Entretien avec Boban et Nika, organisateurs de l’Overjam

L'Overjam festival du 10 au 15 juillet en Slovénie

Figurant dans le top 10 des festivals Européen, l’Overjam a lieu sur le site de Sotocje en Slovénie du 10 au 15 janvier.

En dehors de vous offrir un panel très large d’artistes aux univers différents, l’Overjam, c’est aussi deux plages, des espaces dédiés aux enfants, une programmation de fou, des ateliers divers, une conscience écologique, un site verdoyant, une université, bref, l’Overjam vous fait la promesse de vous remplir de bonnes vibes dans une atmosphère incroyablement relaxante.

Alors quand l’occasion de rencontrer Boban et Nika, deux des organisateurs du festival, s’est présentée à nous, on ne pouvait que faire le déplacement histoire d’en savoir un peu plus sur ce festival qui a le vent en poupe et où il a l’air de sentir bon le reggae.

C'est donc au Doctor Feelgood que nous les avons rencontrés.
 

Overjam 2018

 

LGR - Organisé à la base par trois nations (l’Autriche, la Slovénie et l'Italie), comment cette collaboration a-t-elle vu le jour et comment est répartie l'organisation ?

Overjam - Oui, c'est vrai. Le festival, au début, était organisé par ces trois pays que vous avez mentionnés. Cependant, ce n'est plus le cas. Il est seulement organisé par notre entreprise qui est “Slovenia 1”, mais nous avons des personnes d'Italie dans notre équipe, parmi notre personnel qui s'occupent majoritairement de notre gamme, nos bookers de l'Italie, Triesta. La collaboration était assez spontanée, il y a quelques années entre amoureux du reggae venant d'Italie, d'Autriche et de la Slovénie. Ils ont commencé à travailler sur le festival “Overjam Reggae” mais d'une manière ou d'une autre, ils n'ont pas réussi financièrement : et c'est pour cela qu'ils sont venus à nous l'année dernière – euh non, je veux dire en 2016 et nous ont proposé d'y prendre parti et de gérer l’organisation du festival. Depuis, c'est nous qui organisons le festival. Comme j'ai dit, c'est maintenant seulement une entreprise slovène.

LGR - Pouvez-vous nous dire en quoi la manière d'organiser les festivals de Music Holidays est-elle novatrice ?
Qu'est-ce que cela apporte de plus que dans les autres festivals ?

Overjam - Comme vous l'avez précisé, c'est une combinaison de musique et de vacances. Nous étions en train de penser que, ça n'a aucun sens de créer simplement un autre festival. Il y en a pleins des festivals. Qui a besoin d'un festival en plus ? Si tu vas faire un festival, essayes d'être différent. C'était notre idée et notre but, et je trouve qu'on se débrouille assez bien. Donc, si tu viens au “Overjam Reggae”, tu ne viens pas seulement pour la musique, tu viens pour l'expérience complète. Tu peux y rester toute la semaine, tu peux aussi amener ta famille parce que le festival est très convivial, familial et adapté aux enfants. Nous avons une garderie pour les enfants ainsi que pleins d'activités dans “Overjam For Kids”, où les enfants peuvent s'impliquer dans diverses activités. Aussi, ils peuvent apprendre, on leur enseigne à propos de la communauté Reggae et l'idée, etc... notre objectif est d’offrir quelque chose en plus de la musique.

Music Holidays organise 5 festivals pendant l'année dont 4 sur l'été. Les METALDAYS, le PUNK ROCK HOLIDAY, les WINTER DAYS OF METAL, le MOTOR CITY et donc l'OVERJAM.

LGR - L'Overjam combine musique et méthode écologique, est ce que cette idée a été pensée pour coller aux valeurs que le reggae véhicule ?

Overjam - Et bien, l'écologie et la durabilité sont des choses que nous aimons beaucoup. Fondamentalement, nous, les organisateurs du festival ne voyons pas pourquoi les festivals seraient opposés à l'environnement. Pourquoi il n'y a personne pour ramasser les déchets après l'événement ? Pourquoi tout laisser ? Donc, je pense que prendre soin de la nature et de l'environnement est quelque chose de très important dans la culture Reggae. D'une manière ou d'une autre ces deux concepts vont de pair.  Nous ne sommes pas seulement en train de les habiliter, mais aussi en soulignant à nos visiteurs et en leur demandant de veiller à la belle nature autour, nous essayons de la laisser dans un meilleur état que lorsque nous avons commencé. C'est d'ailleurs le cas, le terrain du festival est en bon état une fois l'événement achevé.

