même manière qu’à Frangy, le set des Jamaïcains se veut un habile compromis entre des instrus baignées par la pop et le rock (tiens, tiens, le t-shirt porté par le chanteur) et des riddims inspirés par le roots des anciens et pionniers du reggae. Comme avec Nattali Rize précédemment, chez Raging Fyah, les lignes de basse demeurent bien lourdes, mais aucun dysfonctionnement n’aura été à recenser. Les massives auront droit à une très bonne réadaptation de « No Woman No Cry » façon slow qui précédera le toujours aussi trompeur « Dash Wata » que le public jurassien, à l’instar de son homologue savoyard de Frangy, prendra, pendant les premières notes du morceau, pour une reprise de « La Bamba ». En effet, le reggae de Raging Fyah puise ses inspirations dans toute la sono mondiale, même si le groupe conserve un net penchant pour tout ce qui a trait à Yard : les pull-up sont de mises, notamment sur « Raggamuffin », comme les extended versions qui ont pu parfaire les morceaux. Cet aspect prendra tout son sens dans la dernière partie du concert, pendant laquelle les interprétations de « Barriers » et « I & I » seront portées par un roots mystique et profond.

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Twinkle Brothers

Texte et crédit photos : Alexiabakar

Un silence se fait. Le duo mythique prend place sur scène. L’ambiance est plus légère, les notes beaucoup plus roots, après le passage de Raging Fyah, les frères des Twinkle Brothers font résonner les notes de leur musique dans le plus profond de notre être. On entend même dire dans le public que c’est le meilleur concert depuis le début des festivités. Le groupe aura montré une fois de plus qu’il est indétrônable avec ses morceaux qui ont traversé l’Histoire du reggae et qui n’ont pas pris une ride : « Somebody Please Help Me » leur tout premier single datant de 1964 (« I still feel young » déclarera à ce propos Norman Grant), « Babylon Falling », « Barabas » ou encore « Jahovia ».

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Chronixx & Zincfence Redemption

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

C’est l’artiste que nous attendions le plus lors de ce festival. Après la sortie de son très réussi Chronology (la grosse chronique ici), Chronixx se retrouvait tout juste un mois plus tard sur la scène du No Logo, accompagné de ses musiciens du Zincfence Redemption. Pourtant, ce ne sont pas les tunes de son album qui vont résonner d’entrée de jeu, mais « We Deh Yah » immédiatement suivi de « Eternal Fire » et du fameux « Roots & Chalice ». Chronixx nous paraît très à l’aise et en jambes, il a l’air heureux d’être à Fraisans et le public acclame le prodige du reggae revival qui va ensuite dérouler les morceaux de Chronology. Les plus emblématiques et les plus identifiés reggae y passent : du pur rub-a-dub avec « Spanish Town Rocking » ou « Skanking Sweet » et le terrible « Ghetto Paradise », du one drop avec « Smile Jamaica » ou du dancehall avec « Likes ». Les titres pop présents sur l’opus ne sont pas interprétés sur scène, Chronixx s’adresse ici en effet à un public reggae. Il saura également glisser un peu de trap à la sauce dancehall et electro au milieu de cette tracklist avec le puissant « Blaze Up The Fire », forcément, composé par Diplo de Major Lazer. Quant à « Who Knows », il ne durera que quelques instants, histoire que Chronixx le mentionne avant bien évidemment que Zincfence Redemption ne fasse retentir le « Rootsman » riddim afin que le chanteur se pose sur « Here Comes Trouble ».
Chronixx aura donc réussi à nous convaincre sur scène, en cela épaulé par des musiciens de talent. Son show, plus que maîtrisé, court droit à l’efficacité, autant par les titres joués que par la qualité de leur interprétation. Et si l’ambiance demeure moins roots et conscious que celle d’un Protoje(che) (comprenne qui pourra), Chronixx fait bel et bien de ces jeunes artistes jamaïcains à assurer la relève.

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Steel Pulse

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

Place ensuite à l’autre groupe phare de la scène reggae de Birmingham. Après UB40 le vendredi, ce fut au tour de Steel Pulse de se présenter devant le public du No Logo. Leur prestation aura su nous faire oublier la déception ressentie auprès de UB40. Comme d’autres légendes intervenues pendant le festival (Skatalites, Inna De Yard, Toots & The Maytals…), les Steel Pulse vont, bien sûr, nous faire part des titres qui ont construit leur réputation à travers un show bien calibré. De leurs albums mythiques Earth Crisis (« Steppin’ Out ») à True Democracy (« Worth His Weight In Gold », « Blues Dance Raid »), en passant par « Drug Squad », « Black & Proud » ou l’énorme « Taxi Driver », Steel Pulse va passer tout son concert à nous faire revivre ses classiques. Le son est propre et soigné, les Anglais savent autant faire monter la pression avec des rythmes stepper que nous envoûter avec des dubs bien placés en fin de morceau.

