Baja Frequencia – Catzilla

« Ma technique, c’est Apocalypse Now, bombardement vocal, verbal« , ça ce sont les mots d’Akhenaton dans « Quand Tu Allais, On Revenait » sur le mythique L’Ecole Du Micro D’Argent d’IAM. Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un autre crew marseillais, Baja Frequencia, qui sort son tout premier EP, Catzilla, le 6 octobre chez Chinese Man Records.

Si nous avons évoqué les mots d’AKH, ce n’est pas anodin, puisque la pochette dudit EP fait référence, entre autres, au célèbre film de Coppola avec son soleil et ses hélicoptères. Mais, vous l’aurez compris, le titre de l’opus puise également dans un autre classique du cinéma, en l’occurence Godzilla, sauf qu’ici un chat s’est substitué au célèbre monstre. Apocalypse Now, Godzilla, la sentence est nette et sans appel : Catzilla est un EP qui dévaste tout sur son passage avec sa tendance affirmée pour les grosses basses et le dancefloor.

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Nous l’affirmions dans notre précédent article sur Baja Frequencia (voir ici), le duo, composé d’Azuleski et Goodjiu, tire clairement parti de toute cette vague initiée par Major Lazer qui mélange habilement trap, hip-hop, EDM, dub, dubstep, electro et j’en passe, dont le tout repose sur une base dancehall. A ces ingrédients, les Baja Frequencia ont rajouté quelques touches africaines et latines, en cela le crew est assez proche d’El Freaky ou de Systema Solar.

Mais Baja Frequencia frappe aussi fort dans le sens où ils ont invité quelques featurings très intéressants sur leur EP, alors que les deux singles dévoilés précédemment, « Que Calor » et « Know Who You Are » (sur lequel on avait tout particulièrement apprécié les sonorités africaines) en étaient dénués et étaient uniquement instrumentaux avec leurs influences très electro.

C’est ainsi que sur le titre d’ouverture, « El Palo », on découvre la chanteuse cubaine La Dame Blanche (décidément Baja Frequencia cherche à nous terrifier). Immédiatement, le ton est donné, le trap est en effet de rigueur avec ses basses vrombissantes pendant que La Dame Blanche alterne entre flow scandé, toast ragga et chant autotuné façon dance.
C’est alors qu’on pénètre ensuite dans l’univers plus sombre de Blimes Brixton avec sa voix plus froide qu’on avait déjà pu entendre sur Le Savoir-Faire de L’Entourloop (la grosse chronique ici), même si là aussi toutes les caractéristiques propres au son de Major Lazer sont encore bien présentes.

Quant à Skarra Mucci, on prend plaisir à l’écouter sur « Badman A Badman », un morceau étranger au reggae (sauf à la fin) et au dancehall et qui serait plus un concentré de beats trap, reggaeton et bass music, voire même jungle (à la manière de « Que Calor »), traduisant ainsi l’éclectisme du duo marseillais. Taiwan MC, autre membre de la « famille » Chinese Man Records, se pose sur une instru à la croisée du reggaeton et du moombahton dans « Ride On » nous rappelant allègrement le fameux « Watch Out For This » du crew de Diplo mais avec un penchant beaucoup plus affirmé pour l’electro et la house à la manière du feat. (voir ici) qu’il avait fait sur Dance All Night (la grosse chronique ici) pour Tambour Battant, autre duo explosif qui présente de nombreux points communs avec Baja Frequencia. On sait l’intérêt porté par le MC pour les autres genres que le reggae surtout quand on connaît son parcours et son album Cool & Deadly (la grosse chronique ici) mais ce Catzilla a le mérite de nous montrer certains chanteurs sous un autre jour.

Rafael Aragon, seul invité non vocal, vient conclure cet EP avec des notes plus asiatiques à la Chinese Man (oui, désolé, il fallait forcément les citer) sur « Shenhai Dance », morceau assez dark dans sa deuxième partie et faisant écho aux balbutiements du dubstep anglais de Skream ou Burial au tournant du troisième millénaire quand il n’était encore qu’un genre underground. Preuve que là aussi Baja Frequencia ne reste pas figé dans ses compositions.

Avec ce Catzilla, Azuleski et Goodjiu nous offrent un large panel de leurs influences développant un goût certain pour l’éclectisme. Décidément, qu’il s’agisse de hip-hop avec Chinese Man, de reggae avec Taiwan MC, de pop avec Deluxe et de bass music avec Baja Frequencia, les artistes de Chinese Man Records s’évertuent à casser les codes des genres auxquels ils sont apparentés. Baja Frequencia s’inscrit dans cette tendance avec un son qui pioche aux quatre coins de la planète.

TRACKLIST

1. EL PALO feat. La Dame Blanche
2. PIRANHA feat. Blimes Brixton
3. QUE CALOR
4. BADMAN A BADMAN feat. Skarra Mucci
5. KNOW WHO YOU ARE
6. RIDE ON feat. Taiwan MC
7. SHENHAI DANCE feat. Rafael Aragon



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