LGR - En parlant d'écologie, objectif atteint pour vous, l'Overjam est désormais partenaire officiel du projet EKo iniciativa, comptez-vous allez encore plus loin en matière d'écologie et comment allez-vous vous y prendre ?

Overjam - Alors, nous pensons qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, notre objectif idéal serait de créer un festival sans aucun déchet. Je dois dire sur cela que le gaspillage sur les lieux du festival n'est pas produit par les organisateurs car nous n'utilisons pas de plastique. Même les restaurateurs du festival ne peuvent pas utiliser de matière plastique. Ils sont restreints à utiliser des gobelets et plats biodégradables.
« Eko iniciativa Project » nous fournit des serviettes et papier hygiénique super-recyclé produit par « Tetra Pak » recyclé, donc leurs informations se sont développées en empêchant chaque année, je ne sais combien d'arbres d'être coupés justement car nous utilisons autant de matériaux recyclés. Nous avons de l'eau potable tout autour des lieux du festival, il n'est pas nécessaire pour nos visiteurs d'acheter de l'eau en bouteille, il suffit d'amener un verre et vous pouvez le remplir.
Nous utilisons les dépôts de déchets propres que nous avons introduit à tous nos festivals. C'est à dire qu'une fois arrivé au festival, il faut payer un « dépôt de déchet », 10 euros sont déduits de leur carte de paiement pour le festival. Nous fournissons des sacs poubelles et de tri. Une fois qu'ils ramènent les sacs, ils récupèrent les 10 euros de dépôt. Nous essayons d'impliquer le public dans cette initiative à être aussi écologique que possible, non seulement au festival mais on les encourage à essayer de le reproduire chez eux.
Nous avons qu'une seule planète et on devrait en prendre soin, et ça va bien avec la philosophie du Reggae. Respectez toute forme de vie, vous voyez.
 

 

LGR - Des ateliers sont organisés durant tout le festival, il y a même une zone réservée pour la garde des enfants très prisée, tout est mis en oeuvre pour faire passer un bon moment aux festivaliers, on peut en savoir un peu plus sur les ateliers proposés ?

Overjam - Nous avons des employés, des gens qui ont l'habitude de travailler avec des enfants. Je ne suis pas exactement sûr mais on va dire qu'on a environ 6 personnes qui s'occupent des enfants pendant la journée, tous des enseignants professionnels. Ce ne sont pas des gens au hasard qui prennent la responsabilité des enfants, et il y a beaucoup d'ateliers différents. Donc, les enfants ne s'occupent pas simplement à s'asseoir et à laisser le temps passer, à attendre.
Nous avons notamment à côté du festival deux rivières et deux plages. Sur la plage principale, c'est l'endroit où nous avons installé « Overjam For Kids ». Les parents peuvent amener leurs enfants, nous les gardons. On leur apporte un peu de structure, ils apprennent des choses pendant que les adultes peuvent assister aux concerts. Ce n'est pas une simple garderie banale, c'est un peu plus pour les enfants, c'est une amélioration. On a aussi quelque chose qui s'appelle « Overjam University » où nous enseignons à nos visiteurs au sujet de la philosophie du Reggae et des valeurs qui s'en suivent, et on apprend la même chose aux enfants.

LGR - Je suppose qu'il y a plus d'enfants au festival de Reggae qu'au festival « Metal Days » ?

Overjam - Oh, je ne sais pas, disons que, « Metal Days » est un plus grand festival que « Overjam Reggae » et c'est pour cela que nous accueillons plus d'enfants. Mais, à comparer les pourcentages, je crois que nous avons plus de familles qui viennent à « Overjam Reggae » qu'à n'importe lequel des autres festivals que nous avons.

LGR - Est-ce qu'ils ont un atelier musique ?