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Naâman

Texte et crédit photos : Alexiabakar

L’attente de cette carte blanche de Naâman se fit bien remarquer. En effet, depuis le début des festivités, nous n’avions pas encore vu autant de monde regroupé devant la scène. Ce à quoi le chanteur a su faire honneur. Nous avons donc pu voir les différents artistes du We All Crew : DEF, Phases Cachées, Jahneration, Scars, Mardjenal s’illustrer sur certains morceaux phares de l’album Rays of Resistance.
Hormis cela, le show ne fut pas bien différent de ce que nous étions habitués à voir. Les quelques disparités que nous avons pu noter, ont été les exclusivités de l’album Beyond ; telles que « Own Yourself », « I’m Alright » et « Simplicity ».
N’oublions pas que cette année, c’était la 5ème édition du NO LOGO, la programmation a donc ajouté son grain de sel au show du normand. En effet, après un « Skanking Shoes » des plus enflammés, le We All Crew prit place sur scène pour entonner leur hymne. C’est alors qu’un feu d’artiï¬ce jaillit de derrière la scène surplombant les huit artistes et les musicos présents sur scène.
Un show travaillé, qui plus est, en famille. De quoi ï¬naliser au mieux cette dernière date française du Rays of Resistance Tour. Ce que Naâman a donc conclu par cette phrase qui fut « Et surtout, restez en vie !« 

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Tiggs Da Author

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

De mémoire, en cinq ans de festival, le No Logo ne nous avait jamais habitués à faire des erreurs de casting. C’est pourtant ce qu’il s’est passé avec Tiggs Da Author. Non pas que nous n’avons pas aimé le set de l’intéressé, bien au contraire, son mélange de hip-hop et de soul à base de samples idoines choisis par son DJ nous a plutôt satisfaits, même si le tout manquait un peu de panache. Mais dans le registre cross-over hip-hop, un Killason, des Geek x VrV, ou des Smokey Joe & The Kid auraient mieux convenu à ce moment-là. En effet, ce qui a fait tache pour Tiggs Da Author, c’est l’heure de programmation : placer un artiste inconnu du public juste après le concert de Naâman et alors que la foule avait littéralement déserté le site (de même que la horde indécente de photographes venue uniquement shooter le Normand) était plutôt curieux. Tiggs Da Author a fait ce qu’il a pu devant les quelques centaines de personnes restées pour lui, mais il est indéniable que son style musical aurait été mieux apprécié à un autre moment de la journée, en milieu d’après-midi par exemple. CQFD.

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Dub Corner

Texte : Charliedub
Crédit photos : Live-i-Pix

Venons-en maintenant à notre petit tour d’horizon quotidien du dub corner.

Les dub addicts Pilah et AntiBypass étaient les derniers à s’affronter dans le cadre des Dub Master Clash, ce concept à travers lequel des producteurs se remixent les uns les autres à coups de live machine. On a notamment pu entendre Pilah jouer quelques tunes en feat. avec Joe Pilgrim qu’AntiBypas s’est réappropriés épaulé par des MCs présents dans la place, Jolly Joseph, qui a animé le dub corner durant tout le week-end, et un invité de marque en la personne d’Echo Minott.
Ce dernier s’est également retrouvé en compagnie de Dubdadda qui toastait sur les riddims envoyés par Neil Perch de Zion Train. En effet, le dub anglais était plus qu’à l’honneur en ce dimanche, puisque peu de temps auparavant, c’est Alpha Steppa qui s’était chargé de diffuser son stepper survitaminé à travers les enceintes du sound system devant des massives plus motivés que jamais.

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Stand Baco Shop

Texte et crédit photos : Alexiabakar

On notera la présence du stand Baco Shop, qui permit aux artistes tels que Danakil, Jahneration, Naâman, et les membres We All de rencontrer leur public à plusieurs moments du festival. Nous avons pu assister à des moments de partages, de rires, des  autographes sur les objets les plus insolites. De bons moments passés pour le bonheur de tous.

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Un immense BIG UP à tous les artistes présents au cours du festival !
Un immense BIG UP également à tout le staff du No Logo pour son accueil et ses good vibes, et plus particulièrement à Charlotte !

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Crédit photo : Live-i-Pix



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