Dub Inc + Biga*Ranx + Jahneration – Zénith de Dijon – 17.11.2017

Ce n’est pas tous les jours que du reggae est programmé au Zénith de Dijon. La dernière fois qu’une telle chose s’était produite, c’était lors du regretté Œno Music Festival organisé par Pyrprod en 2015 et où s’étaient succédés Groundation ou encore Danakil. Et depuis plus rien…

Il aura donc fallu attendre plus de deux ans pour que la salle dijonnaise daigne de nouveau faire appel à des artistes reggae et, une fois de plus, cette initiative est à mettre au compte de Pyrprod avec l’élaboration d’une soirée Jammin’ With You qui s’est tenue le 17 novembre. On peut d’ores et déjà affirmer que l’événement fut un succès puisque 4000 personnes avaient fait le déplacement au Zénith pour accueillir Jahneration, Biga*Ranx et Dub Inc, autrement dit trois artistes qui témoignent de la vivacité, du dynamisme et de la vigueur qui règnent actuellement au sein de la scène reggae française. Oui, le reggae a un public en France, et pas un public léthargique, et cette soirée l’a plus que démontré.

Retour sur un moment riche en good vibes.

                    jammin' with you, zénith, dijon

Jahneration, c’est aujourd’hui le groupe de reggae qui monte, qui monte, qui monte. Plébiscité par Naâman, mais aussi par Dub Inc, pour qui ils ont d’ailleurs assuré plusieurs premières parties (les massives de Saint-Etienne les retrouveraient justement le lendemain au côté du groupe phare de la ville), le duo composé de Théo et Ogach n’en finit plus de faire croître sa réputation dans les salles de France et de Navarre. Et pour cause, les MCs ont su construire un show terriblement rigoureux et efficace, habilement épaulés par des musiciens très doués dont certains sortent du Conservatoire. Le public ne s’y est pas trompé et il était déjà présent en nombre au début du concert de Jahneration.

Pas de modification notable cependant depuis nos dernières rencontres avec eux à Mâcon (le gros report ici) ou au No Logo (le gros report ici), la setlist étant pratiquement la même. Non, ce qui change, c’est qu’au Zénith, leur show a plus de gueule, notamment via le jeu de lumières. On en prend ainsi plein la vue et les oreilles avec l’intro façon dub de leur backing band. Puis, comme à l’accoutumée, les deux chanteurs déboulent sur « Reggae Love » avant d’enchaîner sur « Reload » basé sur le fameux « We Nah Bow » riddim de Manudigital et le tout aussi magistral « Run Away » avec sa terrible extended version où les zicos nous gratifient d’un gros dub loud & heavy.

jahneration, zénith, dijon

On a également entendu leur Mic Session initialement en feat. avec Balik, même si celui-ci n’était pas sur scène ; du coup, c’est Théo qui s’est chargé du couplet du chanteur de Danakil. On aurait pourtant préféré qu’ils interprètent la dernière en date, celle avec Dub Inc, afin de voir Komlan et Bouchkour débarquer auprès d’eux, mais patience (je suis sûr que vous savez de quoi je veux parler).
Pour finir, Théo et Ogach se poseront sur le fameux « Control Your Tempa » et le pêchu « Deh Ya » sur une note dubstep. Jahneration reste définitivement un groupe de live.

A l’opposé du duo francilien, c’est dans une tout autre configuration que nous avons découvert Biga*Ranx après son concert au Trianon (le gros report ici) : exit le live band et place au sound system. Entouré d’une partie du Brigante Crew, son frère Atili Bandalero en qualité de selecta, Pauline Diamond en tant que backer vocal et Supa Mana en ingé lumière, Biga*Ranx était donc venu défendre toute l’ambiance vaporwave, dub champagne, trap, cloud rap qu’il développe au sein du label qu’il a fondé il y a quelques années.

Atili Bandalero a exécuté un petit warm-up, notamment sur « Under The Water », qui sonne beaucoup plus stepper qu’en band, limite techno, avant que Biga*Ranx et Pauline Diamond n’apparaissent pour « Ordinary Day ». Dès lors, Biga*Ranx et Atili vont dérouler un show assez marqué par le hip-hop, et notamment le trap, bien que les skank reggae soient toujours bel et bien présents. Biga*Ranx n’a pas perdu une once de son flow capletonien et ravageur ou de son fast style (sur « Gallagher Style » entre autres), même si l’atmosphère se fait beaucoup plus lounge sur scène avec des lumières tamisées.

biga*ranx, zénith, dijon

On aura par contre été surpris qu’il interprète si peu de morceaux de son dernier album 1988 (la grosse chronique ici) sorti récemment. On entendra, et principalement en fin de set, « Liquid Sunshine », « My Face » ou « Petit Boze » qu’il dédicacera à tout le Patapouf Gang (Biffty, Julius…). On aura droit cependant à beaucoup d’anciens titres, comme l’un de ses tout premiers, à savoir le terrible « Make It This Time » composé par Kanka ou le fameux « Brigante Life » paru sur On Time. Les morceaux de Night Bird, « Sexy », « Paris Is A Bitch », « DJ For The Night » retentiront également dans l’enceinte du Zénith.

Avec cette formule, Biga*Ranx est revenu à ses premières amours, le sound system, contrairement à ce qu’il avait l’habitude de proposer ces dernières années en full band. L’impact du Tourangeau est cependant toujours aussi efficace auprès du public.

Un concert de Dub Inc, c’est toujours un moment exceptionnel et unique. Même si c’était la troisième fois en un peu plus d’un an que nous les voyions, après le No Logo en 2016 (le gros report ici) et le festival Contraste & Couleurs de Chalon/Saône (le gros report ici), leur show, sensiblement le même, fait très forte impression. Dub Inc sait faire participer son public, est capable de faire jumper les plus récalcitrants, quoi de plus normal pour un groupe qui a bâti sa renommée à travers le live.

Tout juste certifié disque d’or le jour même, leur dernier album So What (la grosse chronique ici) comprend quelques big bad tunes que les spectateurs connaissent par cœur (comme toute la discographie du groupe d’ailleurs) et que le crew stéphanois fera résonner tels que « Triste Epoque », « Exil » ou encore « Maché Bécif ». Mais à la manière de Biga*Ranx, Dub Inc va aussi et surtout puiser dans « les classiques » (selon les mots de Bouchkour), sûrement histoire de plaire aux plus anciens ; en effet, fort d’une existence d’une vingtaine d’années environ, Dub Inc a su fédérer une fan base très hétéroclite d’un point de vue générationnel. On entendra ainsi les inusables « My Freestyle », « Murderer » ou d’autres titres emblématiques plus récents comme « Tout ce qu’ils veulent » ou « Better Run ».

dub inc, zénith, dijon

Et bien évidemment, LE titre que tout le monde attend à chaque fois, « Rude Boy », sera joué lui aussi. Comme à l’accoutumée, il verra l’intervention des deux autres autres artistes de la soirée, Jahneration et Biga*Ranx, pour un petit freestyle, mais chacun leur tour ; c’est dommage on aurait bien aimé qu’ils apparaissent tous ensemble. A ce propos, Biga*Ranx était tellement pris dans son élan, que Bouchkour et Komlan ont eu du mal à l’arrêter !

Duc Inc finira son set par un rappel tout aussi énergique où se succéderont, entre autres, « Tout ce qu’ils veulent » et « Sounds Good ».



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