Overjam - Ils ont tout, un atelier de musique, de peinture, un club de livres, des jeux... des jeux tactiques sur différents terrains de jeu où ils peuvent jouer. C'est vraiment cool comme structure. Au début du festival les professeurs ont un plan des activités de chaque jour. C'est beaucoup de travail en fait. Comme j'ai dit, ce n'est pas un simple endroit où tu déposes tes enfants et on leur donne des biscuits et des boissons sans rien faire.

LGR - La programmation va du reggae roots en passant par le Ska, le Dub et le dancehall, vous arrivez à faire venir un panel d'artistes hallucinant et de divers domaines, comment expliquez-vous cela ?

Overjam - Je pense que la raison principale est justement l'aspect unique de ce festival. C'est une expérience très différente pour les visiteurs, certes, mais aussi pour les groupes qui viennent jouer. Le festival regroupe tout ce que nous avons déjà explicité, ce n'est pas un simple show ordinaire pour eux, les artistes. Beaucoup d'entre eux viennent quelques jours à l'avance et restent plus longtemps parce qu'ils apprécient cette verdure, la nature. Ils ne viennent pas uniquement pour jouer mais aussi pour l'expérience parfois pendant toute la durée du festival avant de rentrer.
 

Programmation Overjam 2018


 

LGR - Qu'est-ce que la Slovénie a de particulier pour organiser un festival là-bas ?

Overjam - C'est intéressant parce que nous avons beaucoup de festivals qui sont bien connus, pour un pays aussi petit. Ainsi, il semblerait que la Slovénie soit un pays de festival et une destination de festival pour le public, mais je crois que ça s’est produit un peu par hasard. Ce n’était pas planifié, et puisque tous nos festivals ont une approche différente aux autres, les gens voient nos festivals sous un autre regard et se disent « oh, regarde, un autre festival en Slovénie ! ».
Je pense que c'est un très beau pays qui offre une belle nature que nous utilisons pour notre festival et qui en plus se situe entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est. Pile au milieu.
Grâce à ce positionnement, il a des qualités sur l'Europe de l'Ouest, et – disons cette anarchie d'Europe de l'Est. C'est une jolie combinaison et tout le monde s'y sent bien en Slovénie. Alors je pense que c'est ça la raison de leur venue.

LGR - Les gens sont cools?

Overjam - Ouais et puis, nous sommes dans l'Union Européenne, voyager est assez facile il n'y a pas besoin de papiers spécifiques. La Slovénie utilise aussi la monnaie de l'euro, qui est accessible. Le pays a des autoroutes qui le relie à l'Italie, la France, l'Allemagne, l'Autriche.

LGR - Tolmin est proche de quelle grande ville ?

Overjam - On va dire que, nous avons qu'une grande ville en Slovénie qui est Ljubljana mais même Ljubljana, la capitale est une petite ville, à comparer avec la France, on appellerait ça un village en France. Ce n’est pas grand.
Mais, d'accord disons que Ljubljana n'est pas très loin, Udine en Italie, Trieste, est assez proche. Venise n’est aussi pas très loin. C'est situé, plus vers l'Italie. En Autriche, la prochaine grande ville serait Graz.

LGR - Si j'ai bien compris, la structure organise d'autres festivals à thématique rock, métal, etc... Mais le truc, c'est que chaque festival est cloisonné. Est-ce qu'ils ne voudraient pas organiser un festival avec tous les genres musicaux représentés ?

Overjam - Bonne question. On y pense, on en discute en ce moment. Si cette idée, en venait à prendre forme, nous ferions un festival séparé en deux scènes : une scène « Overjam », une scène « Metal Day », où les différents genres musicaux seraient célébrés. C'est en effet quelque chose à laquelle on a pensé, et on y pense toujours. Je dirais cependant que c'est très loin d'être réalisé. Qui sait ? Peut-être, dans le futur. Mais, on y songe....

La Grosse Radio tient à remercier Sarah de Baco Records, Roger qui nous a reçu et très bien accueilli, Boban et Nika, ainsi qu'à ma traductrice sur place dont j'ai oublié le nom ( désolé si tu te reconnais ).

Un spécial Big Up à ParkerFilmz pour son aide précieuse.

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