Entretien avec Moritz Von Korff producteur de Oneness Records

C’est lors du deuxième Zénith de Dub Inc à St-Etienne le 18 Novembre dernier (report ici et interview de Komlan par) que j’ai eu l’occasion d’interviewer le producteur de Oneness Records, Moritz Von korff, qui est aussi le bassiste du groupe de reggae stéphanois.

Déjà rencontré à plusieurs reprises, cette interview m’a permis de mieux le connaître et ce fut un réel plaisir de discuter tranquillement de musique.

« Oneness records » c’est trente six ENORMES projets en dix ans !

Discographie ici !

                   Oneness records 10 ans
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Salut Moritz et merci de m’accorder quelques minutes pour La Grosse Radio. Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Salut Rasdjoh, je m’appelle Moritz Von Korff aka Da Baron, bassiste depuis neuf ans au sein du groupe Dub Inc et  producteur du label Oneness Records depuis dix ans maintenant.

Peux-tu présenter ton label Oneness records ?

Au début, on a commencé avec un backing band pendant environ quatre ans, on jouait un peu de partout avec des Jamaicains, Anglais et Allemands. On a joué avec Cali P pendant quatre ans quand il n’était pas encore connu, avec Earl Sixteen pendant environ trois ans, Prezident Brown et d’autres artistes allemands pas très connus en France. A l’époque, avec un ami qui travaillait dans un magasin de disques vinyls, notre envie était d’enregistrer Luciano et donc nous avons créé Oneness.

Vous êtes combien dans le label ?

Pendant huit ans on était deux et depuis 2015 on est trois. Umberto Echo, l’ingénieur du son avec qui je travaille depuis vingt ans, fait partie du label depuis deux ans. Il a mixé deux albums pour Dub Inc. Notre premier projet, le « Oneness Riddim » de 2007, a très bien marché et ça nous a motivés pour continuer l’aventure. 

« Oneness Riddim » (2007).

Justement, du « Oneness riddim » de 2007 jusqu’au « Better Days » de cette année, ça fait déjà une dizaine d’années de production, penses-tu que vous êtes bien connus ? 

On est connus par les gens de la scène mais, finalement, qui écoute les labels ? Qui s’intéresse à nous à part les vrais connaisseurs comme vous ? Je me rends compte que les titres ou les riddims que l’on compose tournent de partout mais que le public ne connaît pas forcément qui a réalisé et ça peut paraître très sombre pour ceux qui veulent juste faire la fête et profiter.

Mix réalisé pour les dix ans du label !

Qu’est-ce que tu écoutes comme musique, quel est ton répertoire musical ?

Pour le plaisir, j’écoute plein de choses, de Aretha Franklin à de la musique world, la musique des quatre coins du monde, du Brésil… Le reggae reste primordial pour moi et je regarde toujours ce qu’il se passe dans le mouvement,  les nouveaux artistes etc…

Je trouve que sur toutes tes compos il y a beaucoup de roots et de nu-roots et c’est ce qui fait justement le charme et l’authenticité du label, non ?

Oui tout a fait ! C’est un peu notre marque de fabrique, notre style et il y a une attente de la part du public. On est quand même ouverts à plein d’autres styles. La semaine dernière était la sortie de l’album de Sara lugo Big Band jazz avec plus de 25 musiciens sur le label de Oneness records.

Tous les clips de Oneness records sont parfaitement réalisés. Penses-tu qu’un titre ou qu’un riddim doit s’accompagner obligatoirement d’une vidéo ?

Oui, les vidéos deviennent très importantes. Mon ami qui avait un magasin de disque était caméraman donc il s’y connaissait bien et a travaillé pour un grand producteur jamaicain qui fait les clips pour Shaggy ou Vybz Kartel. Je pense que c’est grâce à ça que Oneness est encore là. Le fait d’offrir un clip avec un EP est très intéressant pour l’artiste et pour nous aussi. Les clips ont changé vraiment notre vie !

Sizzla feat mark Wonder (2012).

Kabaka Pyramid feat saraLugo (2012).

DenHam Smith (2013).

Suga Roy & Conrad Crystal feat Alborosie (2014).

Ras Muhamad & Naptali (2015).

Exco levi (2016).

Macka B (2017).

Que penses-tu du reggae féminin car j’ai remarqué qu’il y avait  pas mal de voix féminines comme Sara lugo, Jah9, Queen Ifrica, Treesha, Queen Oméga, Marlène Johnson, Michelle Gordon dans tes mix ? 

Même si le reggae est un métier dur pour les femmes, elles sont là et il faut plus travailler avec elles, c’est sûr ! J’ai fait le riddim « Old Timer riddim » qu’avec des femmes pour un sound system parisien I love Sound  à l’époque.

Pour quand un mix qu’avec des artistes francais ou francophones ?

Tout est possible mais on en dit pas plus…(rires)

Des regrets dans ta carrière ?

Non pas du tout ! j’ai toujours suivi ce que j’aimais et si je ne sens pas un projet, je ne le fais pas.

Des choses que tu espères ?

Bien sûr que j’ai des petits rêves mais la réalité est toujours dure ! La plus belle médaille est quand tu vas dans un quartier à Mexico et que tu entendes une de tes prods, t’as le sourire et ça fait plaisir !!!

Allez, on se projette un peu. Comment te vois-tu avec ton label dans une dizaine d’années ?

Je pense qu’on sera encore là si ça continue ainsi et on sera toujours un peu underground. Si on est là, avec ma famille et que je peux encore vivre de ma créativité, c’est le plus important. Gagner sa vie avec de la musique est déja un but haut peu de gens y arrivent. Je souhaite rester humble et je n’ai donc pas de grands buts dans ce sens.

Un dernier mot pour La Grosse Radio ?

Tout d’abord, j’apprécie vraiment les gens qui suivent le mouvement, qui aiment la musique, qui supportent et respectent ce que l’on peut faire comme toi, vu ta préparation de cette interview. Et surtout, sans vous, on n’est pas là donc merci ! 

Merci Moritz, Big up !

Big up Jo.

Oneness c’est aussi ça :

Buju Banton !

Chezidek !

Dub Inc feat Jahcoustix !

Mais aussi ça, une pure combinaison de Naptali feat Arofat !

Version dub de Umberto Echo un regal !

 

 

       
 



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